Pline, xxvni
mis une erreur en disant que cet animal n’a pas de langue, lorsqu’on vint à découvrir que sa langue est relativement fort petite et adhérente à la mâchoire inférieure, de manière à passer facilement inaperçue.
Aristote divise les serpents , « reptiles sans pieds, » en serpents d’eau et serpents terrestres, et il leur attribue un caractère bas et traître. Il en mentionne quatre espèces : l’aspic , le dragon (Spâxwv), le sacré (Upô«) et la vipère (1/ tcva). A l’exception de la vipère, qu’il dit vivipare parce que ses œufs éclosent dans le ventre de la mère, il est difficile d’établir la synonymie moderne des autres espèces. L’aspic était un serpent d’Afrique venimeux, le dragon était un serpent d’eau, et la morsure du sacré devait « faire pourrir aussitôt les chairs d’alentour. »
Les tortues étaient divisées, comme elles le sont encore aujourd’hui, en marines, en terrestres et en tortues d’eau douce (ÉpwSs<;). Comparant leur carapace à une coquille, Aristote la regardait comme un durcissement de la peau. L’opinion de Linné, d’après laquelle le dessus de la carapace est le résultat de la réunion des côtes, tandis que le dessous est celui d’un sternum élargi, a été généralement adoptée. Pausanias, dans sa Description de la Grèce, a le premier distingué les pattes de la tortue terrestre de celles de la tortue marine, qu’il dit semblables à celles des phoques. Le conte d’Aristote, d’après lequel « une tortue qui a mangé une vipère, mange aussitôt après de l’origan, » a été reproduit au moyen âge.
Les anciens ne connaissaient pas la métamorphose de la grenouille. L instinct attribué à la grenouille de mer, « de pêcher dans 1 eau trouble, » est passé en proverbe. Les commentateurs d’Aristote et de Pline sont fort divisés pour savoir si le phrynos ou phrynè , que Pline nomme rubela , était une grenouille ou un crapaud, dont le nom commun était physalos (qui se gonfle). La salamandre (aaXaaavopa), reptile assez commun dans les 'régions subalpines, paraît n’avoir jamais été observée par Aristote,
qui raconte « qu’elle marche à travers le feu et l’éteint sur son passage. »• Ce conte s’est perpétué.
Poissons. — En disant que les poissons ont, pour la plupart, le corps couvert de lames écailleuses, tandis que d’autres, en petit nombre, ont la peau lisse, Aristote a admis implicitement une classification qui a été adoptée depuis, avec des perfectionnements, par bien des zoologistes ; mais la classification la plus commune chez les anciens était celle qui distinguait les poissons de mer des poissons de rivière. Les premiers étaient, à leur tour, di\isés en ceux qui vivent dans la haute mer et en ceux qui vivent près des côtes, de même' que parmi les poissons fluviatiles on distinguait ceux qui se cachent sous des pierres ou dans des rochers de ceux qui se tiennent ouvertement dans l’eau. On ne confondait pas davantage les poissons qui vivent par bandes de ceux qui vivent solitairement. La respiration qui, chez les poissons, se fait ici par les branchies (ouïes), était regardée comme une fonction destinée à rafraîchir simplement le sang. Aristote avait fait plusieurs observations pour montrer que les poissons dorment, bien qu’ils le fassent les yeux ou\ erts, n’ayant point de paupières pour les fermer : que, dépourvus des organes de la voix, ils sont absolument muets, et que le bruit qu’ils rendent quelquefois est dû à de simples frottements.
Les anciens connaissaient beaucoup d’espèces de poissons, presque exclusivement destinées à des usages culinaires. Mais, à l’exception d’un petit nombre il n est guère facile d’en déterminer la concordance avec les noms modernes. Les Romains préféraient les poissons do mer aux poissons d’eau douce, et ils avaient construit, pour satisfaire leur goût, de vastes réservoirs. Parmi les especes dont la synonymie paraît incontestable, nous citerons le thon (scomber ihynnus , L.). l’anguille-murene (: muræna anguilla , L.) , la torpille ( raia lorpeda LJ la perche (perça scriba , L.), le barbeau (mullus barbalus , L.), le
maquereau ( scomber scombrus , L.), la carpe, le requin,
l’esturgeon, etc. , .
Mollusques ((iotXaxia). — Les mollusques ont ete distingués des poissons en ce qu’ils n’ont pas le sang rouge comme ces derniers. Aristote, qui lit le premier cette distinction, a compris ensuite, sous le nom de testacés ou coquillages (ôaxpea), tout à la fois une partie des mollusques et une partie des crustacés (|*aX«xo'<iTpaxa). Les connaissances qu’avaient à cet égard les anciens ne s’étendaient guère au delà des huîtres, des moules, des limaces (mollusques terrestres), des langoustes, des homards, des crabes et des écrevisses.
insectes et vers. — Le nom à'insectes vient d’Aristote : « J’appelle, dit-il, insectes (Axoua) tous les animaux qui ont des incisions (lvxop.ocç), soit sur le dos seulement, soit sur le dos et le ventre à la fois h » Cette définition fut adoptée par tous les zoologistes, dont quelques-uns y comprenaient, non-seulement les insectes proprement dits, mais les arachnides, les crustacés et les myriapodes. La fourmi, l’abeille, la guêpe, le frelon, le cousin, quelques mouches, quelques papillons, les parasites de l’homme, quelques scarabées, quelques sauterelles, le criquet, le grillon, 1a. cigale, voilà à quoi se bornait à peu près toute l’entomologie des anciens, qui y comprenaient encore les araignées, les scorpions, les scolopendres et les sangsues (annélides).
Quant aux vers , on comprenait sou& ce nom tous les animaux que leur caractère général d’être dépourvus de pieds ( apodes ) n’avait pu faire classer parmi les insectes, les mollusques et les crustacés. Une chenille était pour Aristote un ver (<r /.wXr,;).
Le ver à soie était- il connu des anciens? On a souvent donné comme un fait acquis à l’histoire que le ver à soie nous vient de la Chine, qu’il a été apporté en Europe au moyen âge, et que la soie était inconnue dans l’antiquité.