‹ Histoire de la zoologieChapitre 80 sur 132 · Pline, xxv · texte numérisé non relu

Pline, xxv

■pode (airooç) serait l’iiirondelle à cul blanc, le petit martinet ( hirundo cervica), qui construit son nid avec de la boue, et a les pattes velues : celles-ci paraissent si courtes que l’oiseau, quand il se pose, touclie en quelque sorte le sol avec son ventre ; de là sans doute son nom d’apode. Le drepanis (SpÉitavi;) serait l’hirondelle du rivage [hirundo riparia , L.), qui niche dans les trous des berges et des falaises escarpées; c est la plus petite des hirondelles d’Europe. Mais comme Aristote et Pline nous ont laissé à cet égard une caractéristique trop incomplète, il est difficile de se prononcer sur la valeur exacte des noms cités. C’est ainsi que plusieurs naturalistes attribuent à Aristote la connaissance de quatre espèces d’hirondelles en donnant au mot /eaiowv la double signification d’hirondelle de cheminée et de petit martinet, et au mot ditouç celle de martinet noir (Jiivundo cipus, L.), a torse très-court. Quant à Y acanthyllis (àxavOuML), dont Aristote se borne à dire que son nid est artistement construit, et dont Belon a fait Je petit martinet, on s accorde à y voir le serin , en l’identifiant avec 1 argalylis de Pline.

L'engoulevent, ou tette- chèvre ( caprimolgus europæus , L.), cet oiseau de nuit, insectivore, qui, par la brièveté de ses pattes et par son petit bec, s’ouvrant sur un large gosier, se rapproche des hirondelles, ne pairaît pas avoir été décrit des anciens, à moins qu’on ne veuille lui appliquer le nom de nycticorax (corbeau de nuit).

Alcyon. — Aristote a donné beaucoup de détails sur cet oiseau, qu’il ne parait avoir jamais vu. Il distinguait deux espèces d’alcyon (àXxuwv) : l’alcyon qui chante dans les roseaux, et l’alcyon muet. Suivant quelques auteurs, l’halcyon muet est le martin-pêcheur, et l’alcyon chanteur est la rousserotte. La ponte de l’alcyon en hiver, la construction de son nid sur la mer faisaient appeler, par les anciens, jours d’ Alcyon la période de calme qui se remarque quelquefois aux environs du

solstice d’hiver; c’est ce qui est dit dans ces vers de Simonide, cités par Aristote :

Lorsque dans le mois hivernal Jupiter illumine quatorze jours,

Ce temps de calme Les mortels l’appellent

Le divin nourricier de l’alcyon au plumage varié

On a longuement discuté , — il suffit de citer Aldrovande, — pour établir l’identité du fameux alcyon des anciens avec une de nos espèces d’oiseaux. Buffon pense que c’est, sous une forme mythologique, le martin-pêcheur, en se fondant sur ces paroles d’Aristote : « L’alcyon n’est pas beaucoup plus gros qu’un moineau ; son plumage est un mélange de bleu, de jaune et de pourpre ; ce mélange de couleurs couvre- tout le corps, les ailes et le cou; son bec est jaunâtre, long et mince. » Cuvier partage entièrement l’opinion de Buffon : « Il en est, dit-il, de l 'alcyon comme du phénix : son histoire est fabuleuse ; mais on l’a appliquée à un oiseau réel, et cet oiseau, d’après la description fort claire d’Aristole, est incontestablement notre martin-pêcheur. Pline, dont la description paraît empruntée de celle d’Aristote, a mis cou, collu m, pour bec, rostrum, ce qui rendrait l’espèce méconnaissable, si l’on ne remontait à la source. Tout ce qui est dit ensuite est faux ou à peu près. Ce que l’on donne pour

1. Ces vers, conservés par Aristote (Hist. animal., v, 8) composent un des fragments les plus remarquables du poète Simonide (né à 1 île de Céosen 556 avant J. C., mort à Syracuse en 467), contemporain de Pindare, d’Eschyle, d’Anacréon. Les voici dans la langue même (mélange de dorien et d'attique) du poète :

'Q; ôiravav /eipispiov xavà pjva ITi i/üaxT) Zeùç ipiava retfcrapaxaiàExa.

AavOivsjAÔv -ri |mv wpocv IvaXiouci ÈTtiy&ovioi Upàv llaiSoxpopov rcoixtXa; âXxuovo;.

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