‹ Histoire de Léon X et de son siècleChapitre 6 sur 53 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

l'ange; car, sans cela, comment oublier jamais cette croisade contre les couvents qu'elle provoquait partout sur son passage?

Voilk les plaintes que ât entendre la réforme par la bouche de ses apôtres, mais dépouillées de cgsl injures qu'elle leur donnait pour ornement ordinaire. Notre devoir était d'en vérifier la sincérité dans cette Rome chrétienne d'abord, dont elle avait prédit la chute et marqué l'heure dernière. Il y a longtemps que la papauté serait tomfa^ée , si elle eût ressemblé k l'image que Luther en a tracée.

Nous avons cherché sérieusement k étudier la papauté sous deux sortes d'aspects , telle qu'elle s'est produite k la Renaissance : comme fille du Christ dans ses manifestations spirituelles, comme puissance mondaine dans ses actes humains. Nous la verrons sous ces deux représentations ressusciter les lettres chrétiennes et païennes , fonder des gynmases , élever des chaires aux sciences , fouiller la terre pour y chercher des statues, appeler lès Grecs chassés de Gonstantinople , et les loger k l'Esquilin; favoriser le mouvement des imaginations vers l'antiquité profane, en même temps qu'elle ouvrira de nouvelles voies k l'herméneutique sacrée; livrer pour toile les murs de la Sixtine aux grands peintres de l'époque ; donner le couvent hospitalier de Subbiaco k de pauvres ouvriers allemands apportant en Italie le bel art de l'imprimerie, que Léon X appelait une lumière nouveUe descendue du ciel ; bâtir un palais pour les livres , un autre pour les statues, un troisième pour les tableaux ; chercher au delà des mers les manuscrits d'écrivains classiques ;

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