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pour la première fois exactement représentés les grands animaux des Indes orientales, tels que le rhinocéros de Java, différent du rhinocéros de l’IIindouslan *, le tigre royal à bandes transversales, le babiroussa, espèce de cochon à cornes tournées en spirale, le crocodile, le chat volant, espèce de chauve-souris, dont les pieds sont joints ensemble par une membrane et garnis de griffes comme un chat. Quant aux oiseaux, on y voit très-bden Gguré le casoar, dont les plumes ressemblent à des poils grossiers, le calao à' grand bec surmonté d’une corne, le dronte des îles de France et de Bourbon, espèce aujourd’hui perdue2, qui avait la taille du casoar et le bec terminé par un crochet. Bontius a aussi donné la première figure de l’orangoutang de l’île de Bornéo, celui des singes qui ressemble, après le gorille, le plus à l’homme. Ln fait de grands singes, les naturalistes n’avaient connu jusqu’alors que ceux de l’Afrique.
Les figures de l’ouvrage de Bontius offrent plusieurs inexactitudes, imputables à l’éditeur qui, pour abréger la besogne, emprunta un certain nombre de gravures à l’ouvrage de Marcgraf sur le Brésil. Or, cette identité d’espèces est inadmissible pour les animaux terrestres du midi des deux continents, comme l’avait établi Buffon. Cuvier alla plus loin. « J’ose affirmer, dit-il, que cette identité n’existe pas non plus pour les animaux marins. Il paraît que les espèces de la mer des Indes ne peuvent pas doubler le cap de Bonne-Espérance, parce qu elles entreraient dans des mers trop froides, L Océan est d ailleurs très-peu traversable pour- les poissons : la plupait d’entre eux ne peuvent vivre que près des côtes. Les dorades, les bonites et quelques cétacés effectuent seuls
1 Cette différence, quoiqu’elle ait été très- bien indiquée par Bontius, n’a été bien décrite qu'il y a une cinquantaine d’annees par Duvancel et Diard.
2. 11 n’en reste plus qu’une tête et une , patte, conservées 1 une a Oxford, l’autre au Musée britannique.
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facilement ce trajet. A la meme latitude, où par conséquent la température ne formerait aucun obstacle,^ les poissons des États-Unis ne sont pas non plus, en général, identiques avec les espèces qui côtoient l’Europe. Probablement en est-il de même dans l’océan Pacifique, relativement aux côtes de la Chine et aux côtes du Pérou1. »