‹ Histoire de le̓́glise de Corée, précédée du̓ne introduction sur lh̓istoire, les institutions, la langue, les moeurs et coutumes coréennes (volume 2)Chapitre 25 sur 53 · INTRODUCTION. LXXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LXXXIII

ajODte pas la terminaison du nominatif, qui, en ce cas, n'est que

' et simple.

3t les mots terminés en a insèrent entre cette finale et les termi-

nelles la consonne h euphonique. Ils se déclinent alors comme

-minés par une consonne, excepté pour le vocatif dans lequel Vh

i le vocatif devient (i)-a, selon la règle ordinaire.

)ms terminés par une voyelle, font quelquefois leur nominatif en

au lieu de t, les autres cas restant les mêmes.

le le nom se termine par une consonne autre que I, on ant la terminaison de Tinstrumental la lettre eupho- Ex. :

saràm,

homme.

«arâm-t,

rhomme.

ital :

8aràm'-{euyro^

par rhommé.

saràm-euéj

de rhomme.

saràm-éké,

à rhomme.

sartfm-ew/,

rhomme.

saràm'-a^

ô homme.

saràm-é,

dans, sur Thomme

sar&m-esiô,

de rhomme.

atif:

sar&fï^-eun^

quant à Thomme.

1» Les mots terminés en n^, insèrent quelquefois un h euphoniles terminaisons casuelles, excepté au vocatif. Avec Vh euphotif est indifféremment héké ou heuéké, Tablatif hésiô ou heuésiô, is grand nombre des mots terminés en s et quelques-uns terminés ent un j ou ts euphonique avant les terminaisons des cas autres itif, ce qui entraîne certains changements euphoniques : inst. (i-â)- 'èké^ accus, (syàl^ etc...

le le mot se termine par la consonne /, la terminaison strumental devient par affinité lo.Ex. :

pal^ pied,

if : pal-i, le pied (pron. : par-i^ v. pi. II, Obs.)

ntal : pal-lo, par, avec le pied.

pal^eué^ du pied (prononcez : par-eue).

, etc.

iriel de tous les mots se forme en ajoutant la terminaison e décline suivant la règle précédente. Ex. : 1, homme, saràm-teul^ les hommes, saràm-teul-i ^ ul-loy saràm-teul-eué^ saràm-teul'éké, etc. (Prononcez: eur-t, saràm-teur-'euéy saràm-teur-éké, etc.) remarques compléteront cet exposé des règles de la >on coréenne. 1° Dans un certain nombre de mots terût par une consonne, soit par une voyelle, Tusage a remterminaison éké du datif, par la contraction kki. 2® En

LXXXIV IWTROOUCTIOW .

coréen, comme dans la plupart des langues agglutinatives, on indique certaines nuances de signification, en surajoutant les unes aux autres les terminaisons de divers cas. Ainsi on rencontre les terminaisons composées : ké-ro (dat. instr.), kè-ro-siè (dat. instr. abl.), etc.

Adjectifs. — En coréen, il n'y a pas d'adjectifs proprement dits. On les remplace par des substantifs ou par des verbes.

Quand un adjectif indique la matière d'un objet, sa nature, son essence distincte, et quMl peut, en français, se remplacer par un nom au génitif, comme dans les expressions : âme humam (d'homme), brise printanière (de printemps), cet adjectif se rend en coréen par un substantif que Ton place avant le nom qualifié.

Exemples : langue coréenne, isio-siôn-mal (Corée-langage) ; Toreille humaine, saràm-koui (homme-oreille). Le premier substantif reste toujours invariable, et le second seul se décline.

Les adjectifs qualificatifs, comme: bon^ grand, puissant, sont remplacés par des verbes, de la manière suivante. Si Tadjectil est seul avec le substantif, on se sert du participe relatif passé, qui se place avant le substantif et demeure invariable. Si, au contraire, Tadjectif est Tattribut de la proposition, le verbe se met après, au temps voulu.

