‹ Histoire de la zoologieChapitre 9 sur 132 · Ibid., vu, 87 et · texte numérisé non relu

Ibid., vu, 87 et

plus de temps que la vache ; la chair des jeunes chameaux est bonne et saine, comme celle du veau, etc. » — Lampridius rapporte que l’empereur Héliogabale aimait beaucoup la viande de chameau, et que, autant par une excentricité de gourmandise que pour se garantir de l’épilepsie, il se faisait servir un plat composé de tendons de chameaux, décrétés de coqs vivants, de langues de paons et de rossignols.

Existe-t-il des chameaux sauvages? Hadji-Khalfa, dans sa Géographie publiée en turc au dix-septième siècle, parle de chameaux sauvages comme étant très-connus dans l’intérieur de l’Asie, sur les plateaux de Kaschgar et de Khotan. Les Hiongnoux, dans l’Asie orientale, sont au nombre des peuples qui passaient pour dresser des chameaux sauvages, abondants dans le Turkestan (Bactriane) et à l’est de cette contrée. D’après les témoignages d’Artémidore et d’Agatharchides, le chameau arabe sauvage avait pour patrie le golfe Élanitique des Nabathéens. Cuvier doute de l’existence actuelle des chameaux sauvages dans l’Asie centrale; il pense que ces animaux y sont redevenus sauvages.

Brebis. — Si les animaux domestiques ont vécu primitivement à l’état sauvage, la brebis est de tous les animaux domestiques le plus ancien; car dans aucune des solitudes ni de l’Ancien ni du Nouveau-Monde on ne rencontre de brebis sauvages. Cependant Yarron rapporte que de son temps — il y a de cela dix-neuf siècles — il y avait des troupeaux de brebis sauvages en Phrygie.

N’oublions pas que le grec [Dpov, surtout au pluriel (uîjXa) , signifie à la fois mouton et chèvre , exactement comme le mot hébreu tsôn , qu’on traduit en général par menu bétail. Ce sont les troupeaux de moutons et de chèvres, qui, exigeant de vastes territoires pour se nourrir, forment le nerf de la vie nomade, pastorale.

La richesse des patriarches consistait principalement en troupeaux de brebis et de chèvres. Ils avaient même

poussé l’art d’élever les bestiaux assez loin pour chercher à en varier les races. C’est ainsi que Jacob se fit, au moyen d’objets bicolores (branches d’arbres en partie dépouillées de leur écorce verte), déposés dans les abreuvoirs, un choix d’agneaux tachetés (de blanc et de noir), aux dépens des troupeaux de son beau-père Laban. Voici la traduction littérale du verset de la Genèse qui se rapporte à cet artifice remarquable : « Jacob prit des branches vertes de peuplier, d’amandier, de platane, et en ôta l’écorce de manière à former des raies blanches’, et plaça les branches qu’il avait ainsi pelées , dans les canaux et dans les abreuvoirs, sous les yeux des troupeaux qui venaient boire, et dans le temps où les brebis entraient en chaleur.... Les brebis eurent ainsi des petits tout rayés ou marquetés de petites et de grandes taches1 2. »

L’agneau, symbole de la douceur, jouait un grand rôle dans les cérémonies religieuses des peuples de race sémitique. L’agneau pascal des Israélites devait, suivant l’ordre de Dieu communiqué à Moïse, être sans tache, de sexe masculin et n’avoir qu’un an. Ils devaient en manger « la tête avec les pieds et les intestins, non point cuits dans l’eau, mais rôtis au feua. » Les Égyptiens, avec lesquelles Israélites eurent un long commerce, avaient pour le bélier à peu près le même culte qu’ils avaient consacré au taureau. Le Jupiter aux cornes de bélier, Jupiter Ammon, qui avait, au couchant de Thèbes, un temple célèbre par ses oracles, était une divinité essentiellement égyptienne.

Avant de livrer aux Romains sa première bataille, Hannibal fit le vœu de récompenser magnifiquement son armée s’il remportait la victoire. A l’appui de ce vœu, il saisit de la main gauche un agneau, et avec une pierre qu’il tenait de la main droite, il lui brisa la tête, en s’é-

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