NE MED MALO STATOD
m me mato sislilo.
Jupiter ou quel que soit le dieu auquel celui-ci m'adressera, que celui-ci ne tombe point entre tes mains pour ce qu'il a pu commettre. Mais laisse-toi fléchir par nous au moyen de ce don, au moyen de ce8 cérémonies. Duenos m'a offert en hommage pour son repos; ne me prends pas en mauvaise part pour Duenos.
Les caractères ont la même forme que dans les plus anciennes inscriptions de Grèce et d'Elrurie. On remarquera spécialement la forme très archaïque de l'M, m, du P, q, du Q, f, de l'R, '', de l'E, ^. L'alphabet offre, en outre, certaines particularités sur lesquelles nous aurons à revenir : il n'y a pas de Z; le G est représenté par le G, qui correspond ainsi en même temps à la gutturale douce et à la gutturale forte; à deux reprises même, le scribe a écrit K, puis l'a corrigé en G. Enfin, l'écriture est dirigée de droite ù gauche. G'est la première fois que nous rencontrons à Rome cette disposition, qui est d'un emploi fréquent en ombrien, en osque et en étrusque, et qui s'est perpétuée à Paierie jusqu'au n" siècle avant Jésus-Ghrist.
L'inscription de Duenos est la seule inscription latine qui puisse nous donner une idée de la physionomie que devait avoir la Loi des douze tables. Si nous passons de cette inscription aux anciens as libraux, qui sont peut-être contemporains, le saut est fait : ce n'est plus l'ancien alphabet latin, mais l'alphabet athénien, introduit à Rome par les maîtres d'école grecs.
Depuis ce moment, l'alphabet latin n'a plus guère varié,
pour la forme des caractères, jusqu'à la fin de l'empire romain. Il se distingue de l'alphabet grec par une certaine lourdeur des lettres, dont les déliés sont moins marqués, et par une tendance à arrondir les angles : S devient S; A et n deviennent D et P, suivant en cela le b, qui déjà dans l'alpliabet grec classique était devenu B. Pour la lettre r, les Latins ont fait un petit coup d'état que nous trouvons déjà ébauché dans les alphabets grecs du sud de l'Italie. Ils ont prolongé la boucle par un trait oblique, P, pour le distinguer dup, avec lequel il se confondait entièrement. Un décret de Paul Emile, gravé sur une plaque de bronze et qui date de l'an 190 avant J.-C, nous présente déjà tous ces caractères :
i-: fôHp^E-j E5s,EN r'A€RVAv:)r'r'[r.vr/;-:>|
Q.VO0;E^:r£^APH.T^AT£^0iED!5£^,l
r=M p osji 'j z F. h '-; / .p £ R r 0 <.r - -
c'est le décret accordant aux esclaves des Hastenses, qui habitaient la tour de Lascuta, la liberté et la propriété de leur ville ainsi que des terres qu'ils occupaient ('). Celte belle inscription, qui a été trouvée près de Gibraltar en 1867, est actuellement au musée du Louvre. M. Héron de Villefosse a bien voulu nous fournir les moyens de la reproduire ici d'après l'original.
c CI. L, 1.11,1889, u°5ohi.
M. Huebner a recueilli dans une imporlaiile publication^'' les principaux monuments de lY'pifjrapliie latine depuis la fin de la R(''j)ul)li(|ue. Pour se faire une idée complète de l'histoire de l'écriture latine, il faut surtout avoir sous les yeux le Corpus inscripltonum îalinarum publié, sous la direction de M. Th. Mommsen, par l'Académie de Berlin; on trouvera notamment toutes les anciennes inscriptions latines reproduites dans les Priscœ latinilatis momivienla eptgraphica, de Fr, Hitschl, qui forment l'atlas du tome I du Corpus. On reconnaît dans les traits de l'écriture latine le caractère d'un peuple moins soucieux de la grâce que de la force , et qui avait pour devise le vers de Virgile :
Tu regere imperio populos. Romane, mémento.
L'histoire ultérieure des modifications paléographi(|ues de l'alphabet latin est importante pour l'étude de l'épigraphie; mais elle sort du cadre que nous nous sommes tracé. M. Gagnât en a donné un exposé très complet dans son Cours d'épi'graphie latine ^^\ On y verra comment de l'alphabet monumental ancien est née l'écriture cursive, qui a joué un rôle capital dans la formation de nos écritures modernes.
