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les politiques*; il aimait ritalic eu tict;à ou au delà des révolutions. Il l’aimait d’un profond et généreux
* Iæs homiiH's de celle taille font l.i peliliquc des idée*, puisqu'ils seul les rois du monde moral. Vasari a dil :
« 1.0 ciel d.ans sa bonlé réunil el l'a sur un homme ses dons les plus précieux ; il marque d'une lelle empreinle loutcs les actions de cet heureux privilégié, qu'elles semhlent plulôl témoigner de la faveur de Dieu que de la puissance du génie humain. Léonard de Vinci, dont l'inlclligencc, la heaulé et la gnke, ne seront jamais asseï vantée*, fut un de ces élus. Il triomphait de tout, même de l'impossible. Sa force, son courage, son adresse, avaient quelque chose de rojal cl de magn.aniinc; aussi sa renommée, éclatante |iendant sa vie, fut plus éclatante encore après sa mort. •
Vasari, le plus ancien historien de Léonard, a presque indiqué d,ans sa légende rapide toulcs les pages de cette vie si pleine; mais comme l'ont dil les excellents traducteurs de Vasari, Jeanron et Li'clanclié, dans leurs commentaires, • la manière dont il groupe el expose les faits pourrait donner à cette vie une phjsionomie d'inconséquence et d’inconstance sous laquelle on l'apprécierait mal. L'inquiétude d'un grand génie, qui a reçu pour mission d'initier son époque à tant de choses nouvelles, ne prouve point l'inconstance de sou humeur, mais plulôl la conviction de sa force et la conscience de son devoir. Le proiuicr en date entre les artistes les plus éminents de sa prodigieuse é[>oque, le Vinci fut soumis à la logique du temps, qui veut qu'on s'elforcc d'agrandir et de perfectionner les princi|<es de l'art avant d'en multiplier les exemples. La recherche des causes permanentes et les lois immuables de la natuie, le développement de tous les procédés et de toutes les ressources techniques, tel fut le grand oeuvre de Léonard ; et c'est quelque chose qu'on ne peut circonscrire sans injustice. Si I on dit que Léonard a laissé h la postérité beaucoup de travaux inachevés, il faut ajouter en regard qu'il avait coin- )ilétc son influence et ses enseiguements. s
amour celle noble Italie loulc rayonnanle de lumière. S’il SC mullipliail à loule heure, c’clail bien moins pour sa gloire à lui que pour la gloire de l’ilalic. Il voulail qu’elle se surpassai encore par scs enfants et par scs œutres. Il ne se contentait pas de la doter de chefs-d’œuvre, il avait créé pour elle le grenier d’abondance en fertilisant la Lombardie.
On l’a donc condamné un |)cu vile pour avoir écrit philnsopbiqucmcnl sur la couverture d’uii de ses manuscrits :
« Fuis les orages! — Le duc Sforza a perdu l'Elat, ses biens et sa liberté. — Aucun de ses ouvrages n'a été achevé*. »
C’est là toute l’oraison funèbre. Il ncjelle pas, comme eût fait Dante, son cri de désespoir sur sa seconde patrie violée, envahie, saccagée « par les barbares. » S’il ne pleure pas sur le sort de celui qui fut son maître et son ami, c’est qu'il voit de plus haut. Les «barlurcs » laissent debout tous les monuments de Milan. Loin de comprimer l’art, ils le ravivent. Loin de rui-
* Sur la couverture du douzième volume de ses manuscrits, Léonard avait écrit des mots qui sont comme une leçon donnée par tes evenements : I 11 castellano fato prigione. — 11 VUconte strascinato e pni mnrto il iigliulo. — Gau délia Dosa toltoli i danari. — Bergunzo principio e not valle c poï tuggè le fortune. — Il duca perso lo stato e la roba e la liberté, o nessuna sua opéra si fini per lui. •
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ner ce beau pays, ils y amènent la fortune, comme le Nil dans son débordement. Léonard sait bien que les étrangers passeront et que la patrie restera. Toute sa |)oliliquc est donc la gloire de ITlalie. Voilà ce qui explique Léonard, Voilà pourquoi, quand Ludovic Sforza est chassé de Milan, le grand peintre s’en va à Florence avec ses amis, sans presque retourner la tête. Voilà pourquoi, sur l’appel de Louis XII, il retourne à Milan, sans s’offenser, refaire les mômes arcs de triomphe, les mômes trophées, les mêmes fêtes, sans peut-être prononcer le nom de Ludovic Sforza.
