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ZOOLOGISTES OBSERVATEURS ET DESCRIPTEURS

Rondelet.

Au nombre des zoologistes qui se sont, pendant le seizième siècle et au commencement du dix-septième, fait moins connaître par leurs voyages que par leurs travaux descriptifs, nous mentionnerons en première ligne Rondelet, Salviani, Conrad Gesner, AÎdrovande et Fabius Golonna.

Guillaume Rondelet, né en 1507, à Montpellier, où il professait depuis 1545 la médecine, fut Pami et le condisciple de Rabelais, qui en parle sous le nom de Rondibilis. L’étude des poissons l’occupa une grande partie de sa vie, et son ouvrage De piscibus marinis libri XV III, in quibus vivæ imagines expositæ sunt (Lyon, 1554, in-fol.), suivi, l’année suivante, d’une seconde partie, est encore aujourd’hui consulté avec fruit par les ichthyologistes. Les ligures, au nombre de 190 pour les poissons de mer, et de 145 pour les poissons d’eau douce, quoique gravées sur bois, sont d’une grande finesse : les moindres détails, la forme des écailles, celle des nageoires, les épines, les petites dentelures y sont très-bien représentées. On y

trouve aussi les figures d un certain nombre de reptiles, de cétacés, de coquillages, de mollusques, de vers, tellement exactes qu’on en reconnaît les modèles à la première vue. « Plus on étudie, dit Cuvier, les poissons de la Méditerranée, plus on retrouve de types des dessins de Rondelet, qui étaient inconnus aux ichthyologistes du nord. On ignore le nom de l’artiste qui a produit ces figures d’une exactitude si parfaite ; il méritait bien cependant d’être célèbre, car il a surpassé, non-seulement les dessinateurs qui étaient venus avant lui, mais encore ceux qui l’ont suivi pendant plus d’un siècle. » Le texte descriptif qui accompagne ces figures est aussi plus exact que celui de la plupart des modernes. Le sentiment de la méthode y domine : il se traduit par la formation de groupes auxquels d’autres ichthyologistes n’ont eu qu’à donner le nom de genres.

Salviani.

Hippolyte Salviani (né en 1514, mort en 1572), médecin des papes Jules III et Paul IV, fut, après Rondelet et Belon, le meilleur ichthyologiste de son siècle, ce qui ne l’empêcha pas d’écrire une excellente comédie, souvent réimprimée, la Ruffiana , où sont peints les vices du temps. Les 99 planches qui accompagnent son ouvrage, intitulé Aqualilium animalium historia (Rome, 1554-1558, in-fol.), devenu assez rare, sont gravées sur acier; c’était alors une nouveauté. L’absence de certains traits dénote que les dessinateurs ne songeaient pas encore à compter, dans les poissons, les rayons des nageoires, les pelites dentelures ou épines qui peuvent garnir les os de leur tête. Salviani avait borné son étude aux poissons de la Méditerranée, à ceux qu’il avait sous les yeux. C’était, comme Rondelet, un naturaliste observateur.

Conrad Gesner.

Conrad Gesner (né à Zurich en 1516, mort en 1565;, dont nous avons déjà parlé dans l’ Histoire de la Botanique, contribua singulièrement au progrès de la zoologie par son Histoire des animaux ( Historia animalium, Zurich, 1551-1587), en cinq volumes in-folio, dont le premier (imprimé en 1551) est consacré aux vivipares, le deuxième (imprimé en 1554) aux ovipares inférieurs, le troisième (imprimé en 1555) aux oiseaux, le quatrième (imprimé en 1556) aux poissons et autres animaux aquatiques, le cinquième (imprimé en 1587, après la mort de hauteur) aux serpents. Quelques notes et ligures en bois, préparées pour un sixième volume sur les insectes, ont été conservées à la bibliothèque de Zurich. Cet ouvrage capital pour la zoologie est un magasin d’érudition. Aux descriptions tirées des livres de ses prédécesseurs l’auteur a joint ses propres observations, ainsi que celles de ses nombreux correspondants. Tout ce qui est relatif à la durée de la vie d’un animal, à son accroissement, à sa reproduction, à ses maladies, à ses mœurs, à son utilité, aux images qu’il a fournies à la poésie et à l’éloquence, s’y trouve noté avec soin. Les dessins des gravures qui accom; agnent cette encyclopédie zoologique, laissent peu à désirer pour leur exactitude; et comme les gravures sont sur bois, leur multiplication a été facile : aussi sont-elles les mêmes dans toutes les réimpressions ou éditions abrégées. Pour le volume consacré aux poissons, Gesner n’a guère fait usage que des notices fournies par Belon et Rondelet, auxquelles il a peu ajouté. Il n’a pas non plus traité les poissons d’après la méthode qu’il avait appliquée aux quadrupèdes et aux oiseaux.