Exemple : le verbe neutre kheu-ta signifie : être grand ; son participe relatif passé est kheun, qui a été grand, qui est grand. Les expressions : une grande maison, de grandes maisons, à une grande maison, etc., se diront : kheun tsip, kheun tsip-teul, kheun tsip-éké, etc. Si, au contraire, on veut traduire : la maison est grande, la maison sera grande, la maison était grande, on dira : tsip-i kheu ta, tsip-i kheu-ket-ta, tsip-i kheu-tôni, etc., en conjuguant le verbe kheu-ta dont tsip est le sujet.

On se sert presque toujours comme adjectif du participe relatif passé, parce que la qualité existe dans Tobjet antérieurement à Taffirmation qu'on en fait. Avec les expressions : digne de, propre à, probablement, etc., on emploierait le participe relalH futur, parce que ces expressions impliquent une nuance de fu tu ri té.

Tous les mots coréens peuvent devenir adjectifs, à l'aide def participes du verbe être ou du verbe faire. (Voir divers excraplef dans le Pater et YAve, pi. III, IV.)

Les participes relatifs employés comme adjectifs, deviennent quelquefois de véritables substantifs et se déclinent comme tels

IIITRODUGTIOIV. LXXXV

De même que nous disons en français : un égal, les petits, etc., OD dira en coréen : kàtheun-éki, à un égal ; tsiôkeun-eu-ro^ par an petit, etc.

Le comparatif s'exprime par les mots : td, plus, ou MI, moins, placés devant Tadjectif (participe ou verbe). Ex. : tô nap-ta^ être plus haut ; tôl peulkeun kôt^ la chose moins rouge {litt.^ BQoiDS rouge-étant chose). On peut employer aussi le verbe po-ta^ voir. Ex. : t saràm-i na po-ta kheu~ta^ cet homme est plus grand que moi {litt. cet homme moi voir étre-grand). — Enfin ffhîa peut s'employer avant les mots td et loi. Ex. : hè tàl po-(a tô nop-to, le soleil est plus haut que la lune {Htl. soleil Inné voir plus étre-haut); hè piôl po-ta tôl nop-ta^ le soleil est moins haut que les étoiles.

Le superlatif relatif se rend par le mot t$%oung-é, entre, parmi, qui précède Tadjectif. — Ex. : moteun saràm tsioung^ kheik4a, être le plus grand des hommes {litt. tous hommes entre être-grand).

Le superlatif absolu se forme avec les adverbes tsikeuk-hi^ Ms, extrêmement ; onf^ûm-t, entièrement, etc., placés devant Fadjectif. Ex. : tsikeuk-hi nop-ta^ très-haut {litt. extrêmement itre-haut).

Noms de nombre. — La langue coréenne n'a de noms que pour les unités et les dizaines.

1, hàna; 3, tout; 3, set; 4, net; 5, tasàt; 6, iôsat; 7, ilkop; 8, iôtalp ; 9, ahop; 10, iôl.

li, itfr-fctfna (dix-un); 12, iôl-toul (dix-deux), etc..

SO, seumoul; 30, siorheun; 40, maheun; 50, souin; 60, iimun; 70, irheun; 80, iôteun; 90, aheun.

Les noms : cent, mille, dix mille, etc., sont tirés du chinois, et quand on les emploie au pluriel , leur nombre doit être indiqué par les noms chinois des unités. Ex. : trois cent ioixante-cinq ans, le mot pe/c, cent, étant chinois, on ne peut pas employer le mot coréen sét, trois, et dire sét-pèk; il faut prendre le mot chinois sam, trois, et dire sam-pèk. Ensuite, si le nom de la chose comptée est coréen, soixante-cinq se dira en coréen ; si ce nom est chinois, soixante-cinq devra être également en chinois ; par conséquent, selon qu'on emploiera pour le mot : année, Texpression coréenne Aé, ou l'expression chinoise niôn^ on dira : samnpèkiisioun'tasàt hè, ou bien sam-pèk-niouk-sip-o nifti, trois cent soixante-cinq ans.

