‹ Histoire de Léon X et de son siècleChapitre 12 sur 61 · II. f · texte numérisé non relu

II. f

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Carteromachus, est chargé de compléter l'éducation de Jules de Médîcis , désigné par le pape pour remplir le siège vacant de Florence (1). Spagnuoli (le Mantouan), qui assistait au concile de Latran , va représenter dans divers États la œur de Rome. Ce n'est pas la première fois qu'il aura pris fantaisie au pape d'habiller un poëte en diplomate. Valeriano a donc tort de se plaindre du sort des gens de lettres. Poëte , lui aussi, il dut remplir par l'ordre du chef de l'Église diverses ambassades , et il s'en acquitta k la satisfaction de son maître. Favorino , dont nous parlions tout k l'heure , l'auteur du Thésaurus Cornncopiœ et Horti Âdonidis^ recueil alphabétique de règles granmiaticales auquel Manuce avait travaillé (2) , reçut d'abord de Léon X le titre de bibliothécaire , puis celui d'évêque de Nocera , dont il avait été nommé archidiacre par Jules II (3). La mitre était une juste récompense décernée aux travaux et aux vertus de l'humaniste, qui gouverna dignement son église. Quand Favorino avait dit l'âge d'un manuscrit, Bembo s'inclinait respectueusement ; quand il avait prononcé sur une question littéraire ^ Sadolet se taisait ; quand il recommandait un suj^et k la bienveillance du saintsiége , Léon X faisait expédier le lendemain même le brrf sollicité. C'est ainsi que Jean-Marie Varano reçut la couronne ducale quelques jours après que Favorino Tetit demandée au pontife. Le savant,, k son tour, professait pour le pape une sorte de culte. Dans la préface de sa traduction latme des apophthegmes grecs recueillis par Jean Stobeo, et qu'il dédia k Sa Sainteté, ce n'est pas seulement son livre , ses livres

(1) Valerianas, de lit. lofel., p. 119-120. Âmstd. 1647, in-13.

(2) Multa enlm addidi , plurima immutavi , adj ayante interdum Urbano, divi Francisci fratre optimo. — Âld. in prœfat. Thesauri Cornucopias , studiosis omnibus. — Maittalre, t. i , p. 246 , note.

(3) Zeno , Gior. d'ital., t. xix , p. 106.

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passés, ses livres k venir qu'il ofire au pape, mais son corps et son àme(i).

Quand le prince ne peut donner des manuscrits , des statuettes, des tableaux, une mitre, un chapeau rouge, une couronne ducale , il fait cadeau k l'un de ses protégé , professeur k Rome , d'un terrain oii bientôt s'élève une maison élégante sur le fronton de laquelle on lit :

Leonis X, Pont. Maxim, liberalitate, Jacobus Brixianos Ghirurgas ,

iEdiflcavit (2),

Au gymnase romain étaient diverses chaires de médecine oii montèrent des praticiens distingués , Barthélémy de Pise et Jérôme de Gubio , qui, brouillés un moment et divisés sur quelques points de doctrine , en appelèrent au jugement du monde savant (5).

Attentif au mouvement de la science médicale , et suivant l'exemple de ses ancêtres, Léon X fit venir k Rome les grandes célébrités qui brillaient en Italie. C'est ainsi qu'il s'attacha Bemardino Speroni (4) , lecteur extraordinaire k l'université de Padoue , et Jérôme de Sessa , que Paul IV,

(1) ... Ut qui tibi jampridem meas opéras meque totum dediderim , meaque studia accepta referam. — Zeno , Giorn. d*ltal., t. xix , p. 110.

(2) Degli Archiatri Ponteflci ^ vol. primo , nel quale sono i supplément! e le correzioni air opéra di Mandosio , p. 317-318 , in Roma, in-4o, 1784, t. II.

(3) Bartholomsi Pbyslci servi Papœ Âpologia , vel quorundam à se dictorum et à Hieronymo de Eugubio concurrente suo impugnatorum defensio , sive purgatio. RomaB , per Stephanum Buttireti , anno 1519.

(4) Ob famœ celebritatem à Leone X Romam summo studio et amptissimo prsmio ad ejus sanitatem tutandam accersitus, apud eam in summo honore fait. — Ânt. Riccoboni , Oration. vol. ii ; OraUo in obitu Speronis Speronii , p. 48. — Âgostino Beazzano, Lettere d1 diversi al Bembo. Venez. lâdO, p. 136. — Scardeone,de Antiqait. urbis Patavii,

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plus tard, voulut inutilement décorer de ta pourpre romaine, que le médecin refusa pour achever en paix son petit livre ascétique : Golumba décora.

Dans le programme des cours du gymnase nous trouvons une chaire spécialement affectée à renseignement de la vertu des simples, ou de ce qu'on nommait la medidna erbaria. Cosme P' fut un des plus ardents protecteurs des sciences botaniques (1). Par ses ordres, des naturalistes parcoururent les montagnes de la Toscane , les campagnes de Rome , les collines de l'Etna et du Vésuve , cherchant partout k compléter la flore médicale de l'Étrurie. Non content de fonder pour la-propagation des plantes sanitaires un jardin près du couvent de Saint-Marc , où plus d'une fois nous avons surpris en prière le frèfe Savonarole , il s'était mis k étudier le règne végétal avec tant de succès , qu'il consigna dans un livre écrit de sa main les propriétés de quelques-unes des plantes dont il avait expérimenté les vertus (2).

C'est une heureuse idée dont il faut remercier la papauté, que la fondation au collège de la Sapience d'uoe chaire de botanique appliquée k la médecine , la première dont s'honore l'Italie (3). Pendant que le professeur étudiait , dans l'intérêt de l'humanité , les vertus de ces plantes dont Dieu para nos champs , des officines s'élevaient k Rome , oîi le pauvre venait chercher des remèdes qu'on lui délivrait gratuitement. La papauté avait fait quelque chose de plus

(1) Gius. d€l Rosso, rOsservalore Fiorentino, t. xi , p. 49-50, in-18.

(2) Razzi, dans les Vite de' santi beatl deir ordine de' Gamaldoli» donne à de Sessa le titre de bienheureux.

(3) Facciolati dit, en parlant.de Padoue : Primus in hoc gymnasio , atque adeo in Italiâ... publicè docuit de simplicibus Franciscus fiona- Ûdes, anno 1533. — Sia corne ci vogUa, remarque Gaetano Marini : ne Padova, ne Bologna potrà da ora in poi movere a Roma qaestioiie di pri> mato in ciè. — Lettera , etc., p. 75.

admirable encore dans le treizième siècle. Quand ces gantelets de fer , ces grands seigneurs feudataires du Saint-Empire , opprimaient leurs vassaux , Rome chrétienne ne se contentait pas de s'interposer entre le maître et l'esclave ; après avoir sauve la liberté humaine , l'àme , c'est-k-dire , die cherchait k guérir le corps; et l'un de ses pontifes, Jean XXI, écrivait, sous le nom de Trésor des Pauvres\ m petit livre où l'artisan, l'ouvrier, l'homme du peuple, apprenaient , k l'aide de quelques recettes simples , faciles et peu coûteuses , k se délivrer des maladies dont Dieu les visite dans cette vie.

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