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Aidrovande.

Ulysse Aldrovande (né à Bologne en 1522, mort en 1607), professeur à l’Université de Bologne1, consacra, après • une vie agitée, le reste de ses jours à l’étude de l’histoire naturelle. Ses travaux l’appauvrirent au point qu il finit, i dit-on, par mourir à l’hôpital de sa ville natale. Le plan qu’il avait conçu était tellement vaste qu’il ne put publier lui-même que quatre volumes. Mais il laissa un nombre considérable de cahiers manuscrits (Faotuzzi l’estime à environ trois cents), qui furent déposés à la bibliothèque publique de Bologne. Il était, en outre, parvenu à réunir jusqu’à vingt volumes in-folio de figures d’animaux, toutes peintes en couleur par les artistes les plus habiles. Ces volumes de peintures, conservés à l’Institut de Bologne, avaient été, après la conquête de l’Italie par 1 armée française, transportés à Paris, au Muséum d’histoire naturelle, où ilsontété repris en 1815. Ce sont les originaux des gravures sur bois de l’ouvrage d’Aldrovande. Des quatre volumes in-folio, qui parurent du vivant de l’auteur, les trois premiers, imprimés en 1599, 1600 et 1601, traitent de l’ornithologie ; le quatrième, imprimé en 1602, est relatif aux insectes.

Tous les autres volumes ont paru après la mort du grand naturaliste. Sa veuve publia, en 1606, le cinquième volume qui traite des mollusques, des crustacés et des autres animaux à sang blanc. Corneille Uterveer, natif de Delft, rédigea, sur les manuscrits d’Aldrovande, auquel il avait succédé dans sa chaire à l’Université de Bologne, le sixième volume, publié (de concert avec Thomas Dempster, gentilhomme écossais, également professeur à Bologne)

1. Voyez, pour plus de détails, l’article Aldrovande dans la Biographie générale.

en 1613, et qui contient les animaux à pieds fourchus ; il publia aussi dans la même année le septième volume, qui traite des poissons et des cétacés, et, en 1616, avec le concours de Tamburini, le huitième volume traitant des solipèdes. Un autre des successeurs d’AIdrovande, Barthélemi Ambrosini, chef du Jardin botanique de Bologne, fit paraître les quatre derniers volumes, qui traitent des «quadrupèdes digités (neuvième volume, imprimé en 1637), des serpents (dixième volume, 1640), des monstres (onzième volume, 1642), et des minéraux (douzième volume, 1648).

Voici le jugement de Buffon sur Aldrovande et ses travaux. Il est remarquable à plus d’un titre. « Ces volumes immenses sur l’histoire naturelle..., on les réduirait à la dixièpoe partie, si l’on en ôtait toutes les inutilités. A ■cette prolixité près, qui, je l'avoue, est accablante, ses livres doivent être regardés comme ce qu’il y a de mieux ■sur toute la totalité de l'histoire naturelle. Le plan de son ouvrage est bon, ses distributions sont sensées, ses divisions bien marquées , ses descriptions bien exactes, monotones à la vérité, mais fidèles. L’historique est moins bon ; souvent il est mêlé de fabuleux, et l’auteur y laisse voir trop de penchant à la crédulité. J’ai été frappé, en parcourant cet auteur, d’un défaut ou d’un excès qu’on retrouve presque dans tous les livres faits il y a cent ou deux cents ans, et que les savants d’Allemagne ont encore aujourd’hui: c’est cette quantité d’érudition inutile, dont ils grossissent à dessein leurs ouvrages ; en sorte que le sujet qu’ils traitent est noyé dans une quantité de matières étrangères sur lesquelles ils raisonnent avec tant de complaisance et s’étendent'avec si peu de ménagement pour le lecteur, qu’ils semblent avoir oublié ce qu’ils avaient à vous dire, pour ne vous raconter que ce qu ont dit les autres. Je me représente un homme comme Aldrowande, ayant une fois conçu le dessein de faire un cours complet d’histoire naturelle ; je le vois dans sa bibliothè-