IjCs noms de nombres cardinaux se placent avant le mot dont

LIIXTI INTRODDCTIOll.

ils désirent la quantité. Exemple : ammotU-sarilm, i liommes.

Ces noms employés seuls peuvent se décliner comtnetm autres noms ; mais, placés devant un subslaoïif pour le quai ils deviennent adjectifs, et par conséquent restent invariabli

Les nombres ordinaux se forment en ajoutant aux non cardinaux coréens la terminaison tsè. Ex. : toul-tsè, deuiii ilkop-tsè^ septième. De même qu'en français on ne dit [ unième, en corûen on ne dit pas kàna-tsè, mais tchiSt-t premier. Les nombres ordinaux chinois s'obtiennent en pré aux nombres cardinaux le mot tiei. Ex. : tiei-sam, trois! liei-sip, dixième ; tiei-pék, centième. Ils s'emploient avi mois chinois, selon la règle expliquée plus haut.

Les noms de nombres ordinaux précèdent le substantif el invariables. Employés seuls, ils peuvent se décliner.

Pronoms. — Le coréen n'a que deux pronoms personnel: je, moi; et nô, tu, toi. Comme dans les autres langues même famille, c'est un des pronoms démonstratifs qui sert la troisième personne : il, lui. Le plus ordinairement empic lia, celui-là, celle-là, cela.

Na etnï se dâclinent suivant la règle générale. Deux ca lement font exception. Le nominatif, qui se forme avec I minaison ka, est pour la première personne : nè-ka au 1 na-ka ; pour la seconde : né-ka au lieu de nâ-ka. L'instruc de la première, personue est nal-lo, celui de la seconde est i Enfin, on trouve au datif, outre la forme régulière, les forme tractées : nè-kké, ne'-fcfce.

Le pluriel de la première personne est : ouri, nous ; ce la seconde : nôheuè, vous. On emploie égalemeoi d'autre riels dérivés des précédents : ouri-teul, nous ; nôkeué-têui Tous ces pluriels .se déclinent suivant la règle générale.

Chez toutes les nations, mais surlout dans les pays m

pronoms pcrsonoeU est restreinl par les règles de la pirtIU homme du peuple, s'adressant iM/ÊÊÊBAuîa, ne ^n' je ou moi, il tlira, en pnrlant^^^^^^ - — '

forte raison nedira-l-il p"» S^ litre voulu, c (leur, eic... !

oun,

Il n'y a pas de pronoi ce sont les pronoms nôheué, placés

par position, ei

INTROOUGTlOIf. LXXXVII

dire qa'ils demeurent alors invariables. Le substantif lide et prend, le cas échéant, la marque du pluriel. rail également employer le pronom personnel au génipar exemple : na-eué tsoé^ de moi le péché, au lieu de m péché.

noms et adjectifs démonstratifs sont : i, fîo, keu, (sa, is signifient : ce, cet, celui, celle, ceux, celles, ces. e les personnes ou les choses rapprochées, et correselui-ci, ceci, etc. — tid s'emploie pour les personnes »es éloignées, et signifie : celui-là, cela, etc. — keu personne ou la chose dont on vient de parler. — tsia iploient avec les participes relatifs des verbes. Ex. : tn tsia (salut ayant fait celui), celui qui a sauvé; rang hànàn pa (père-mère amour faisant celui), celui es parents. — tsia se dit des personnes, pa se dit des et des choses. .

