‹ Histoire de Léonard de VinciChapitre 33 sur 69 · LA M 0 11 T · texte numérisé non relu

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Leonard de Vinci nionrnt le 2 mai 1519, dans son château du Clos-Lucé, neuf jours après avoir fait son testament.

Une fois couché sous les dalles de Saint Florentin, t|uc se passe-t-il?

Kst-ce un Français ou un Italien qui composa cette épitaphe rapportée par Vasari? fut-elle soumise à Fran(;ois F'' pour être ■■ravée sur la ]iierre qui recouvrait l'illustre peintre?

lEo.NjinDus visxics! eiîiii l■I,^nA? mviMN ingesium,

UIVIXA MANCS

bUOHI IX SIND IlEGIO HEIIUERE.

VIRTUS ET FORTUXA HOC MOXÜJIEXTCll COSIIXCERE GRAVISS. lUPEXSIS CURAVERUXT.

ET GEXTKM ET PATRIAM XÜSCIS : TIBI GLORIA ET INCEXS SOTA est; MAC lEGITUR RAM LEOXARDIS IIGMO.

PERSPICUAS PICTl'R.E l'MDRAS, OLEOQLK COLORES n.LIL'S AXTE ALIOS UOCTA MAXUS POSCIT.

IHPRIHERE ILLE IIONliaM, IIIVCH OVOQUE COIIPORA IX AERE, ET PICTIS AXIMAM FIXGETE XOVIT EOtlS*.

■ lA'nnard de Vinci! que dire de jdus ? Son génie divin, sa niaindirinc, lui méritèrent de mourir dans les Li-as d'un roi. Sa

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Esl-ce le latin d’un Fiançais ou d’un Italien? Cette épitaphe porte-clle la date du seizième siècle?

La plupart des épitaphes du lem[>s, pour ne pas dire toutes, sont écrites en français. Je doute fort qu’il ait jamais été question d’inscrire celle-ci dans l’église on dans le cloître de Saint-Florentin.

Melzi, tout à sa douleur, tout aux funérailles de son cher inaitro, qui, selon sa dernière volonté, ne dut être enterré que quatre jours après sa mort, fut près d’un mois avant d’écrire aux frères de Léonard; il était exécuteur testamentaire; il cul sans doute quelque peine à mettre d’accord Salai cl Villanis, qui, on le sait, emportèrent en Italie une bonne part des dessins et des ébauches du maître. D’ailleurs, Melzi ne voulut rien faire sans le bon plaisir de François I". Les historiens qui, comme Stendhal, ont parlé de son voyage à Saint-Germain, auraient dû comprendre qu’il n’allait [las trouver le roi [lour lui apprendre la

VLi tu et sa fortune ont uni toutes leurs ressources pour lui élever ce mon U mont.

Tn coin., vsa famille et sa patrie. Sa gloire immense t’est bien connue , car celte terre recouvre Léonard. Sa main savante plus queccllc d'aucun antre a su dispo-er pour le plaisir des jem les ombres de la peinture, eldislribiier tes couleurs à l'imile. 11 avait le secret de rendre les corps do l'Iiommo et ceiu des dieux, habitants do l'air ; et son pinceau donnait la vie aux chevaux.

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mori de Léonard, [juisque le roi avail rccucillison dernier soupir, — je le prouverai plus loin, — niais pour lui monirer son Icslamenl el pi endre ses ordres louclianllcs œuvres inachevées du peintre du roi.

Voici la lellrc de Melzi aux frères de Léonard de Vinci :

Amboiee, le premier jour de juin 1510.

(I Au seigneur Julien et autres honorables frèrrs de Léonard.

( Je crois que vous aurez eu connaissance de la mort de maitre Léonard, votre frère, lequel eut tonjoiirs [xiiir moi la tendresse du meilleur des pères. Il me serait im)X)ssiblc de pouvoir exprimer la douleur que me cause ce cruel événement ; tout ce que je puis vous dire, c’est que laiit ()ue mon corps aura nu reste de vie, j’éprouverai un chagrin mortel, comme je le dois, puisque Léonard ne passait aucun jour sans me donner des preuves des sentiments les plus affectueux. Cet homme si rare, qu'il n’est plus au pouvoir de la nature de reproduire, est regretté universellement. Que Dieu tout-puissant veuille bien lui accorder maintenant un éternel repos ! Il mourut le 2 mai, bien disposé à recevoir les sacrements de l’Kglise.

( Léonard avait une lettre du Itoi Très-Chrétien, (|ui lui permettait de faire un teslament, et de laisser son bien à qui il voulait, e,re;«/)to f/inx/ liœrede.'i xiijijilirantis sinl reç/riicolœ ; ce qu’il n'aurait pu faire sans cette letli'C, qu’il avait obtenue de la bonté de François I". Tout son héritage eiU été perdu quant à ce qu’il po.'sédaiten France, puisque telle est la coutume de ce pays. Maitre Léonard fit donc son testament, que je vous aurais envoyé si j’avais pu le confier à une personne sûre. J’attends un de mes oncles qui vient me voir, lequel repartira

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d’ici pour Milan : je le déposerai eu ses mains ; et, de celte manière , il vous sera remis fidèlement , ne trouvant, jusqu’à cette époque, aucun autre moyen de vous le faire parvenir.

Il Voici ce que contient ce testament pour ce qui vous concerne : « Maître Leonard possède à Sainle-Maric-Noiivellc , a dans les mains du canici lingue, en billets, quatre cents écus, a lesquels sont au cinq [xiur cent, et cela depuis six ans passés, a à compter du 1''' octobre |irochain ; il avait aussi un domaine U à Fiésole, qu’il donne à ses frères par portions égales. » Son teslamenl ne contient aucune autre disposition qui vous concerne.

a Je ne vous dirai rien de plus, sinon que je vous offre à tous ce que je vaux et ce que je puis: vous me trouverez toujours très-disposé et tuiit prêt à seconder vos volontés. Je me recommande à vous conlinuelicnient. Faites-moi répofise par lesGondi, comme votre frère.

a François Melzi*. »

Melzi, sans doute retenu par François I", ne parle pas de son retour en Italie, où Vasari Je retrouve avec des clieveu.x blancs.

Que deviennent Villanis et Sala’i? Sont-ils encore en France? Sont-ils déjà partis? L’histoire de l’art ne s’occupe pas de Villanis. Selon Lanzi, Sala'i a profité des leçons et des esquisses du maître. A son retour en

‘ Cette lettre, trop courte, serait le seul document sérieux polir riiisloirc de la mort de Léonard, si plus tard YasaH n’avait connu Melzi quaud il écrivait la Vie des peintres italiens.

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