‹ Histoire de lécriture dans lantiquitéChapitre 6 sur 79 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

les alphabets de l'Inde et de la Perse, Pour les alphabets européens, nous nous arrêterons à la naissance de l'écriture cursive, son apparition marquant le |)oint de départ d'une nouvelle période, qui va jusqu'aux temps modernes et correspond à une nouvelle destination de l'écriture.

Une troisième partie sera consacrée à certaines écritures que l'on trouve aux confins du monde antique et qui sont nées de l'alphabet sémitique, sans qu'il soit possible d'en établir d'une façon rigoureuse la dérivation, ainsi qu'à un ou deux essais d'alphabets différents du nôtre, qui paraissent être le fruit de tentatives isolées et indépendantes.

Cet aperçu montrera, je l'espère, le lien logique qui rattache entre elles les différentes formes de l'écriture et qui fait l'unité de sou histoire. En i83^i, Klaj)rolh, dans son Aperçu de ï origine des diverses écritures de l'Ancien Monde, écrivait :

«Nous comptons trois sources principales d'écriture dans l'ancien continent : ce sont la chinoise, Y indienne et la sémitique, qui ont donné naissance aux divers alphabets de l'Europe et à plusieurs de l'Asie. C'est à peine si nous commençons à soupçonner le système de l'écriture égyptienne; nous ne voyons pas encore assez clair dans ce sujet pour fixer nos idées sur sa nature et |)our décider si les hiéroglyphes et les autres écritures de l'Egypte que nous connaissons constituent une classe d'écriture particulière et originale, ou s'ils ne sont (pio le produit de l'aberration d'une civilisation comprimée

INTRODUCTION. xxiii

et forcée à rétro{jratler par la superstition et par l'influence (les prêtres. Nous avons les mêmes doutes sur l'originalité des écritures cunéiformes conservées sur les anciens monuments de la Perse et de Babylone : ces écritures nv. paraissent avoir servi que pour la composition d'inscriptions lapidaires et de talismans, et n'ont peut-être jamais été d'un usage général. 55

Cin([uante ans ont sufli pour transformer entièrement notre manière de voir à cet égard. Non seulement l'écriture égyptienne et l'écriture cunéiforme ont pris la place qui leur appartient dans l'histoire de la civilisation, et chaque jour en atteste davantage l'importance capitale et la grande diffusion dans le monde antique, mais des trois sources de l'écriture admises par Klaproth, il n'en est qu'une, l'écriture chinoise, qui ait le caractère original (ju'il lui attribuait. Les deux autres, l'écriture sémiticpie et même l'écriture indienne, que l'on avait pu considérer jusqu'à ces derniers temps comme le produit d'une création indé])endante, sont des dérivés plus ou moins directs des anciens hiéroglyphes de l'Egypte.

C'est tout un chapitre de l'histoire de l'esprit humain qui se déroule à nos yeux. Sans doute, nos idées se transformeront encore sur plus d'un point, et il reste plus d'un problème h résoudre; mais dès à présent on peut dire que Ihistoire de l'écriture est fondée et qu'elle repose sur un ensemble de faits acquis à la science et sur lesquels on n'aura plus à revenir.

Le méi'ile de cette rénovation revient pour une bonne

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