; pronoms, quand ils ne sont pas joints à un substantif, it suivant la règle générale. Quand ils précèdent un

ils deviennent adjectifs et restent invariables, loms et adjectifs interrogatifs sont : nout, noukou^ qui ? lersonnes ; moudt^ quoi? pour les choses ; Snà^ dttdn^ * les personnes et les choses. iSnà signifie proprement : mtre plusieurs {quis) ; ôti^, quel ? de quelle espèce? Ex. : Snà saràm tnta, quel homme est-ce? ioan-i m être), c'est Jean, ôttdn saràm tnta, quel homme éak hàn saràm-i olsipAa (mal ayant fait, mal faisant e), c'est un mauvais homme. Ces pronoms se déclinent ont employés comme pronoms, c'est-à-dire isolément, ijectifs, ils restent invariables, om réfléchi est tsakeué^ soi-même, qui se décline régu-

On emploie aussi tsô^ tsé qui se décline comme le 5 la seconde personne n^, ne, etc..

pas en coréen de pronoms relatifs, on y supplée par ipes relatifs joints aux substantifs ou aux pronoms tifs, comme nous venons de le voir.

, conjugaison. — Il y a, en coréen, des verbes actifs et neutres, mais ces dénominations n'ont pas exactement îns que dans nos langues. Un verbe actif, en coréen, ui exprime une action, qu*ellc soit faite ou reçue par le ^lle se passe en lui ou hors de lui ; ce qui inclut les nsitifs, intransîtifs et passifs de nos grammaires. Fatre,

LXXXVllI INTRODUCTION.

pâtir, dormir, sont des verbes actifs. Les verbes neutres, qni seraient peut-être mieux nommés verbes qualificatifs ou verbes adjectifs, sont ceux qui expriment une qualité ou une manière d'être : être grand, être beau, etc. . .

Il suit de là que les verbes coréens n'ont pas de voix passive. Un y supplée par les divers modes du verbe actif, surtout pir les participes relatifs, ou bien par une inversion dans la construction de la phrase.

En revanche, les verbes coréens comptent au moins sept voix différentes. Outre la voix active ou verbe afiirmatif, il y a le verbe éventuel, le verbe interrogatif, le verbe négatif, le verbe honorifique, le verbe causatif, le verbe motivant, etc..

Comme plusieurs autres langues de la même famille, le coréen a deux verbes substantifs : it-ta, qui signifie Texistence pure et simple, et il^ta, qui signifie Tessence, la nature du sujet, it-ta veut dire : exister; il-ta veut dire : être telle chose.

Les verbes composés sont excessivement nombreux. Ils se forment par Tunion d*un substantif et d'un verbe, ou de deux verbes ensemble. — Tous les noms peuvent devenir des verbes par Taddition du verbe il-ta, être : homnie-être, f ère-être, etc. ; ou du verbe hà-ta, faire : travail-faire (travailler), joie-fairt (se réjouir), etc. — Quand deux verbes se joignent, le premier est au participe passé verbal, ou gérondif passé, et le second seul se conjugue. C'est de cette manière que la langue coréenDe supplée à ces prépositions qui jouent un si grand rôle dans les verbes de nos langues. Ex. : apporter se traduira par les verbes prendre et venir : ayant pris, viens (apporte) ; emporter se construira de la même manière : ayant pris, va (emporte].

La conjugaison coréenne est d'une simplicité toute primitive. 11 n'y a ni nombres, ni personnes. La même expression signifie : je fais, tu fais, il fait, nous faisons, vous faites, ils font. Si le sens de la phrase ne suffit pas pour indiquer le sujet, on fait prérider le verbe d'un pronom personnel. — Les modes sont : l'indicatif, l'impératif, Tinfinitif et les participes. Il n'y a pas de subjonctif ou optatif.

Dans chaque forme du verbe, il faut distinguer trois choses : la racine, le signe du temps, la terminaison. — La racine, ou le radical du verbe, indique purement et simplement l'état ou l'action que signifie le verbe. Elle est par conséquent immuable. — Le signe du temps indique si cet état ou cette action a eu lieu auparavant, a lieu maintenant, ou aura lieu plus tard.— La terminaison marque la différence entre les temps principaux

IlfTRODUCTIOIH . LXXX1X

les temps secondaires. Elle change ordinairement avec les «fses voix des verbes.

