‹ Histoire de Léonard de VinciChapitre 53 sur 69 · A CÈNE · texte numérisé non relu

A CÈNE

rapprocliant de la couleur de la noix. Son visage ressemble peu a celui de Pierre, si ce n’est par les Irails généraux qui indiquent une commune origine. Les autres traits révèlent des sentiments individuels. La différence des caractères était grande entre les deux freres. Faire leurs visages plus ressemblants qu ils ne le sont , aurait été une faute.

11 est facile de reconnaître dans la ligure de Jacques le filsd’Alféc, cousin de Jésus. Sa ressemblance frappante avec le Aazarécii, est décrite dans le commentaire de Nicülo di Lira, à propos d’un passage de Paul. Paul écrivant aux Corintliiens leur dit que Christ apparut, séparément, à Jacques. Et le commentateur ajoute que ce fut, non-seulement à cause de l’amitié qui existait entre eux, mais à cause de leur ressemblance. Malermi, auteur d’une traduction et d’un commentaire des 17e.v dm Saints, que Léonard étudia pendant qu’il travaillait à la Cène, dit au sujet de Jacques : « Cet apôtre passe poulie frère du Seigneur, parce qu’il lui ressemble en tous points, si bien qu’on les prend l’un pour l’anlre. .\ussi les Juifs, on allant arrêter le Christ, eurent besoin d’un signe de reconnaissance, le baiser de Judas. Judas était le familier, le serviteur du

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Clirlsl, et le distinguait parfaitement de Jac<|ues. » Ignace, à son tour, dans la lettre à Jean l’Evangéliste, confirme cette ressemblance. « Si cela m'est permis, je veux aller du côté de Jérusalem pour y voir le vénérable vieillard Jacques, surnommé le Juste, lequel, dit-on, ressemble à Christ, par la figure, par sa vie, par sa manière de converser, comme s’il eût été son frère, né de 1.1 môme mère, le même jour. Et l’on m’assure qu’en le voyant, il me semblera voir Jésus- Christ dans toutes les parties de son corps. » Léonard suivit cette tradition. On peut s’en assurer en examinant ce qui reste de la figure de Jacques dans l’original et en étudiant les copies qui en ont été faites, fandis que dans les copies les têtes des apôtres varient, celle de Jacques garde toujours plus ou moins le type du Christ.

L’attitude de cet apôtre est très-simple : Jacques se retourne comme Pierre vers Jean pour s’éclairer sur le sens des paroles du Christ. 11 semble espérer que Pierre saura de Jean le secret du maître. Un léger haussement des sourcils, un faible écartement des lèvres, indiquent assez l’inquiétude d’un homme qui s’informe, le doute dans l’âme, hésitant et altéré. La modération de son caractère ne permettait ni un moirvenient de colère, ni un geste violent. Il appuie

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