I. A H 0 II T
Ix>s sceptiques qui ont raillé, avec leur légèreté habituelle, le récit de Vasari comme une fable inventée pour la Morale en action dos rois, n’ont-ils donc pas lu, en feuilletant Vasari, qu’il avait bt'aucoup connu Melzi à son retour de France? 11 ledit lui-même dans son étude sur Léonard :
« lia plupart des dessins d'aiuitumicqui sont dans les livres de Léonard de Vinci appartiennent à messer l’i-ancesso da Melïo, gentilhoinine milanais, noble et beau vieillard (bello e gentil Vecchio), qui du tenqis de Léonard était un bel el gracieux enfant fuit aimé de lui. i
Mais pourquoi, disent les sceptiques, Melzi luimême n’en dit-il pas un mot dans sa lettre célèbre aux frères de Léonard de Vinci ? N’est-ce pas un événement qui doit tout dominer, même le testament?
Je répondrai que Melzi ne croit pas, dans celte Ict- Irc, annoncer aux frères de Léonard la nouvelle de , la mort de son illustre maître : « Je vous crois, leur écrit-il, informés de la mort de maître Léonard, » ou bien, si on ne traduit pas comme Stendhal : « Je crois que vous avez eu connaissance de la mort de maîire Léonard. »
Fl lorsque, plus loin, Melzi parle « de cet homme si rare, universellement regretté, » il est. convaincu que les regrets ne s’arrêtent ni à Amboisc ni à Paris;
D R I, R 0 A II II n E VINCI
il croit que le liniit de celle mort, alors inattendue, est allé jusqu’à Milan, jusqu’à Florence, jusqu’à Home. Qui sait si la première nouvelle n’en a pas été donnée aux frères de Léonard par une lettre de François l'"^ lui-même, ou encore par Villanis ou Salai?
Ceux qui trouvent la légende trop poétique et trop royale disent que, si Léonard fût mort dans les bras de François I", Melzi n'eiU pas oublié de le dire, puisqu’il n’oublie pas d’indiquer la date cl l’élat de l’ame de son illustre maître. Peu l-r-tre Melzi nevoulail-il parler que du roi des cieux : o Léonard sortit de la présente vie le 2 de mai, avec tous les sacrements de l’Kglisc. »
Melzi ne vonlait peut-être pas mêler les choses toutes spirituelles aux choses de ce monde. Mais dans scs conversations avec Vasari, c’est lui, à n’en pas douter, qui a rappelé les derniers moments de son illustre maître.
L’épitaphe célèbre consacre la vérité de la légende. « Son génie divin, sa main divine, lui mérilèrentde mourir dans les bras d’un roi. »
Au temps du Poussin, le traducteur français du Traité de peinture de Léonard, M. de Chambray, conte à peu près comme Vasari la mort du peintre de la Cène. \aî dernier traducteur , qui avait fait un