Les radicaux coréens sont de deux espèces : ceux qui rendent iréela consonne qui les suit immédiatement, et ceux, beaup plus nombreux, qui n'exigent pas cette aspiration. La teraison de Tinfinitif, qui est ta dans ces derniers, devient, dans iremiers, tlia. Ex. : hà-ta, faire ; no-tha, lâcher, es signes de temps n'étant autres que les participes verbaux, iporte, avant tout, de bien déterminer ce que sont ces partis, et de les distinguer des participes relatifs. Dans nos lan- , le même mot joue les deux rôles ; nous disons : dominant dère, il garda le silence, et : Thomme dominant ses passions ophera. Dans le premier exemple, dominant n'est pas un able participe puisqu'il ne participe pas de la nature de xtif, ce serait plutôt une espèce de gérondif. Dans le second dominant joue le rôle d'adjectif, et remplace le verbe avec relatif. Or il y a, en coréen, deux formes différentes de cipes^ pour exprimer ces deux sens difTérents. Les premiers les participes verbaux, et les seconds les véritables parti- , ou participes relatifs.

lÎDtenant, comment se forment les participes verbaux? — Le npe futur se forme en ajoutant au radical la particule ké ans les verbes en tha devient khé. Ex. : hà-ta^ faire, hà-ké, it faire ; no-tha, lâcher, no-khé, devant lâcher. — Le par- ) passé se forme en ajoutant au radical Tune des voyelles ô. Dans les verbes en tha, cette particule devient ha ou hd no-tha, lâcher, no-ha, ayant lâché ; nd-tha^ placer, nd-hô, placé. Dans les verbes en ta, la voyelle a ou J se joint au il soit directement, soit à l'aide d'une lettre euphonique. hà'ta, faire, hà-iô, ayant fait ; tsô-ta, boiter, tsd-^, ayant ; sin^tà, chausser, sin-d, ayant chaussé. Les verbes dont le al est en a, n'ajoutent rien. Ex. : tsa-ta, dormir, tsa, ayant

3- — Les règles euphoniques à observer dans la formation du participe verbal, étant assez compliquées, le dictionnaire, tout en donnant les sa rmfinitif, indique toujours ce participe.

n'y a pas en coréen de participe verbal du présent. C'est le iâlpur et simple qui en tient lieu. En effet, dès lors que la ièrc d'être ou l'action affirmée par le verbe n'est rapportée «passé, ni au futur, elle est, par cela même, au présent itud. Ce présent suffit pour les verbes neutres, puisqu'ils riment seulement un état, une manière d'être ; il suffit, par

XCIV INTRODUCTION

Od voit que les règles de la civilité compliquent terriblement les règles de la grammaire. — 3^ Beaucoup de terminaisons sont usitées, pour indiquer certaines nuances de sens : l'affirmation, la possibilité, le doute, la probabilité, Tespérance, le reproche, etc. etc.. — 3*" Enfin, il y a des terminaisons spéciales pour indiquer que le sens de la phrase est suspendu ou terminé, en un mot, pour remplacer la ponctuation.

Ces diverses particules terminatives s'ajoutent : les unes au radical, les autres aux participes verbaux, d'autres à la terminaison régulière, d'autres enfin à l'une ou à l'autre forme indifTéremment. De plus, elles se surajoutent et s'agglutinent très-souvent les unes aux autres, pour former un sens complexe, lequel est la résultante des sens de chaque fragment séparé. On conçoit qu'avec un pareil système, applicable aux divers temps et ^ux diverses voix de chaque verbe, la somme de toutes les terminaisons simples ou composées que peut avoir un radical s'élève à un chiffre énorme: Les Coréens en comptent plusieurs milliers, mais dans les listes qu'ils en donnent^ il faut retrancher beaucoup de composés qui sont, non des terminaisons, mais de véritables phrases. Ainsi, par exemple, ils comptent parmi les terminaisons des verbes le mot (té, temps (ou son locatif ttè-é), qui se joint aux participes relatifs pour signifier : lorsque : hàn-ttè-é, lorsqu'il a fait ; hàl-Uè-é, lorsqu'il fera.

