‹ Histoire de lécriture dans lantiquitéChapitre 16 sur 79 · TABLEAU DES 2 1 4 CLEFS · texte numérisé non relu

TABLEAU DES 2 1 4 CLEFS

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Les clefs sont des signes complémentaires qu'on ajoute aux différents groupes phonétiques pour en préciser le sens. Le point de départ de ce système est, ainsi que l'a très bien dit François Lenormant, la faculté, propre à l'écriture chinoise, de former indéfiniment des groupes complexes avec plusieurs caractères originairement distincts, par un procédé analogue à celui que l'on croit reconnaître dans l'écriture calculiforme. 11 se forme ainsi des agglomérations qui ne sont pas sans quelque analogie avec le mode de reproduction des polypes : les mêmes lois président à la formation des organismes primitifs, dans la vie des êtres comme dans la vie du langage et dans celle de l'écriture, qui en est l'expression.

Les Chinois ont donc choisi dans le vieux fonds de leur écriture un certain nombre d'idéogrammes répondant aux principales catégories de leur esprit et pouvant servir de rubi'ique à un nombre correspondant de classes dans lesquelles ils répartissent les mots de la langue d'une façon qui nous paraît assez artificielle. Us ajoutent ces signes idéographiques aux signes phonétiques, pour guider la pensée et indiquer dans quelle catégorie d'idées doit être cherché le sens d'un mot qui est susceptible de plusieurs significations différentes. Le nombre de ces signes, que les Chinois appellent pa et sections n ou et classes ii, après avoir été longtemps indéterminé, a été fixé, en l'an 1616, à 21/4, cinlfre qui a été depuis définitivement adopté.

Chaque caractère se compose ainsi de deux éléments : le premier, phonétique, indiquant le son de la syllabe qui constitue le mot; le second, idéographique, la cicfàw rébus, qui nous apprend quel sens il convient de donner à cette syllabe ou à ce mot. Ainsi, le signe ^,pit'n, par lequel on

désigne, quand il est seul, les tablettes avec inscription placées au-dessus des portes, donne naissance à toute la série des signes suivants :

qui sont formés de la combinaison du caractère primitif avec diverses clefs et correspondent à autant de sens différents, bien que tous se prononcent de la même manière : picn. Nous avons donné plus baut la liste des 216 clefs. On en trouvera la valeur danslcs Eléments de la Gi'ammaire chinoise, par Abel Rémusat '■'. Les principales clefs sont celles de Yhomme, de la bouche, de la (être, de la femme, du cœur, de la main, du soleil, des arbres, de Yeau, an feu, des maladies, de Yœil, des fierres, des céréales, des bambous, de la soie, de la chair, des plantes, des insectes, des vêtements, de la parole, de la marche, des métaux, des espèces chevalines, des poissons, des oiseaux, des usages, des mandarins, des broderies.

Les clefs sont donc une œuvre de savants et de lexicograpbes; ce sont des radicaux choisis d'une façon empirique, des déterminatifs qui nous apprennent à quel genre ou à quelle famille appartient un objet; ils n'en marquent pas le trait distinctif, mais le caractère général. Seulement, ces catégories répondent assez mal à ce que nous appellerions des idées générales. On retrouve dans leur choix le défaut de l'esprit chinois, qui se perd dans les détails, même quand il veut s'élever à la conception du général. L'écriture chinoise est moins le résultat d'un progrès de l'esprit que celui d'une opération mécanique. C'est un casse-tête dont les éléments sont les monosyllabes.

''> Paris, 1837, iii-8'.

tUIT.lUCr.lE KATIOHALC.

PREMIEHE PARTIE.

PROTOCOLE DE L'1\SCBII>TI0N DU TEMPLE DE CONKUCIUS PAB L'EMPEREUR KlIOUBIL\ï-KllÂN , EN L'AN l'jg/l^''.

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f I>c lexle ainsi que la tradiiclioii sont cmprtink% à Paulhier {Jotirmil asiatique, janvier i8Ca, p. i à /17). L'inscription chinoise est accompagnée d'une transcription en caractères mongols Pa-sse-pa , sur laquelle Paulhier a fait en caractères latins la transcription dont nous produisons ici un extrait. Cette transcription peut donner une idée de la prononciation ciiinoise à I époque où l'inscription a été rédigée.

ÉGIUTUHK CIIIISOISE.

TliAySCBIPTlON.