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que lire successivement les anciens, les modernes, les philosophes, les théologiens, les jurisconsultes, les historiens, les voyageurs, les poètes, et lire sans autre but que de saisir tous les mots, toutes les phrases qui, de près ou de loin, ont rapport à son objet ; je le vois copier ou faire copier toutes les remarques, et les ranger par lettres alphabétiques, et, après avoir rempli plusieurs portefeuilles de notes de toute espèce, prises souvent sans examen et sans choix, commencer à travailler un sujet particulier, et ne vouloir rien perdre de tout ce qu’il a ramassé ; en sorte qu’à l’occasion de l’histoire naturelle du coq ou du bœuf, il raconte tout ce qui a jamais été dit des coqs et des bœufs, tout ce que les anciens en ont pensé, tout ce qu’on a imaginé de leur vertu, de leur caractère, de leur courage, toutes les choses auxquelles on a voulu les employer, tous les contes que les bonnes femmes en ont faits, tous les miracles qu’on leur a fait faire dans certaines religions, tous les sujets de superstition qu’ils ont fournis, toutes les comparaisons que les poètes en ont tirées, tous les attributs que certains peuples leur ont accordés, toutes les représentations qu’on en fait dans les hiéroglyphes, dans les armoiries, en un mot toutes les histoires et toutes les fables dont on s’est jamais avisé au sujet des coqs et des bœufs. Qu’on juge, après cela, delà portion d’histoire naturelle qu’on doit s’attendre à trouver dans ce fatras d’écriture ! Et si, en effet, l’auteur ne l’eût pas mise dans des articles séparés des autres, elle n’aurait pas été trouvable, ou du moins elle n’aurait pas valu la peine d’être cherchée. »

Cuvier est moins sévère pour Aldrovande que Bufl'on. Mais, en faisant le parallèle de Gesner et d’ Aldrovande, il incline vers la supériorité du premier. « Il y a, dit-il, beaucoup moins d’observations propres dans Aldrovande que dans l’ouvrage de Gesner. Ceci est surtout sensible dçms les volumes qui n’ont pas paru de son vivant et pourlesquels ses éditeurs n’ont guère employé que les notes

qu’il avait laissées. Mais ce qui est précieux, ce sont ses figures ; elles se composent de toutes celles de Gresner, de Rondelet et de Belon, et d’un très-grand nombre de dessins nouveaux. Placé plus favorablement que Rondelet et Gresner pour recevoir les productions du midi de l’Europe, Aldrovande en recueillit plusieurs qui avaient échappé à ces deux grands naturalistes ; il en reçut aussi des Indes, qu’il ne connaissait pas. L’Amérique et l’intérieur de l’Afrique lui fournirent différentes espèces qu’on n’avait pas encore vues en Europe au commencement du seizième siècle. Mais ces figures mises à part, il faut avouer que l’ouvrage d’ Aldrovande ne contient rien qui ne soit déjà dans Gresner. .. Dans Aldrovande la classification des animaux est entièrement arbitraire, èt il est fort difficile de s’y reconnaître. Gesner au moins les avait rangés par ordre alphabétique. Les ouvrages de ces deux hommes ont servi de base aux travaux ultérieurs en histoire naturelle jusque vers la fin du dix-sept.ième siècle, et, même pour les quadrupèdes, le dix-huitième siècle a dû les adopter presque complètement. Au moyen de Gesner et d’ Aldrovande, on avait jusqu’à Buflon un corps de doctrine assez riche sur toute l’histoire naturelle des animaux. »

Fabio Colonna.

Fabio Golonna [Fabius Columna ), médecin de Naples (mort vers 1650), rendit autant de services à la zoologie qu’à la botanique. Il observa, dessina et grava lui-même, à l’exemple de la plupart des membres de l’Académie des Hyncei. Aussi son ouvrage Dr aqiMtilÜMS, conclus, aliisque animalibus libellus (Naples, 1616, in-4°) renferme-tril beaucoup d’objets nouveaux. C’est ainsi que 1 auteur a le premier très-bien étudié l’espèce do coquillage (1 ianthine) que l’on suppose avoir servi aux Phéniciens pour la pré-

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paration de la pourpre ; il en a traité dans un opuscule spécial: Depurpurea, ab animali testaceo fusa, etc. (1616, in-4°). D’autres coquillages univalves, que Fabio Golonna a fait connaître, fournissent également un liquidepourpré.