Un mot seulement des terminaisons qui constituent la ponctuation et remplacent la virgule, le point, le point et virgule, les deux points, signes inconnus dans l'écriture coréenne. — La virgule s'indique le plus ordinairement par la terminaison ko, quelquefois par mid, ou par io (du verbe %l~ta), ou isio (du verbe honorifique m-to). La conjonction : et, en coréen oa, koa^ hoa, les formes du vocatif a, ta, id, peuvent également indiquer une virgule. — Le point et virgule se rend par les terminaisons miô^ hàni, tm. — Les deux points sont indiqués par les terminaisons a, ia^ iô d'un participe passé, lorsqu'une énumération doit suivre, et parla particule té, lorsqu'on va citer les paroles de quelqu'un. — Le point est exprimé par toutes les combinaisons de particules qui se terminent en ta on ra: niray intra, nanita, nantota^ tota^ tosoita^ et par d'autres encore comme siosid, etc. (Voyez le JPatér et VAve Maria en coréen, pi. III et IV).

Adverbes. — Les adverbes simples sont en assez petit nombre. Ex. : tô, plus; toi, moins; tto, encore; miôt, combien; man, seulement, etc. Ces mots ont été ou sont encore de véritables

INTRODUCTION. XCV

substantifs, signifiant : le plus, le moins, etc.. Parmi les adverbes composés, les uns sont des substantifs, adjectifs, ou pronoms mis au cas voulu, le plus souvent à Tablalif, au locatif et à instrumental. La plupart sont plutôt des locutions adverbiales. Ex. : ônà'Uè (quel temps) quand ? ; tiô-ttè (ce temps-là), dernièrement ; tsion-é (dans le devant) , avant ; hou-^é (dans l'arrière), après ; iô-keué, ici ; xô-heui-siô^ d'ici ; tiô-keué^ là; tiô-kené sid, de là ; tt(hhan^ aussi ; han-katsi-rOy ensemble ; ôttôkhé, comment ; etc. Les autres adverbes composés se forment des verbes neutres en ajoutant au radical i, At, kei, kheiy Ex. : polk'i, évidemment; kateuk-hi, pleinement; kheu-ket^ grandement; etc.

Postposttions. — Elles tiennent lieu de nos prépositions. Les principales sont celles qui servent pour la déclinaison, il y en a une ou deux autres. Ex. : Aiiri, avec. Les Coréens en comptent un certain nombre, qui sont en réalité des locutions postpositives. Ex. : po-ta, en comparaison de {liit. voir) ; isoung-é^ dans, parmi; tV/fdfta, par ; oui-hàiay pour. Ces deux dernières sont des participes verbaux qui gouvernent Taccusatif.

Conjonctions. — La conjonction et se traduit par oa quand le mot précédent finit par une consonne , par hoa lorsqu'il finit par une voyelle. Souvent aussi on emploie ko, seul ou avec le radical M du verbe faire : hà-ko. Ces particules étant plutôt des participes continuatifs que de véritables conjonctions, se placent après le mot, et doivent être répétées après chacun des mots ou des propositions que l'on veut relier ensemble. Ex. : kenl-sseu-ko tsèk'po'ko, écrire-et lire-et. Les autres conjonctions sont : Aofc, ou; manàn, mais; pirok^ quoique, etc.. On rencontre aussi des locutions conjonctives. Ex. : iônkoro, donc {litt. par le être ainsi).