Liyiie i. Chaiig theii 'fj&ôn ming

Ligne 2. 'hoang di ching dji yeou djotmg yonci ha szhi gaun li jin dliing Khoung tshi

Ligne 3. dji lao chouei hen won chi ngiao (yeou) 'goue 'gya dje chou dang tchoung foûiig Kheou

Ligne li. féà Um mcao Cliang dou Ta dou djeou loufuou djiô huen '^Id Imig

Ligne 5. Che mêao hyo cheou ytteii djcao 'lii

TRiDVCTION.

Saint commandement de l'empereur qui règne par la grâce du ciel suprême. On informe tous les fonclionnaiies publics de l'inte'ricur et de Texlérieur, que, la doctrine de Khoung-lseu (Confucius) e'tant une loi destinée à régir toutes les générations, ceux qui ont la mission de gouverner les Etals sont spécialement chargés de lui rendre des honneurs publics : dans le temple de la forêt de Khio-feoij (situé dans la province de Chan-loung, où naquit le philosophe), à Changtou; dans la capitale de l'empire (Ta-tou); dans les bourgs, les chefslieux de canton, d'arrondissement et de déparlement de toutes les provinces. En conséquence, il est presci-it de construire des temples (pour l'honorer), des écoles publiques et des collèges (pour y enseigner sa doctrine).

Nous avons vu comment l'écriture chinoise acluelie, si savante et si compliquée, était sortie, en partie du moins, d'images représentant des objets matériels; cette transformation ne s'est pas faite d'un seul coup; les Chinois ont eu quatre ou cinq écritures différentes, qui répondent à ce que sont chez nous l'écriture gothique, la romaine et l'ilalique. Le moment capital dans celle évolution a été marqué par la découverte du papier. Jusqu'alors on avait écrit sur de petites planchettes de bambou avec une pointe en même matière, trempée dans du vernis. Avec le papier, le stylet de bambou fut remplacé par le pinceau, dont l'usage explique

52 l' REM 1ER K PARTIE.

rirréyulaiilé des traits dans Técriture chinoise, ainsi que les formes anguleuses et symétriques des caractères. Cette révolution dans les matériaux dont on se servait, qui date de l'époque de Tsin-clii Iloang-ti, a donné naissance à l'écriture/t'-tec ou li-chou a l'écriture des bureaux n, qui dillère peu des caractères actuels.

L'écriture chinoise a pourtant encore subi une modification qui a eu d'importantes conséquences. Vers le milieu du i" siècle avant notre ère, les savants chinois ont tiré de l'écriture usuelle une écriture cursivc où la forme des caractères disparaît presque entièrement. Ils l'ont appelée Tsao ou Tsao-tse i^Tsao-choii) a l'écriture des plantes n, à cause de son aspect en forme de broussailles.

Le tsao est principalement employé dans le commerce, ainsi que dans certains volumes de littérature légère. Il n'a jamais supplanté l'écriture carrée, ou liai-chou, qui est universellement usitée dans le Céleste Empire et où se déploie toute l'habileté calligraphique des Chinois.

L'écriture cursive chinoise devait avoir une fortune singulière, car c'est elle qui a servi de modèle à Yécrilurc japonaise. Peu de temps sans doute après l'invention de l'écriture tsao, les Japonais l'ont adaptée à leur langue; ils ont encore abrégé ces caractères, sans avoir égard à leur forme primitive, et ils ont ainsi composé une écriture assez '• ^ compliquée qu'on appelle le Hira-kana. Cette écriture, qui

sj^ est très obscure, ne répondant que d'une façon incomplèlc

ù leurs besoins, entre le m" et le vi*^ siècle, ils ont lire, non plus de l'écriture cursive, mais de l'écriture chinoise ordi-

naire, un alphabet de /17 signes syilabiques invariables, le Kala-Imna, qui est un vrai syllabaire. Malheureusement, au lieu de l'employer seul, les Japonais emploient conjointement le Hira-hana et le Kala-kana, qu'ils entremêlent encore de caractères chinois; si bien que l'écriture japonaise, assez simple dans son principe, est d'une lecture plus difficile que le chinois lui-même.

C'est surtout dans leurs préfaces que les Japonais, à l'instar des Chinois, usent de toute la fantaisie que leur permet la multiplicité de leurs écritures, ainsi que dans la composition de ces distiques à énigmes qui portent le nom d'f/Za'') et dont ils aiment à orner leurs ouvrages.

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