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et le V, ptnguitis quant I, exilim qnam V, et qui devait être employé dans les mots tels que oplumus, lixbido.
On possède deux ou trois inscriptions de cette époque où se trouve le J; mais l'usage n'en a pas prévalu, l/liabitude fut plus forte que les décrets des empereurs. Nous ne parlons pas de la distinction du V et de l'U, de 11 et du J, fait tout moderne et qui était inconnu des Latins.
On voit ainsi, dans les alphabets gréco-italioles, des lettres tomber en désuétude, d'autres changer de valeur ou disparaître momentanément, pour revenir, par un singulier détour, parmi les lettres supplémentaires de l'alphabet. L'histoire de l'alphabet gréco-ilaliotc n'est que l'histoire de l'adaptation des vingt-deux lettres de l'alphabet phénicien à la langue et au génie des peuples qui les lui ont empruntées. On reconnaît dans ces transformations les dilTércnces profondes qui séparaient les langues orientales des dialectes européens; pour certaines lettres, la correspondance était facile à établir; pour d'autres, les peuples européens ont hésité, et ils s'y sont repris à plusieurs fois avant d'en épuiser le contenu. C'est ainsi que nous voyons le vau phénicien donner successivement naissance, en grec au F {dtgamma) et à l'Y (^upsilon) , en latin à l'F, au V, à l'U et à l'Y. De même, pour la forme extérieure des caractères, chacun de ces peuples a imprimé la marque de son génie propre à l'alphabet qu'il avait adopté.
Dans ces transformations, tout n'a pas eu un caractère également spontané. Les grammairiens y ont eu leur large part, à Rome plus que partout ailleuis. Le vers d'Horace
Grœcia capta fenim viclorem cepil
est surtout vrai de l'écriture. «A Home affluaient, ainsi
que l'a dit M. Bréal, à mesure que la ville grandissait on puissance, les étrangers lettrés, particulièrement les étrangers grecs, philosophes, rhéteurs, grammairiens, maîtres d'école. Ceux-là apportaient les dernières modes du monde littéraire; l'alphabet dont ils se servaient, qu'ils enseignaient à leurs hôtes, était l'alphabet grec modifié selon les perfectionnements les plus récents, si bien que l'alphabet latin est devenu de tous les alphabets italiotes le moins étrusque et le plus moderne, -n
Aux environs de l'ère chrétienne, l'alphabet latin était définitivement constitué, et c'est de lui que sont sortis tous les alphabets usités aujourd'hui chez les peuples de race latine et de race germanique.
D'autre part, l'alphabet grec, qu'on aurait pu croire épuisé par cette immense production, a continué de vivre dans le grec moderne, qui en a respecté les formes anciennes; il a même encore donné naissance à deux alphabets nouveaux, le copte et le russe, jouant ainsi, pour l'Europe orientale et pour l'Egypte, le rôle qu'a joué l'alphabet latin en Occident. Après l'établissement du christianisme en Egypte , les Coptes , les descendants des anciens Égyptiens, adoptèrent pour rendre leur langue l'alphabet grec, auquel ils adjoignirent six lettres tirées de l'écriture démotique. Au ix* siècle enfin, Cyrille et Méthode ont tiré du byzantin, par un procédé analogue, l'ancien alphabet slavon, d'où est sorti le russe moderne; si bien que toute l'Europe et même l'Egypte ont fini par être couvertes par les vingt-deux lettres de l'alphabet que les Grecs avaient emprunté aux Phéniciens.
IVrniMCniE NAIIONiLE.