Interjections. — Les principales sont : éfco, hélas ! ; é, é, fi ! ; ana, iôpo, eh \;ia, holà ! etc.... On peut aussi rattacher aux interjections les deux formes ordinaires de l'affirmation : onta, oui (du supérieur à l'inférieur), te, oui (de l'inférieur au supérieur).

§ 3. — Grammaire (syntaxe;.

Le principe fondamental de la syntaxe coréenne est celui-ci : le mot qui gouverne est invariablement placé après le mot qui est gouverné. D'où il suit que : — dans la déclinaison, la préposition indiquant le cas change de place, et devient postposition

XCVI INTRODUCTION

parce qu'elle gouverne le nom; — le nom au génilif précède celui qui le gouverne ; — l'adjectif ou participe relatif précède le nom auquel il se rattache ; — l'adverbe précède le verbe ; — le substantif précède le verbe par lequel il est gouverné, etc.. La forme invariable d'une phrase coréenne est donc : 1^ le sujet précédé de tous ses attributs, s'il en a ; 3° le régime indirect au cas voulu, précédé également de ses attributs ; 3^ le régime direct précédé de tout ce qui s'y rattache ; 4® enfin le verbe, précédé des adverbes, etc., lequel termine nécessairement la phrase.

Cette règle générale sera suffisamment complétée par les observations suivantes.

Souvent on omet le signe du pluriel, surtout dans le langage ordinaire de la conservation. Ex. : seumou saràm, vingt hommes, pour seumou saràm-teul.

On omet aussi volontiers le signe du génitif. Ex. : naniou-nôp, feuille d'arbre {litt, arbre-feuille), au lieu de namou-eué nôp. Dans les mots tirés du chinois, cette exception devient la règle absolue. Ex : thiôn-tsiou-kiông^ prière du maître du ciel {litt, ciel-maître-prière)

Quand divers noms sont reliés par des conjonctions, le dernier seul prend le signe du cas, les autres restant invariables. Ex : nakoui-^a màl-koa kè-éké tsouôttàpnàita^ j'ai donné à l'âne, au cheval et au chien.

Les mots chinois sont très-employés, à l'exclusion des mois coréens, par les gens de la haute classe et par les habitants des villes; les paysans eux-mêmes s'en servent quelquefois. En pareil cas, les adjectifs, noms de nombre, adverbes, etc., qui accompagnent un substantif ou un verbe chinois, doivent aussi être chinois. Jamais on ne met un adjectif coréen à un nom chinois, et réciproquement.

Quand plusieurs adjectifs se rapportent à un seul sujet, le dernier adjectif seul prend la forme ordinaire (participe relatif) ; les autres sont au radical avec la conjonction fco. Ex : kôm-ko heuê-ko peulk-ko pheur-àn pit. Les couleurs : noire, blanche, rouge et bleue.

Dans uneénumération, contrairement à nos idées de politesse, le pronom je ou ynoi se met le premier. Ex. : na-hàko apôtsihàko ôrnôni-hâko tong-sàing-hàko nounim-hàko aki-hàko tsalteuritta. Ce qui signifie littéralement moi-et, père-el, mère-et, frère-et, sœur-et, petit enfant-et, bien (portants) être.

Quand les termes d'une énuraération sont des verbes h Tinfinitif, le dernier seul se conjugue, les autres sont au radical suivi

INTRODUCTION. XCYU

de la conjonction ko. Ex : pallo-to ssao-ko^ soneuro-to ssao-ko niro^to ssaoat-ta. Us ont combattu des pieds, des mains et des dents. {LiU. par pied aussi combattre-et, par main aussi corn* battre-et, par dent aussi ils ont combattu).

Généralement les choses inanimées ne peuvent pas être le sujet d'un verbe. En pareil cas, on tourne la phrase d'une autre manière.

Quoique les verbes actifs gouvernent Taccusatif, le signe de ce cas est très-souvent omis après les régimes directs, surtout en conversation.

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