‹ Histoire de la zoologieChapitre 81 sur 132 · Hisl. animal., ix · texte numérisé non relu

Hisl. animal., ix

le nid du martin-pêcheur est un zoophyte, du genre nommé halcyonium par Linné, et du démembrement de ce genre cjue Lamarck a nommé géodie. Sa forme creuse est ce qui l’a fait prendre pour un nid; mais le martinpêcheur niche simplement dans les trous du rivage, ou plutôt il y dépose ses œufs, sans faire de nid. Il ne pond point en hiver, mais au printemps, et n’a, en un mot, aucun rapport avec le calme des jours alcyoniens. »

Il est certain que si l’alcyon est notre martin-pecheur, tout ce que les anciens ont dit à cet égard n’est qu’un tissu de fictions. Le chant du rossignol ne serait rien à côté du chant de l’alcyon; l’art avec lequel il construit ■ son nid, la tendresse avec laquelle s’aiment le mâle et la femelle, l’amour que leur prodiguent les dieux marins, surpasseraient, s’il faut en croire Plutarque, Oppien et Élien, tout ce qu’on saurait imaginer. Cependant son cri de keyx, keyx, passait pour un mauvais augure. « Je ne souhaiterais à personne, dit Oppien, d’entendre cette voix de l’alcyon, car elle annonce l’afiliction de la mort. Aussi Jupiter a-t-il soin que l’alcyon, pour ne pas effrayer les mortels, n’aille chercher sa nourriture que la nuit et dans les lieux les plus déserts. » Or on sait que le martin-pêcheur ne chante pas, qu’il niche dans des trous creusés par des rats d’eau, et qu’il cherche sa nourriture le jour. Ovide, dans ses Métamorphoses (n , 544 et suiv.), nous a conservé la légende antique, d’après laquelle Alcyone avait été, par l’intervention de Junon, avertie en songe que son mari, Ceyx, roi de Trachine, avait péri dans un naufrage. Le lendemain matin, l’épouse désolée aperçut le corps du roi sur les flots de la mer; elle s’y précipita, et tous deux furent changés en alcyons par les dieux compatissants.

Pies. — Les noms grecs de kolios ou keleos (xoXibç, xsXcb;), de pipra ou pipo (rn^pa, tuttw), de dryoholaptès ou dryokopos (îpuoxoXd^T y,;, SpuôxoTtoç), s’appliquaient incontestablement à différentes espèces de pics. « Le kolios est, dit Aristote, de la grosseur de la tourterelle; son plumage

est tout vert-jaunâtre; il est 1res -frappeur de bois (çu/.o/.d- 7ro<: ffipoSpa), et cherche presque toute sa nourriture sous1 l’écorce des arbres ; sa voix est retentissante. » Ces caractères conviennent parfaitement au pic vert ( picus viridis , L.)1. Il a, en effet, l’habitude de frapper les arbres à coups de bec et d’y chercher sa nourriture, et son cri plaintif et traîné, plieu plieu plieu , s’entend de très-loin. C’est ce cri qui lui a valu, dans certains pays, le nom d’oiseau de pluie ou de procureur du meunier , comme annonçant l’eau qui fait tourner le moulin.

Quant au pic, désigné par le nom de pipra , Aristote distinguait le grand et le petit pic. « Us se ressemblent, ajoute-t-il, et ont la voix également retentissante, seulement le grand l’a plus forte; ils cherchent l’un et l’autre leur nourriture aux arbres vers lesquels ils volent2. » Il nous apprend en même temps que les pipras sont les mêmes oiseaux que plusieurs personnes appellent dryokolaptes ou dryokoptos , c’est-à-dire perce-chênes. « Le dryoholapte , continue-t-il, ne se pose point à terre, il frappe les chênes avec son bec pour en faire sortir des vers et des chenilles de bois (axvûpsç), qu’il attrape ensuite avec sa langue large et longue. Il marche prestement dans toutes les positions, le long des arbres, même la tête en bas, comme le lézard. Il a reçu de la nature des ongles plus forts que ceux du choucas, pour qu’il puisse se tenir ferme sur les arbres ; c’est en s’accrochant ainsi qu'il grimpe. » Ces caractères peuvent s’appliquer indistinctement à toutes les espèces de pics. Mais ce qui caractérise, suivant Aristote, plus particulièrement les dryokolaples , c’est qu’ils ont des taches rougeâtres (ô-spuôpa u.ixpà\ que le petit est moins grand que le merle et que le grand est de la grosseur du merle (xo-Tupo;). Il s’agit ici,

1. Le traducteur d’Aristote, Gaza, s’est trompé en rendant y/wpèç par jaune, etappliquant les paroles d’Aristote au loriot.

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