‹ Histoire de la zoologieChapitre 77 sur 132 · Diodore, n · texte numérisé non relu

Diodore, n

beaucoup de différents sons de voix; elle en change, pour ainsi dire, chaque jour. Le nombre de ses œufs est d environ neuf. Elle construit son nid sur des arbres, avec des poils et de la laine. Lorsque les glands commencent à manquer, elle les recueille et les cache 1 . » Aristophane, distribuant des noms d’oiseaux à différentes personnes, donne le nom de killa à un homme connu pour un bavard. Mais cela suffit-il pour prétendre que la killa des Grecs soit notre pii ? Les mots d’Aristote et le rappiochement fait par Aristophane peuvent s appliquer au geai aussi bien qu’à la corneille, à l’étourneau, etc., Le perroquet était également connu des Grecs, depuis l’expédition d’Alexandre en Asie, par sa loquacité et sa faculté à imiter la voix humaine. Les Romains apprenaient à leurs perroquets à dire en grec : X*ïps, Kalsap ; Bonjour , César ; et on se rappelle ce vers de Perse :

Quis expedivit psittaco suum /aipe,

Picasque docuit verba nostra conari?

Mais le nom de psiltacus appartient bien au perroquet ; c’est bien le même oiseau dont parle Ovide,

Psittacus Eois imitatrix aies ab Indis,

Occidit,

et que Pline nomme sittace (du grec ijurraxr)), en même temps qu’il indique son origine, la couleur verte de son plumage, son collier rouge, sa faculté de prononcer des mots articulés et son goût pour le vin : India banc avem misil..-. viridem tolo corpore , torque tantum mimato in cervice dislinctam; imperalores salutat, et quæ accipil verba, pronunciat; in vino præcipue lasciva ^

Pline met ici les pies au moins sur le même rang que

i Aristote, ltist. animal-, ix, 13. , . , . ,

•2 On voit par ces mots que le perroquet connu des anciens (psitta-

eus Alcxandri, L.) était la perruche verte à collier rouge.

ies perroquets; il leur donne même la préférence, en alfirmant que les pies ont le langage plus expressif, quelles ont du goût pour les paroles qu’on leur apprend a prononcer, etc.1.

En somme, si la pica des Latins est incontestablement notre pie, nous ne pouvons pas en dire autant de la kitla des Grecs, qui, par son instinct d’amasser des glands (que la pie ne mange pas), serait plutôt la pica glandai ia , de Gesner ( cornus glandarius , de L.), c’est-à-dire notre geai. Cette version est d’autant plus probable qu’il n’y a dans les ouvrages d’Aristote aucun nom qui s’applique à cet oiseau, et que tout ce qui a été dit de l’instinct imitatif de la pie peut également s appliquer au geai, très-bien caractérisé par la marque de ses ailes, nuancées de blanc, de bleu et de noir. Commun dans les bois qu’il habite, le geai ne paraît être étranger à aucune contrée de l’Europe, ni même à aucune des régions correspondantes de l’Asie, tandis que la pie aime à se tenir autour de nos habitations, et sa zone est plus restreinte que celle du geai.

On convient généralement que la corone , xopwvvj, des Grecs, est la corneille noire ( corvus corone , L.). Plus petite que le corbeau , elle a longtemps passé pour la femelle de celui-ci. Comme le corbeau, dont elle a le plumage, elle est en quelque sorte omnivore. C’est ce que savait aussi Aristote, qui associe la corneille au corbeau. « Ce sont là, dit-il, des oiseaux qui paraissent en toute saison; ils ont l’habitude de vivre aux environs des villes, ne changent pas de lieux et ne se cachent point2. »

Mais le nom de corone , comme les noms de cornix , de

1. Pline, x, 69 : Minur nobilitas, quia non ex longinquo venit, sed expressior loquacilas , generi picarum est. Adamant verba quæ loquuntur; nec dis cunl tantum, sed düigunt. méditantes inlra semel, etc.

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