I. A CÈNE
Leonard fùl un des jncillciirs chimistes de son temps, les couleurs de celle création furent si mal préparées, (ju’il ne reste plus de lui que le dessin ombré au bitume. Et encore ce bitume lui-même est-il presque éteint.
Lorsque Raphaël Morghen voulut graver celte splendide page, il fut obligé de recourir à toutes les anciennes copies faites du temps de Léonard, pour retrouver l’esprit évanoui du maître. La gravure est belle; c’est un chef-d’œuvre de patience, de dessin, d’expression, mais retrouve-t-on L'onard? Où sont celle science de la lumière, ces éludes variées presque à l’infini des mains, des pieds, cl même des cheveux de chacun des personnages de la Cène"! Morghen s’est souvent substitué au grand maître, aussi sa gravure n’esl-elle qu’une traduction libre, ou plutôt qu’une
(le «011 réfectoire en les porlanl it soixante brasses de longueur sur quinze de largeur. On donna à peindre l’un des chevets à Vinci. Le sujet de la compo.silion, choisi ou iinposi;, fut la dernière Cène du ChrisI avec scs disciples. On mit è la disposition de l'artiste tout le mur du fond, dans sa largeur et dans la inoitiii de sa hauteur. Léonard y appliqua vaillamment sa composition ; une gr.inde lahlc en travers, Christ assis au milieu, de chaque côté six api’itres. Ixs ligures sont moitié plus grandes que nalure,ainsi que l'exigeaient tes dimensions de la salle.
En opposant les caractères, en allernant les physionomies, en variant les erfets, les attitudes, les mouvements, La;onard a composé un tout équilibré et harmonique.
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vague imilalion du slyle, de la grandeur et de la concision savante de l’original.
La Cène est l’œuvre par excellence de Léonard de Vinci : il y a épuisé sa science, son inspiration, son génie, lia répandu sur cette page tout ce que renfermait son cœur, son esprit, son <àmc‘. Et il avait si peu mesuré les limites de son imagination qu’il les a dépassées avant de l'avoir finie ! La figure du Christ est restée inachevée, car, — disent les historiens de Léonard, — ayant épuisé ses forces à peindre les apôtres, il ne trouva plus d’expression assez digne pour représenter le Christ.
Ne serait-ce pas plutôt qu’il jugea que la divinité voilée du Christ ne pouvait pas être rendue par des lignes humaines ?
Ce qui paraît prouver que le grand artiste n’avait pas reculé d’ahord devant la tète du Christ, c’est le carton dont parle Winkclmann , au chapitre I du livre IV de son Histoire de l'Art. «Si cela paraît une innovation choquante quede représenter le Christ sans
* Ame loiilo chréliemic, mais avec les vastes liorisoiis du mande nouveau. M. Heinl Didahorde a dit : « Inslrull par l'Évangile, nn petit enfant en sait plus long cl plus \r.ii cpie les sept sages de la Grèce sur les mystères du cœur et sur la destinée de l'Jine. Ainsi des peintres eliréliens eide la doctrine que leurs œuvres revèlenl. s Léonai-d était surtout pénétré du l'Évangile du Beau.