‹ Histoire de lécriture dans lantiquitéChapitre 60 sur 79 · M(K\.\.\1KS · texte numérisé non relu

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L'écriture que nous font connaître les manuscrits pehlvis est une de ces écritures abâtardies dans lesquelles les lettres ont perdu toute individualité. Au contraire, si l'on se reporte aux inscriptions et aux monnaies sassanides, on y trouve un alphabet dont les caractères, quoique déjà fort altérés, ont encore leur physionomie propre et permettent de saisir la fdiation qui relie le pehlvi à l'alphabet araméen. Cette parenté est encore plus marquée sur les monuments en lan[jue chaldéenne, mais en caractères pehlvis, dont le plus important est l'inscription bilingue de Hddjîâbild. On a donné à ces caractères, employés spécialement pour écrire le chaldéen, le nom de Clialdco-pehlvi.

Par l'inscription de IlAdjî-AhAd , le pehlvi se rattache directement à l'alphabet des monnaies frappées jusqu'au u* siècle de notre ère dans diverses provinces de l'Iran, et notamment des monnaies pcrsépolitaines, qui sont araméennes,

pour la langue comme pour le caractère. L'intervalle, de plusieurs siècles peut-ôtre, qui sépare les plus anciennes (le ces monnaies des inscriptions aramécnnes de l'époque achéménide'^', explique les grandes dilTérences paléograpliiques de ces deux catégories de monuments; d'ailleurs, plus on se rapproche de l'Occident, plus la parenté de l'alphabet arsacide avec l'ancienne écriture aramécnne devient sensible.

Fr. Lenormant avait cru pouvoir expliquer le pehlvi par le palmyrénien, qui présente avec lui de grandes analogies. Il est probable que l'origine des alphabets iraniens remonte plus haut et qu'ils se rattachent directement à l'ancien alphabet araméen des Achéménides. H ne faudrait pas d'autre part s'exagérer la dislance qui séparait le palmyrénien du pehlvi. Le palmyrénien était, comme nous le verrons tout à l'heure, un dérivé de l'alphabet araméen, à peu près contemporain des plus anciennes monnaies pehlvies. Une pente insensible conduit de l'alphabet araméen de l'époque perse jusqu'à ses différents dérivés; mais, à mesure qu'on avance, les versants se séparent et les différences s'accentuent.

L'usage du pehlvi s'est perpétué chez les Parsis adorateurs du feu, que l'on appelle en Orient du nom injurieux de Guèbres. Ils s'en servent encore aujourd'hui pour leurs livres sacrés. Mais l'ancien alphabet de la Perse devait être détrôné par une autre branche des alphabets sémitiques, l'arabe, qui a évincé, partout où il a passé, toutes les autres écritures, de même que l'alphabet araméen avait supplanté l'écriture cunéiforme et tous ses dérivés. C'est cette dernière phase de l'histoire de l'écriture qu'il nous reste à étudier. ''' Voir plus haut, p. Qi3-a3o.

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