Aristote, Ilist. animal., îx
graculus , que l’on rend, indistinctement par corneille , désignent non-seulement la corneille noire ou corbine , mais probablement aussi la frayonne ( corvus frugilegus , L.), caractérisée par la peau nue, blanche, farineuse, qui entoure la base du bec, et la corneille mantelée ( corvus cornix , L.), dont la tête, la queue et les ailes dun beau noir contrastent avec une sorte de scapulaire ou de manteau d’un gris blanc, qui s’étend depuis les épaules "usqu’à l’extrémité du corps, etc.
Aristote admettait trois espèces de choucas (xoXoïo;), le coracias , xopaxîa ç, qui a le bec rouge, le petit choucas, et le bouffon (poiuoXôyo;). Le choucas à bec rouge paraît être le choquard ou choucas des Alpes, le pyrrhocorax de Pline (corvus pyrrhocorax, L.), qui, tout noir, a d’abord le bec jaune, les pieds bruns, qui deviennent rouges dans l’adulte. Cependant la plupart des zoologistes, adoptant le nom de coracias d’Aristote, l’ont appliqué au crave d’Europe ( corvus graculus , L.), qui, sauf sa grandeur et la forme de son bec, plus long et plus arqué, ressemble en tout point au choquard ( corvus pyrrhocorax , L.) : ils ont tous deux le bec et l’iris rouges, le même plumage noir avec des reflets irisés; ils se plaisent sur les plus hautes montagnes et descendent rarement dans les plaines.
Le petit choucas d’Aristote est probablement notre petite corneille des clochers ou choucas proprement dit (corvus monedula , L.). Il est de la grosseur dun pigeon, a l’iris blanchâtre, et son plumage noir est marqueté de blanc sous la gorge.
Quant au bomolochos (bouffon) d’Aristote, on ne salirait émettre que des conjectures; c’est peut-être la corneille mantelée, qui a beaucoup de rapports avec la corbine et la frayonne. — En aucun cas , le nom grec de koloios (xoXoïo'ç) ne saurait s’appliquer au choucas chauve, gymnocéphale (corvus calvus , L.), qui est une espèce
américaine. > , .
La connaissance des espèces précédentes est necessaire
pour étudier l’histoire du vrai corbeau, qui est bien le xôpa; des Grecs, le corvus des Latins, enfin le maître corbeau [corvus corax , L.), l’oiseau des augures et des fabulistes. Aristote l’a le. premier regardé comme le type d’un genre particulier en appelant les espèces des homèoli'opes , ouotoTpoTta, c est-à-dire des espèces qui s y îattachent. En parlant de la position variable que la vésicule du fiel occupe, il cite le corbeau, le pigeon, la caille, l’hirondelle, etc., comme l’ayant près des intestins, tandis que d’autres l’ont près de l’estomac; il dit aussi que le corbeau n’a pas de jabot proprement dit, mais que l’œsophage est largo1 2. Ces observations ont été confirmées par les modernes. Aristote a encore très-bien remarqué que la femelle pond de quatre à cinq œufs, que le temps de l’incubation est de vingt jours, que les corbeaux n’émigrent point, et qu’il y en a, quoique rarement, de blancs8. Il les dit, avec moins de raison, amis des canards, et ennemis des taureaux et des ânes.
Le corbeau occupait le premier rang parmi les oiseaux prophétiques. Son vol à droite était d un bon augure. On connaît l’histoire de ce corbeau qui, dans un combat singulier, vint en aide à Marcus Valérius, en aveuglant le Gaulois, son antagoniste3. Ce ne pouvait être qu’un corbeau dressé jeune : l’audace de cet oiseau apprivoisé est d’ailleurs surprenante. Il a aussi beaucoup d’aptitude pour imiter le langage de l’homme ; sous ce rapport, il ne le cède pas à l’étourneau ou sansonnet, le sturnus des Latins, le 'Idpoç des Grecs.
Hirondelles. — Les hirondelles, dont les modernes ont fait la famille des passereaux fissirostros, en distinguant les diurnes des nocturnes , sont connues dès la plus 'haute antiquité. La Bible en parle, et leur instinct migra-