LA MORT
Italie, il a tenu boutique des tableaux de Leonard de Vinci, aebevant ce qu’il avait trouvé commencé, copiant quelques tètes avec le secret du maître, mais n’y pouvant fixer cette Ame qui rayonne sur toutes les œuvres du grand peintre*.
Quelques historiens font mourir Léonard de Vinci à Fontainebleau, où la cour ne venait guère alors qu’aux jours de grande chasse. Peut-être Léonard n’al-il pas meme vu Fontainebleau, dont il ne parle pas dans ses manuscrits; ce qui est certain, c’est qu’il
*, • Sous le rapport du dcvoucniciit fdial, Salai fut comme le pnciirseur de Melzi ; il suivit son maître îi Florence après la chute de Louis le More, puis A Rome après l'eipulsion des Français de la Lombardie, > — puis enfin en France. — « Il fut plus particulièrement cliargc de la ge.stion deses affaires domcstiiiucs ; ce qui eïpliqucpourquoi il est appelé l’élève cl le serviteur de Léonard, expression qu’il ne faut pas prendre dans une acception trop risoureuse, comme si ses fonctions auprès de lui avaient été purement celles d’un mercenaire. Les traits et la physionomie do Salaïno avaient aussi celte ri'»gularitc et cotte pureté qui pouvaient donner ou compléter un type de beauté évangélique, et c'est à ce titre qu'il figure quelquefois dans les tableaux religieux de son maître. • Rio.
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n’y a pas un soiivcnir de lui à Fontainebleau, ni dans les œuvres d'art, ni dans les archives de la ville et du château.
Louis XI avait habité son palais à cages de fer cl à gibets de Plessis-lès-Tours ; Charles VIII n’aimail que son château d’.Vinhoise, qu’il avait institué en musée; Louis XII UC voulait vivre, en scs jours de paix, que sur les bords de la Loire.
Ceux qui font arriver Léonard de Vinci â Fontainebleau et qui l’y font mourir, Dan, Félihien et Vatout, ne savaient-ils donc pas que le châtwiu de Fontainebleau n’était aloi’s qu’une maison de chasse, et que Franijois 1" n’avait pas encore l'idée d’en faire son Vatican, — une inlroduelion à Versailles? — Ce n’est qu’ajirès la mort de Léonard de Vinci qu’Aiulré del Sarleest ap|)elé, non pas encore pour le château, qui ne sera rebâti que vingt ans plus lard, mais pour la chapelle Saint-Saturnin. Voici un extrait de lettre du roi, de décembre 1529, qui fixe une date :
« Pour acrroilre, agr.iiulir et aiscr le bâtiment que prdsciitenient nous faisons construire et édincr en notre cbàle! et maison (le Fontainebleau, en la forêt de llière, icelui embellir cl décorer de place, jardin et pourpiis convenables, ainsi qu'il appartient ; attendu qu'avons intention et sommes déliliéré y faire ci-après la plupart du temps notre résidence, pour le plaisir
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ijiie nous prenons audit lieu et aux déduits de la chasse des hêtes rousses et noires qui sont en la forêt de Bière et aux environs ; nous est convenu prendre et recouvrer de nos chers et bien aimés les ministres et religieux de l’ordre de la Sainte- Trinité, étant audit lieu de Fontainebleau, 1^ moitié du lieu où est de présent située la grande galerie faite pour aller dudit chàtcl en leur église et logis de l'abbaye, leur jardin et leur grand clos des prés, celui de piésent où est notre écurie, avec leurs étangs et viviers, la maison du cbapelain qui souloit être dans ledit château, et dix-sept maisons d'aucuns habitans du lit lieu qui étoient contiguës et joignant à notre dit chàtel... >>
En 1528, œmme ledit liès-juslemenl un historien, l’espacc! manquait aux projets de Krançois T''; on 1550, les artistes manquèrent à l’espace. Ce fut seulement onze ans après la mort de Li'onard de Vinci que le Rosso vint avec sa colonie de peintres et de sculpteurs. Parmi les |>cintres, on remarque Leonardi, un Flamand italianisé : je ne doute pas que plusieurs historiens n’aient confondu le Flamand Loonardi avec Leonardo da Vinci.
Et d’ailleurs, comment Léonard de Vinci, qui dictait son testament à Amhoise neuf jours avant sa mort, serait-il allé mourant d’Ainhoise à Fontainebleau? Ce n’est pas lui qui est allé au roi, c’est le roi qui est venu h lui.
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Tous li's historiens, même M. Cliarles Blanc, dans sa belle élude sur le peintre de la Cène , se sont trompés sur une question de date ; ils ont jugé que le testament était de 1ü18, cl que Léonard n’était mort qu’en 1519. Mais ils auraient dû sc souvenir que, sous François 1" encore, l’année commençait à Pâques, et non à la Circoncision. Or le testament de Vinci étant du avril 1518 avant Pâi/ues, et la mort étant venue pour lui le 2 mai 1519 après Pâqties , cvs deux dates ne sont séparées que par neuf journées.
Parmi ceux qui font mourir Léonard à Fontainebleau, faut-il citer M. Valoul*, riiislorien des rési-
‘ tlje goiU Jos arts, que François I” avait rapporté d’Ilalic, fut plus agréable .V la nation que ces querelles religieuses ; et elle accueillit avec ti-ansport la transforinalion ilu vieux uiannir de Fontainebleau en un vaste atelier royal, où les artistes italiens étalaient aux regards surpris tes merveilles de leur poétique patrie . De ce nombre était l.éonard de Vinci, que nous citons p,articuliérement, parce qu'il avait dans la ville d'Ainboise un petit château que l'on montre encore aux voyageurs, sous le nom de château de doux. -Millin, dans son Voyage du Midi, prétend que c'est là que mourut ce grand peintre, et non à Fontainebleau dans les bras du roi ; il ajoute que c'est Ittelxi qui en porta la nouvelle à François 1", alors à Saint-Germain-en-Laye. Nous qui, dans notre livre sur Fontainebleau, avons adopté la versioncontraire, sur la foi du père Dan cl de Fébbien, nous ne pouvons nousempècber de faire obsi^rvcr i|ue si Léonard était mort à Amboi.se, on aurait, à défaut de monument dans l'église de Saint-Florentin, retrouvé du moins son nom sur le registre des personnes qui y ont été enterrées. » (V/VIOCT.)