Il a aussi très-exactement représenté d’autres petits animaux, tels que la velelle, la tliétis, la doris, sur des gravures à l’eau-forte, l’un des premiers essais de ce genre.

Pierre Olina.

Le domaine de l’histoire naturelle est tellement vaste, que l’on comprit de plus en plus la nécessité de le diviser en différentes branches. De même que F. Golonna s’était plus spécialement occupé des, coquillages, Pierre Olina choisit les oiseaux pour l’objet de ses études, et publia, en 1622, son Ucellagione (Oisellerie), qui traite principament des oiseaux chanteurs; le texte, qui témoigne d’un excellent esprit d’observation, est accompagné de quarantesix figures très-bien gravées sur cuivre. Cet ouvrage a été souvent consulté par Buffon pour son histoire des oiseaux.

Pierre Olina a laissé bien loin derrière lui la compilation de Gilbert Longolius (mort à Cologne en 1543), Dic.logm de avibus ei earum nominibus græcis , latinis et germunicis, et celle de l’Anglais W. Turner, intitulée Avium præcipuarum, quarum apud Plinium et Arislotelem mentio fit , brevis et succincta hisloria (Cologne, 1554).

Thomas IHoiifct.

Thomas Moufet, médecin anglais (mort à Ghelsea en 1635), choisit le premier les insectes comme un objet

d’études spéciales. Mais son Insectorum Tliealrumna parut qu'après sa mort par les soins de Théodore Mayerne, médecin français au service de Charles Ier, roi d’Angleterre. Moufet est pour les insectes ce que Rondelet a été pour les poissons, et Gesner pour les quadrupèdes. Sa méthode de classification est fort imparfaite; dans le premier liwe il traite des insectes ailés, en réunissant ensemble les abeilles, les guêpes, les cigales, les scarabées, les papillons, les demoiselles, les éphémères; le deuxième livre comprend tous les insectes non ailés. Le texte est accompagné de cinq cents figures en bois, dessinées d après nature et toutes assez exactes. La connaissance de la méta morphose des insectes se bornait alors à ce qu’en savaient les anciens, à savoir, que les chenilles se changent en chrysalides et les chrysalides en papillons. Mais ces faits étaient encore fort mal observés, puisqu’on croyait avec Aristote que les chenilles viennent de feuilles vertes, confondant les œufs avec les feuilles sur lesquelles ils ont été-

A mesure que nous approchons de notre époque, la méthode expérimentale fait de plus en plus sentir son influence. Jonston, Jean Ray, Willugby, Goedart, Swammerdam, Redi, et beaucoup d’autres l’avaient franchement adoptée. Un mot sur leurs travaux.

,1. Jonston.

Jean Jonston, d’origine écossaise (né en 1603, a Sambter en Pologne, mort en 1675), étudia la médecine àLeyde, et fit, indépendamment de plusieurs livres de botanique, paraître, de 1649 à 1653, quatre volumes in-fol., aui résument les connaissances jusqu alors acquises en zoologie. Le premier volume traite des poissons et des

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cétacés, distribués avec assez d’ordre. Le deuxième volume, imprimé en 1650, comprend les oiseaux, en prenant pour base les ouvrages de Gesner et d’Aldrovande. Le troisième volume, publie en 1652, est relatif aux quadrupèdes, et le quatrième, paru en 1653, concerne les serpents et les dragons. Le texte, assez élégamment écrit en latin, est accompagné de planches, gravées sur cuivre par Mérian ; les figures sont, en partie, empruntées aux ouvrages de Rondelet, de Gesner et d’Aldrovande. Il y en a aussi qui appartiennent à l’auteur et sont en général assez exactes, comme celle du cachalot qui avait échoué sur les côtes de la Hollande. Une des meilleures éditions de Jonston est celle que H. Ruysch, fils du célèbre anatomiste, fit paraître à Amsterdam sous le titre de Theatrum animalium; l’éditeur y a ajouté quelques figures de poissons des Indes, copiées dans des recueils qu’avaient dessinés les naturels de ce pays.

