‹ Histoire de lécriture dans lantiquitéChapitre 5 sur 79 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

ractères peavenl roprésenler des idées ou des sons. On appelle écriture idroirraphiqm celle qui s'attache à rendre directement les idées; érriUire phonrùquo, celle qui exprime par des caractères les sons de la parole. L'écriture diffère du dessin en ce qu'elle est inséparable de la langue; si, dans l'écriture idéographique, les caractères sont des peintures de certaines idées ou de certains objets, ils les rappellent à l'esprit sous la forme qu'ils revêtent dans le langage, c'est-à-dire par l'intermédiaire du mot.

Celle grande division de l'écriture en comporte ellemême d'autres d'une portée moins générale. Dans l'écriture idéograj)hique, tantôt les caractères sont la représentation des objets eux-mêmes, tantôt ce sont des signes conventionnels ayant avec l'idée qu'ils expriment une parenté plus ou moins éloignée; à côté des imnfres, nous avons les symboles; ces derniers sont de beaucoup les plus nombreux, car la plupart des objets qui occupent la pensée n'ont pas de figure matérielle; tel est le cas pour les idées abstraites. L'écriture phonétique, de même, se divise en deux branches : écriture syllahique et écriture alphahéliqite , suivant que les caractères expriment des articulations complexes ou bien des sons simples, des syllabes ou des lettres.

Toutefois les distinctions qui précèdent ne sont justes qu'en théorie; le plus souvent les faits ne s'y conforment pas. Non seulement on passe constamment, dans une même écriture, de l'image au symbole, mais presque toutes les écritures qui ont commencé par être pure-

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ment idéographiques sont arrivées peu à peu au syllabisme. La distinction entre écritures alphabétiques et écritures non alphabétiques est la seule qui corresponde à une réalité historique. C'est la création de l'alphabet qui marque le p,rand pas dans l'histoire de l'écriture et qui la divise naturellement en deux parties : avant et après l'invention de l'alphabet.

Ce travail comprendra donc deux parties principales: la première sera consacrée à l'histoire de l'écriture avant l'alphabet. Nous y étudierons les diverses phases par lesquelles a ])assé l'écriture avant d'arriver à trouver sa forme délinitive. Après avoir jeté un coup d'œil sur les premiers essais de l'homme pour dégager l'écriture du dessin, dans l'Ancien comme dans le Nouveau Monde, et sur ces procédés encore enfantins auxquels on a donné le nom de pictographie, nous suivrons les progrès de l'écriture jusqu'à la constitution des grands systèmes hiéroglyphiques, l'écriture chinoise, l'écriture cunéiforme, l'écriture égyptienne. Nous verrons ces systèmes, d'idéographiques, devenir peu à peu syllabiques, c'est-à-dire phonétiques. Le plus parlait d'entre eux, régy[)tien, nous mènera jusqu'aux portes de l'alphabet.

Dans la seconde partie, nous étudierons la formation de l'alphabet phénicien et nous passerons successivement en revue les alphabets qui sont dérivés de ses vingt-deux lettres. Tous ces alphabets se ramènent à deux grandes familles : la famille européeime ou grécoitaliote, et la famille sémitique, de laquelle sont sortis

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