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plus durable que celle qui trouve ici-bas son prix dans Tadniiration et les applaudissements des hommes; et cette gloire, que Dieu seul peut donner , il faudra bien la lui restituer quand nous le verrons , dans le cours de sa vie , si
courte et si pleine, pratiquer tous les préceptes de l'Evangile , qu'enfant il avait étudiés a Florence ; conserver dans l'exil cette chasteté de mœurs qui défia , suivant l'expression d'un écrivain contemporain, jusqu'au soupçon luimême ; vivre, en voyage , k la manière des chrétiens de la primitive Église ; jeûner , prier , et , rude k lui-même , faire maigre trois fois la semaine, répandre autour de lui d'abondantes aumônes; et, quand Dieu l'eût constitué chef de l'Église, donner au monde le spectacle des vertus chrétiennes les plus éminentes.
Nous le verrons, au concile deLatran, poursuivant l'œuvre glorieuse commencée par Jules II , et qui devait s'accomplir k Trente : la réforme de l'Église. Il y a bien longtemps que la papauté travaillait k l'amélioration morale du clergé : elle voulait une réforme; Nicolas V, Sixte IV, Innocent YIII , en avaient proclamé la nécessité. Que si vous cherchez dans le cahier des doléances écrit par l'Allemagne k Nuremberg , vous n'y trouverez pas un des griefs que les Ordres ont formulés et auxquels la papauté n'eût déjk tenté de faire droit. Certes , s'il est une page où Léon X se montre dans toute sa grandeur chrétienne, c'est k Latran, quand il écoute les gémissements des cœurs catholiques , et que sous sou inspiration le concile promulgue ces règlements dont la sagesse n'a point été assez appréciée , qui vivent encore , et
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qui seront comme l'éternelle couronne de TÉglise et du vi- Caire de Jésus-Christ. Nous donnerons l'analyse des actes du concile , et Ton nous dira si Léon X faillit à sa mission apos tolique. Ouvrez les livres de tous ceux qui ont écrit la vie de ce pape; historiens et biographes passent les yeux fermés
devant ces travaux évangéliques.
Nous Tétudierons aussi dans les lettres écrites sous les
noms de Bembo et de Sadolet, œuvre incontestable du pape,
j parce qu'on y reconnaît k chaque ligne les qualités de son
esprit, de son cœur et de son style. Il en est de toutes sortes, adressées kdes rois tels que François P' et Henri VIII; k des humanistes tels qu'Erasme et Lascaris; k des poètes tels que l'Arioste et Vida; k des artistes tels que Raphaël. Ce n'est plus Ik le Léon X que nous accompagnerons au Vatican , dans la basilique de Saint-Pierre , au palais de SaintJean-de-Latran , au gymnase romain , k Florence , k Bologne. U est seul dans son cabinet d'étude , seul avec son correspondant , auquel il dit tout ce qui lui vient sur les lèvres ; et en vérité , si dans ces confidences intimes il est des pages pour la pohtique, l'humaniste, l'artiste et le lettré, il en est un bien plus grand nombre pour le chrétien qui veut, ayant tout, entendre le vicaire de Jésus-Christ. Ne cherchons pas ailleurs l'histoire du pontife , c'est-k-dire son âme : elle est Ik tout entière. Pour nous , c'est plus d'une fois que nous avons ouvert ce recueil précieux ; nous le laissions pour y revenir ; il nous semblait , en lisant ces lignes écrites par Léon X , qu'il vivait encore , qu'il était k nos côtés, qu'il nous parlait; et, comme ce camérier qui, k la