La vie de l'alphabet latin ne s'est pas bornée à ces modifications extérieures : l'ordre et la valeur de ses lettres ont continué à subir, jusqu'à l'époque impériale, des bouleversements qui s'expliquent par son origine et par l'influence littéraire de la Grèce. Cette origine doit être cherchée, suivant M. Bréal, chez les Etrusques, les voisins immédiats
'"' Hiicbner, Exempta scriplurw epigraplùcœ lalinœ a Ctegari» dictatori» morte ad œlalem Jusùniani , Berlin, i885, in-fol.
'*' n. Gagnai, Cours d'épigraphie latine, a' (kiilion, Paris, Tliorin, 1889.
des Latins. L'alphabet latin sciait, en d'autres lernics, un alphabet grec qui s'était appauvri entre les mains des Etrusques et qui a cherché à reconquérir, lorsqu'il est retourné en la possession d'un peuple indo-européen, ie peuple latin, les éléments qu'il avait perdus.
L'histoire du C forme le point capital de cette évolution'''. Primitivement le C jouait en latin, comme en étrusque, le rôle de forte et de douce; il était tour à tour un c et un g, comme l'indique sa place dans l'alphabet, où. il correspond auj^-ammagrec; C AIVS, CNAEVS, se prononçaient Gains, Gnaeus; au contraire, le K corrcvspondait à la gutturale forte, comme dans KAESO.
Toutefois, la lettre C était insuffisante pour rendre deux sons aussi différents, dans une langue qui les distinguait nettement. Environ 3oo ans avant Jésus-Christ, nous voyons le g reparaître, par une légère modification de la lettre c, sous la forme G, et s'intercaler entre F et H, à la place laissée vide par la disparition du z. Le C ne servit plus qu'à rendre le c dur; mais par là même le K devenait à peu près inutile; peu à peu le C prit sa place, et le K ne fut plus employé qu'accidentellement, pour exprimer la gutturale sourde devant a : Karthago; enfin, au vn^ siècle de Rome, il
'■' L'histoire du C Jalin est l'argument le plus fort en faveur de la thèse de M. Br(^al. Les Latins ont toujours eu l'explosive sonore = 5"; il faut qu'ils fiient pris les caractères de leur alphabet h un peuple qui ne l'avait pas , sans quoi ils n'auraient pas laisse tomber la lettre deslim'e à la rendre. D'autre part, il faut reconnaître que l'origine t'trusque de l'alphabet latin se heurte à de graves oJjjections , qui viennent soit de in forme de certaines lettres, soit de la prc'sence dans l'alphabet lalin du B, de TO, du Q et du X (=S), qui ont toujours existé en lalin, quoiqu'ils fussent inconnus des Étrusques. Peut-être y a-t-ii eu dans la formation de l'alphabet latin des influences combinées de l'Étrurie et de la Grande-Grèce.
disparut. II n'a subsisté que dans le mot kalendae et dans un ou deux autres, quiont continuée s'écrire par un k, même à une époque où cette lettre était considérée comme supervacua par les grammairiens latins.
L'alphabet latin primitif se composait de vingt et une lettres et s'arrêtait à l'X, que Quintilien [Inst. oral., I, iv, 9) appelle ullima nostrartim. Si l'on cherche à reconstituer cet alphabet, on n'arrive qu'au chiffre de vingt. Quelle était la lettre qui a disparu? Mommsen a établi que c'était le z, qui correspondait au zêta de l'alphabet grec, au zmn de l'alphabet phénicien. D'autre part, l'alphabet latin conserva la lettre F, correspondant au digamma, qui était de bonne heure tombé en désuétude chez les Grecs; mais il en faussa la valeur, et il lui donna le son /, tandis qu'en grec le digamma répondait au vau, c'est-à-dire au v ou plutôt au w.
Enfin, à l'époque de Cicéron, l'invasion des mots grecs dans la langue latine amena la création de deux nouvelles lettres, l'Y, y grœcum, et le Z, sans que ceux qui les inventèrent se doutassent qu'ils ne faisaient que réintroduire dans l'alphabet des lettres qui y avaient eu primitivement leur place, le digamma et le zêta de l'alphabet grec primitif. Ces additions, aussi bien que la confusion de \u consonne et de I'm voyelle, avaient apporté une certaine incohérence dans l'alphabet latin. L'empereur Claude voulut y remédier par la création de trois lettres nouvelles ('' :
1° Le F renversé, digamma inversnm, A , auquel il rendait la valeur véritable du vau phénicien, ex. : vulgus;
a° Vanlisigma, 0, répondant à ps;
3' Un signe h, ayant une valeur intermédiaire entre l'i
'"' Gagnât, Cours d'rpigrnphie latine, 2* t'd. , p. 5.