‹ Histoire de la zoologieChapitre 65 sur 132 · Pline, x · texte numérisé non relu

Pline, x

aux hommes soumis aux mêmes préjugés, et qui croient aux revenants, aux sorciers, aux augures. » — C est a l’effraie, à son cri et à son séjour habituel qu’il faut attribuer l’origine d’une foule de légendes et de contes superstitieux qui, la plupart, remontent à l’antiquité et au moyen âge. Cette espèce de strix se reconnaît aisément au dessus du corps, jaune, onde de gris et de brun; au dessous du corps, blanc, marqué de points noirs, semblables à des gouttelettes (d’où son nom de noctua ou strix gutlata ), aux yeux d’un beau jaune entourés d’un cercle de plumes blanches, si fines qu on les prendrait pour des poils. Elle paraît répandue sur tout le globe. Elle ne va pas, comme la hulotte, pondre dans des nids étrangers ; elle dépose ses cculs, sans construction de nid préalable, dans des trous de muraille ou dans des creux d’arbres.

L ’ægolios a. suivant Aristote, la même grandeur que l’effraie, donne, comme celle-ci, la chasse aux pies, et habite les cavernes et les rochers. Partant de là, on a pensé que cet oiseau était la chouette des rochers ou grande chevêche [strix ulula et strix brachyotos , Gmel.). Il ne diffère guère de l’effraie que par le dessus du corps blanc, marqué de taches plus grandes et longues, semblables à de petites tlammes , d’où son nom de noctua /lammea Cuvier l’appelle la chouette ou le moyen duc à huppes courtes. « Les huppes, dit-il, ne se trouvent que dans le mâle; elles sont si petites, et il les relève si rarement quelles n’ont presque jamais été remarquées, et qu’on a longtemps laissé cet oiseau parmi les espèces sans huppes. Il est répandu presque sur toute la terre. »

Le scops d’Aristote est le petit duc, caractérisé, comme les autres oiseaux appelés ducs , par de petites huppes ou cornes en plumes aux oreilles. Il n’est pas plus gros qu’un merle. Jeune, son plumage est toutgris; avec l’âge, il devient varié de gris, de roux, de brun et de noir. Il doit son nom de scops probablement au cri qu’il fait entendre

dans les belles soirées d’été et d’automne, cri qui rappelle ' celui du petit crapaud des jardins. C’est pourquoi on l’appelle vulgairement le crapaud volant.

Oiseaux aquatiques. — Animé du véritable esprit de classification, Aristote sépare les oiseaux, qui prennent leur nourriture sur terre de ceux qui la prennent dans l’eau, vivant auprès des rivières et des lacs. Les oiseaux aquatiques, il les divise en ceux qui ont les doigts plus ou moins unis par une membrane ( palmipèdes ), tels que l’oie, le canard ; et en ceux qui ont les doigts libres, les jambes et le cou très-longs : « leur cou et leur bec sont comme la ligne et l’hameçon du pêcheur ’. » Ce sont les échassiers. Nous ne citerons que l’ibis, le héron, la cigogne, la grue, le flamant, la bécasse.

Ibis. — Hérodote a le premier parlé de YibisAftic,, comme d’un oiseau particulièrement révéré des Égyptiens. Il en distingue deux espèces, l’ibis noir et l’ibis blanc. «L’ibis, noir sur tout le corps, est, dit-il, monté sur des jambes absolument semblables à celles de la grue, son bec est très-recourbé, et la grandeur de sa taille est égale à celle du krex (xpéÇ) 1 2. C’est cet ibis qui combat le mieux les serpents.... C’est en reconnaissance de ce service que les Égyptiens l’ont en si grand honneur. * Cette espèce ne se rencontre, suivant Aristote, qu’aux environs de Péluse. La seconde espèce, commune dans toute 1 Egypte et qu’Hérodote y rencontrait à chaque pas, est décrite par lui en ces termes : « Les ibis de cette espèce ont la

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