‹ Histoire de la zoologieChapitre 71 sur 132 · Virgile, Georg. i · texte numérisé non relu

Virgile, Georg. i

Les anciens n’ignoraient pas que, dans leurs migrations, ces oiseaux forment un triangle pour mieux fendre Pair et qu’ils voyagent principalement la nuit. Cicéron, qui rapporte ce fait, en attribue l’observation à Aristote1 2. Mais on n’en trouve aucune indication dans les ouvrages d’Aristote qui nous sont parvenus.

La grue passait pour avoir donné à Palamede, 1 un des héros de la guerre de Troie, l’idée de l’invention de l’alpliabet grec5. C’est ce qui lui valut le nom d’oiseau de Palamede, Palamedis avis. Les grues, comme en général tous les échassiers, prennent en effet, soit isolément à l’état de repos, soit en volant par bandes, des positions en quelque sorte tracées par un dessin instinctif. C’est ainsi que Martial indique la figure exacte des bandes de grues (formant les deux côtés d’un triangle) en tronquant une lettre, qui peut être A ou y :

Turbabis versus, nec littera tota volabit,

Unam perdideris si Palamedis avem3.

Flamant. — Les Grecs peignaient cet échassier d’un seul mot, en l’appelant phènicoptère, qui signifie oiseau à aile roupe, ou de flamme (de çotvuso;, flammeus , et Trxspov, aile). Les ailes couleur de feu, le bec d’une forme singulière, aplati et fortement fléchi en dessus .vers son milieu, épais et carré en dessous, comme une large cuiller, les jambes d’une hauteur extraordinaire, le cou long et grêle, etc., ces caractères réunis font du flamant ou flambant ( phœnicoplerus ruber , L.) un oiseau fort curieux, facile à reconnaître. On a lieu de s’étonner qu’ Aristote n’ait point mentionné le phénicoptère, bien qu’ Aristophane en eût déjà parlé, en le rangeant parmi les oiseaux de marais (Xi|/.vaGt). La langue de cet oiseau, grasse et charnue, était

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