CHAPITRE IV
LA VATICANE —TACITE.— MAP«JSCRITS.— 1614-f5i5.
La sacristie sert d'abord de blbllotbèqsf: à dos églises. — Premières bibliothèqaeA eathoUques. — Soins des papes pour la consenatlon des manuscrits. — Nicolas V est le créateor de la Yaticane. — Ingblrami est nommé oooserratear de cette btbliotbèque par Jules II. — Béroalde loi succède sous Léon X. — Rechercbe des manuscrits- — Léon X achète des moines de Corbie quelques lirres Inédits de Tacite. — li Teot publier une édition des œuvres de cet historien, et en confie le soin .1 son bibliothécaire. — Un imprimeur de Milan reot contrefaire le Tacite. — Léon X cbarçe on gnnd nombre d'humanistes d'aller à la découverte des livres anciens. -^ Ses libéralités envers les savants. — Mosums, Lascarls. Aide Mannee^
La sacristie servit d'abord de bibliothèque k nos églises. L'évéque pensait avec raison que les actes de notre foi ne pouvaient reposer plus sûrement qu'k côté des vases sacrés destinés k la célébration des saints mystères (1). Justinien appelle la sacristie le trésor de nos chartes (2). Le Skeuophylax, ou Keimeliarque dont il parle, gardait k la fois et les diptyques €t les registres ou livres de Févêque (3). Plus tard on comprit la nécessité d'affecter un local particulier aux livres du culte. Au cinquième siècle, Févêque Paulin, en bâtissant une église k Nola , réservait dans Tédifice une salle spécialement destinée aux arcUves chrétiennes (4). Quand le nombre des manuscrits se fut accru , alors vint
(1) MabUIoQ , de Re diplomaticà , i , 2 , 8. — Fontanioi , Vindlcis. i ^ e. 2 , 4. —Friedrich Blâme , Iter Italicum, 1. 1 , p. 4.
(2) Nov. 74, C. 4, g 2. 'Eu toî« rHç dMq à-yiwTotTYj; éxx).Yi<TÎa; ol^X^oiÇj, TouTÉoTtv èv Tfa> iXiCLfil xeipmXio^uXoucui).
(3) Thomassin.* de Benef.» t. 2, p. 103, no 14.
(4) Paulini Ep. 12 . ad Severum.
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ridée toute naturelle d'en confier la garde k quelque personne de confiance : le conservateur catholique au sixième siècle porte le nom àdscriniarim^l) ou de chartularius. Au septième siède, nous trouvons k Constantinople un chartophylax attaché au service du patriarcbei Ce cartophylax n'est autre que le bibliothécaire du pape k Rome , qui dans les anciens temps est appelé tantôt cancellarius , tantôt nolarim (2).
Toutefois la sacristie garda longtemps le dépôi des titres de notre foi dans des armoires de chéna dont un prêtre- seul devait avoir la def.* Â. côté des manuscrits des Évangiles étaient {dacés des traités élémentaires destinés k l'instruction des jeunes lévites. En Italie , chaque jour après la grand'messe, un prêtre ouvrait l'armoire, en tirait une grammaire, et expliquait aux enfants de chœur rassemblés autour de lui les règles de la syntaxe latine (3).
La première notion certaine, que nous ayons de l'existence de bibliothèques ecclésiastiques ayant quelque importance est tirée d'une lettre de Jérôme kPammachius, m 394 (4). Plusu tard nous voyons saint Augustin doter l'église d'Hippone d'une collection précieuse d'ouvrages (5). Mais longtemps avant lui le pape Antère (258) formait, au rapport
(1) Âssemani, Bib. Vat. cod. mas. 1756.— Apud Romanos Uli qui libres sacros servant scripiarii nuncupantur.^ Isid., Orig. xx , 9«
(2) Thomass.,de Benef.
(3) ConciL Vasense, ti, as 529, c. 1. ( Concil. Gall. collectio), 1789, f. P. I, p. 955. — Secundùm coDsaetudinem quam per totam Itallam satis salobriter teneri cognoyimus, Janfores rectores*.. erudire contondant. —Thom. II, 1 , p. 88 , no 10.
(4) Revolve omnium quos supra memoravi cemmentarlos , et ecclesiarum bibliotbecis fruere , et magis concito gradu ad optata cœptaque pervenies. — Hier. Ep. 52 . Op. t. iv , ep. ai , éd. Paris , 1706.
(5) Aur. Âugust. 4b Hseresibus, ad Quodvult deum... c. 87 , Op. t. VIII , p. 20» éd. 1700. — Possidii , Vita Augastini , c. 31 , in Aug. op. t. X, p. 188;