Le Moyen-âge dominait encore la Renaissance jiar la terreur. Louis XII n’avait pas brisé la cage de fer de Ixiuis XI, François F' allait bientôt faire brûler Étienne Dolet; voilà pour la France. Le nom de Borgia résume toute l’Italie de ce temps de guerre et de meurtre. Savonarolc avait crié le miserere de l’Italie, et on l’avait brûlé vif. Léonard de Vinci criait : Gloria in cxcehis I
Le crime conduit au crime ; Ludovic, après avoir usurpé le trône de Galéas, appela les étrangers en
ET LÉONARD DE VINCI lül
Italie, croyant que le sang de la guerre effacerait riiisloire de sa félonie. Le roi de Naples, Alphonse d’Aragon, qui avait marié sa fille à Galéas, menaçait Ludovic de le jeter au pied du trône usurpé. Ludovic alluma l’incendie qui devait le dévorer; ne pouvant faire la guerre lui-même, il eut l’art de mettre en campagne le roi de France, Charles VIII, qui se laissa prendre à cette politique. Mais aux premières victoires des Français, il trembla que toute l'Italie, meme son duché de Milan, ne fût bientôt la conquête de son allié ambitieux. Ce qu’il avait fait contre Alphonse d’Aragon, il le fit contre Charles VIII; il prépara une ligue italienne pour cha.sser d’Italie celui qui l’avait préservé des foudres de Naples.
Cette tragi-comédie politique réussit au second acte comme au premier; mais au troisième acte, Louis Xll, qui avait succédéà Charles VIII, passa les Alpes comme un torrent et s’empara du Milanais.
Ludovic eut sa revanche avec l'empereur Maximilien et les Suisses, mais ce ne fut que la revanche d’une heure; trahi par la fortune, trahi par les siens et trahi par lui-même, il fut pris à Novarre, enchaîné sans miséricorde, conduit è Loches, ou il demeura prisonnier jusqu’à sa mort : dix années de colère, de do uleur et de repentir
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Après Iti conquête de Gênes, en 1507, Louis XII voidul entrer à Milan en triomphateur ; il voulut aussi l'aire la conquête de Léonard de Vinci. 11 écrivit à la Seigneurie de Florence pour prier — et cette prière était un ordre — qu’on lui cédât le peintre florentin, dont il adorait les ouvrages ; il le savait à Milan, mais sur le point de retourner à Florence ; il ne voulait pas séjourner dans la seconde patrie de Léonard sans entrer dans son intimité. Legrand peintre, le grand architecte, le grand ingénieur, n’était-il pas l’âme de cette ville, alors si désolée, qui n’était plus à ellemême?
« Loys, |).ir la grâce de Dieu, roy de France, duc de Milan, seigneur de Gennes ; Très-clicrs cl grans aniys; jiour ce que nous avons necessaircinenl abcsongnes de niai:tre Léonard Avinsi, painlrc de voslrc cité de Fleurance, et que entendons de luy faire faire quelque üuvraige de sa main incontinent que nous serons à Millau, qui sera en brief, Dieu aidant, nous vous oiions, tant et si affectueusement que faire povons, que vous veuillez estre eontens cpic le dit maistre Léonard besogne pour nous pour ung temps qu’il aura aebevé l’ouvraigc que nous cnteiuious luy faire faire, et incontinent ces lettres par vous reeeues, luy escripvez que jusqiies à nosircdicle venue à Millau, il ne bouge de delà, et en nous actciulant luy ferons dire et deviser t'ouvraige que nous entendons qu’il face ; mais cscripvez-luy de sorte qu’il ne se parte de ladiclc ville jnsques à uostrcdietc venue, ainsi que j'ay dit à voslre ambassadeur pour le vous es-
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cl iprc ; et vous nous ferez très-^'i ant plaisir en ce faisant. Trèschers et gratis amys, noslrc Seigneur vous ait en sa garde. »
Georges d’.^mboisc, qui avait un sentiment du grand art comme le comprenaient les Italiens, le fit sans peine partager à Louis XII, déjà initié. Tous les deux comprirent que la vraie lumière était au delà des monts.
Comme Charles VIII, Georges d’Amboise s’était ému en présence des monuments de Home; la ville éternelle ne lui avait paru désirable que par la vue des merveilles du Vatican, comme le duché de Milan par les chefs-d’œuvre de Ivéonard de Vinci; « il ambitionnait la gloire de commander au compas de Bramante, au ciseau de Michel-Ange, au pinceau de l>éoiiard et de Haphacl. »
Pour Louis XII, la conquête du Milanais sttns Léonard de Vinci n’était donc qu’un corps sans âme. lajonard fut nommé peintre du roi de France*, à .Milan. Il SC tourna bientôt vers la France, disant de lx)uis XII, noire roi : « Son cœur était déjà tellement naturalisé français, qu’il appelait Louis Xll notre roi lrè$-clirélien. » Il donna les dessins des arcs de triomphe, et ses disciples lui disaient: « Vous y passerez, car c’est vous qui êtes notre gloire. »
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