CAUSES DE LA REKOAME
muue; pour certains prélats, hommes de camp bien plus que de presbytère, l'absolution du recel des produits des indulgences, qu'ils gardaient dans leurs mains (1); pour les pauvres paysans attachés k la glèbe , comme ceux qui se révoltèrent en Frauconie , le droit de pécher dans l'étang de leur seigneur , de couper l'herbe de ses prés , de cueillir l'épi de ses champs ou le raisin de ses vignes ; puisqu'il est , disent-ils, comme eux enfant du même père, qu'il se chauffe au même soleil, qu'il aspire le même air, et que, bien plus, ils travaillent quand il dort, qu'ils font l'office de sa monture, qu'ils bêchent, ensemencent, plantent et arrosent pendant qu'il est k table avec ses courtisans.
A ces causes diverses , qui hâtèrent le triomphe de Luther, * ajoutons le mouvement imprimé k l'esprit humain par l'invention de l'imprimerie; le discrédit oii étaient tombés certains moines de Cologne, depuis leur malheureuse lutte avec Reuchlin ; les querelles des théologiens et des humanistes ; les sarcasmes d'Érasme contre diverses pratiques des catholiques ; les fureurs de Hutten contre les Italiens, et nous comprendrons Myconius, qui nous dit que c la parole de Luther marchait comme si elle eût été portée sur les ailes d'un ange. > Seulement Myconius se trompait sur la nature du séraphin : ce n'était point un ange de lumière , nous en avons pour garant un historien protestant : Hume affirme que la logique ne fut pour rien dans les progrès du luthéranisme (2).
(i) iEneasSylv., de Mor. Ger., Op., p. 1049. (2) Histoire de la maison de Tudor sous Henri VH , ch. m. — Maie- Tille , I. c, p. 55.