Pline, x
Le nom d 'onocrotale vient de Son cri, qu’on a compar au braiment d’un âne.
Malgré ces témoignages, quelques auteurs ont douté que le pèlékan d’Aristote et Y onocrotale de Pline fussent notre pélican ( pelecanus onocrolalus , L.). Ils se sont fondés sur un passage du traité De natura dcorum (n, 124), où Cicéron applique à un oiseau, appelé platalea , ce qu’Aristote avait dit du pélican. Or le platalea de Cicéron (platea de Pline) est un oiseau tout différent du pélican; c’est la spatule ( platalea £eucorodia,Gmel.),oiseauainsinommé à cause de son bec, aplati dans toute sa longueur et élargi à son extrémité. Renchérissant sur l’erreur de Cicéron et de Pline, qui avaient confondu la spatule et le pélican, Scaliger dit que le pèlékan d’Aristote est le même que le dendrocolapt'es , coupeur d’arbres, qui est un pic. C’est ainsi que , transportant la spatule du bord des eaux au fond des bois, il lui fait percer les arbres avec son bec, qui cependant n’est propre qu’à fouiller la vase. Quant à la représentation du pélican comme symbole de la tendresse paternelle, se déchirant le sein pour nourrir sa famille, c’est une fable que les Égyptiens racontaient déjà de leur vautour. Saint Augustin et saint Jérôme parais- • sent les premiers l’avoir appliquée au pélican.
Bécasse. — Le scolopax ((DcôXoTraQ d’Aristote est-il notre bécasse? Aristote dit seulement que cet oiseau ne perche point et qu’il a le vol élevé. La bécasse ( scolopax ruslicola , L.) en effet ne perche point et a le vol élevé comme l’ont tous les oiseaux migrateurs. Son nom grec de scolopax (pieu) rappelle son bec qu’elle fiche en terre comme un pieu pour y chercher des vers, non point avec ses yeux, qui sont cependant relativement très-grands, mais plutôt au moyen de l’odorat. C’est ce qu’a très-bien rendu Aémésien, poète latin du troisième siècle de notre ère, dans le fragment de ses Cynegetica :
Non ilia oculis, quibus est oblusior. otsi
Sint nimium grandes, sed acutis naribus inslat,
Impresso in terram rostri mucrone.
Caille. — Incertains sur la véritable valeur du rnot hébreu scelav , rendu par caille , les interprètes de la Bible sont encore, pour la plupart, à se demander si les Israélites dans le désert ont réellement mangé des cailles ou des sauterelles. L’optul; des Grecs, le colurnix des Latins, est bien notre caille ( tetrao colurnix , L.), diminutif de la perdrix. Aristote savait que la caille nous quitte 1 hiver, et niche sur le sol et qu on ne la voit jamais se percher sur un arbre. Il avait qbservé aussi que la femelle ne chante point, et que le mâle, très-guerrier de sa nature, lait entendre son cri de colère en se battant, contrairement à la perdrix, qui pousse son cri avant de se battre. «Les cailles sont, dit-il, plus grasses à l’entrée de l’hiver, quand elles nous quittent, qu’au printemps quand elles nous arrivent.... Pendant leur migration, elles vont bien-tant que l’air est serein et que le vent du nord souffle; mais le vent du midi les incommode , parce qu’il est humide et lourd : les chasseurs choisissent ce temps pour prendre les cailles. La difficulté qu’elles ont à voler vient de ia pesanteur de leur corps, et elles expriment par des cris la peine qu'elles éprouvent1. » En reproduisant une partie de ces détails, Pline ajoute que les cailles, traversant la mer, s’abattent quelquefois par bandes innombrables sur les voiles des navires pendant la nuit; qu’elles volent sous la conduite de la mère des cailles (ortygometra*) , en compagnie de la glollis (espèce d'oiseau incertaine), du hibou et du cyclerame (l’ortolan?), espèces déjà citées par Aristote; enfin que c’est, après l’homme, le seul animal qui souffre du mal caduc.