J. ltay.

Jean Ray (né en 1628, mort en 1704), dont nous avons exposé la vie en parlant de ses travaux de botanique, fit faire un grand pas à la zoologie par son esprit de méthode. Il avait pour ami et collaborateur un riche gentilhomme, François Willughby , de sept ans plus jeune et qui mourut longtemps avant lui, en 1672. Il s’empressa de remplir les dernières volontés de son ami, d’être le tuteur de ses fils et 1 éditeur de l’histoire des oiseaux et des poissons, dont Willughby en mourant lui avait laissé les manuscrits. Cet ouvrage parut, par les soins de Ray, sous le titre de Ornühologiæ libri III , in quibus aves ornnes hnctenus cognitæ in mctliodum naluris suis convenientem redaclæ , etc.; Lond., 1676, in loi. et 1678 (édition anglaise, avec des additions considérables). Les oiseaux y sont classés en ler-

restres et en aquatiques. Les premiers forment plusieurs divisions, suivant qu’ils ont le bec et les ongles courbés ou fortement crochus (oiseaux de proie), ou peu crochus; ceux-ci sont subdivisés en oiseaux qui ont le bec fort, ou moyen ou grêle. Les oiseaux aquatiques sont divisés suivant qu’ils vivent au bord des eaux (échassiers) ou à leur surface (palmipèdes). Linné a très-peu modifié ce premier iet d’une véritable classification ornithologique.

En 1682, Ray publia la seconde partie des manuscrits de Willughby, contenant l’histoire des poissons, sous le titre de Hisloriæ piscium libri IV, etc., Oxford, in-fol. Les deux premiers livres sont l’œuvre de Ray, qui fraya la voie à Linné par son Synopsis melhodica animaliurn , quadrupedum et serpentini generis , etc. Lond., 1693, in-8*.

L’ouvrage de Ray et de Willughby sur les poissons servit de base à l’article Ichthyologie de l’Encyclopédie méthodique. On y trouve pour la première fois la classification des poissons en cartilagineux et en osseux. Les cartilagineux (chondroptérygiens) sont subdivisés, suivant qu ils ^ont longs, comme les squales, ou larges, comme les raies. Les poissons osseux sont divises en plats, en ronds et en comprimés. La division de ceux-ci porte sur les nageoires : les poissons à nageoires ventrales sont subdivisés en ceux qui ont les rayons mous (malacoptérygiens) et en ceux qui ont les rayons épineux (acanthoptérygiens). Cette classification a été adoptée, avec de légères modifications, par les naturalistes des siècles suivants.

Les insectes, dont Ray s’était également occupé, témoin son Hisloria insectorum , publiée en 1710 par Derham d’après les papiers remis à l’éditeur par sa veuve, furent particulièrement étudiés par Goedart. Svvammerdam et Redi.

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J. Goedart.

Jean Goedart (né en 1620, mort en 1668), peintre de Middelbourg en Hollande, publia un livre, intitulé Metamorphosis et historia naturalis (Middelb., 1692-1667), traduit en français ( Histoire des insectes , Amsterdam, 1700, 3 vol. in-12), où l’on trouve pour la première fois de bonnes figures en taille-douce représentant des insectes. Il avait suivi ces animaux dans toutes leurs métamorphoses, et dessiné exactement les larves et les chenilles. Ses descriptions n’embrassent que la forme extérieure des insectes et ne pénètrent pas encore dans la structure et les fonctions de leurs organes. Aussi a-t-il commis de graves erreurs, comme lorsqu’il cherche à établir que les chenilles produisent quelquefois des mouches au lieu de papillons1.

Swanimordam.

Jean Swammerdam (né en 1637 à Amsterdam, mort en 1680) consacra presque toute sa vie à l’étude de l’entomologie. Il consigna les résultats de ses observations dans son ouvrage primitivement écrit en hollandais Allrjemeenc Verhandeling van bloedloose dierkens (Histoire générale des animaux exsangues), Utrecht, 1669 in-4» qui parut en français sous le titre de Histoire qènerale des •insectes; ibid. , 1682, in-4°. L’auteur y distingua le premier les insectes qui subissent des métamorphoses de ceux qui n en éprouvent point: Hans la première classe il divise

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