‹ Histoire de Léonard de VinciChapitre 25 sur 69 · I. A AI 0 R T · texte numérisé non relu

I. A AI 0 R T

Le pape voulut (pic Michel-Aiiÿc AU enseveli dans son œuvre cl dans sa "loire — dans Saint-Pierre. — Ma is Florence déroba pieusement la dé|X)uille de son fils le plus "lorieux jiour lui donner son panthéon — l’église de Santa Crocc.

Ces trois maîtres illustres se sont beaucoup préoccupés de leur mort et de leur tombeau, Raphaël luimême qui mourut si jeune. On sait qu’il travaillait au tableau do la Tranitfifjuration quand il sentit venir son heure; un vent funèbre, comme a dit le poète, passa sur les roses et les moissons. Il n’oublia personne en mourant ; il dota celte Marghcrila, qu’il n’eut pas le temps d’épouser; il h'-gua sa belle maison au cardinal Bibiena, la fortune de son père à la confrérie de Santa Maria délia Miscricordia, son atelier et les merveilles de son atelier à scs disciples Jules Romain et Francesco Penni. Il n’avait pas attendu son dernier jour pour songer à son tombeau : il avait choisi le Panthéon. IVjà il avait fait restaurer un des tabernacles; d’après sa volonté, on construisit un caveau sépulcral sous l’autel. Cet autel fut enrichi de la statue de la Vierge de Lorenzello, et, pour achever celte œuvre funèbre, Raphaël consacra mille scudi d’or à l’achat d’une maison dont le revenu devait servir àrontrelien de la chapelle et au payeinent

(les messes à dire jtbiir le repos de son orne. Celle maison, qui existe encore, est connue sous le nom de V hnniaginc, mais ses revenus n’onl',nièrc servi (ju'à l’eiilrelenir elle-même, elle ne donne plus de quoi dire douze messes j)ar an. En moins de trois siècles, la meilleure arilliniélique est mise à néant. Le temps déjoue tous les calculs : mille écus d’or, qui vaudraient aiijourd’liui soixante mille francs, ne valent |)lus douze messes par an !

Kapliaël mourut le vendredi saint, le joui’ anniversaire de sa naissance, un an après l.éonard de Vinci. Ce fut une douleur inexprimable dans la ville éternelle. Le divin jeune homme, comme on dit alors, fut exposé dans sa maison sur un catafalque tout éloilé de lumières, devant sa dernière œuvre, laTransfign- Tous ceux qui l’avaient aimé, tous ceux qui n’avaient pu le voir encore, vinrent s’agenouiller cl pleurer.

Voici deux pages d’une lettre du temps, Marco- Anlonio-.Michiel de Ser Vetlor h Antonio di Marsilio :

• Le pape lui-même en a ressenti une douleur immense ; il avait envoyé au moins six fois, pendant les quinze jours de la maladie, cliertiier des nouvelles. Vous [louvcz doue juj;er de ce que lirent les autres. Et comme, précisément le même jour, le palais du pape fut menacé d’écroidemenl, à ce point que Sa

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