I. A CÈNE
la main clioile sur l’épaule d’André, cl étend la main gauche comme pour montrer ou pour chercher Pierre qui en ce moment ne veut connaître que le traître. La draperie aussi est d’une grande simplicité. Léonard a voulu continuer dans les vêtements la ressen'lhl^ncc traditionnelle de cet apôtre avec Jésus. Il lui donne une tunique d’une coupe et d’une couleur se rapprochant de celle du Sauveur. Comme Vinci était obligé de mettre dans la inème composition deux têtes semblables, il évita le danger, en faisant l’une de prolil, l’autre de face, tout en maintenant au personnage principal la pose que les anciens ont nommée, avec raison, pose de majesté.
La sixième place, à table, de ce côté, la dernière, est occupée par Barthélemy. On ne reconnaîtrait point celte figure sans l’inscription de la copie d’Üg- ■giono. L’Évangile dit peu de choses sur cet apôtre. l’Iusicurs auteurs se demandent môme s’il n’est pas A'ataniel, dont parle beaucoup Jean qui ne nomme jamais Barthélemy. Bossi rappelle son origine égyptienne ou syriaque, qui le fait noble, paysan, ou laboureur. Voici ce que dit Malermi dans ses Vite de' Sanli, que Léonard consulta souvent : Dans la légende, le portrait de Barthélemy est décrit par une
idole indienne, dans le corps de laquelle se trouve le diable. «Ses cheveux sont noirs et crépus, sa peau rcsl blanche. 11 a les yeux grands, le nez effilé et droit, la barbe longue et peu de poils blancs, il est vêtu d’un manteau blanc doublé de pourpre. Depuis vingt-six ans scs vêtements et ses chaussures ne sont ni uses ni sales. » L’idole ajoute que Barthélemy était servi à table par des anges; qu’il était fort, de joyeuse humeur et disait la bonne aventure. Four le nez effilé et la couleur des cheveux de cette figure, Léonard ne s'est pas trop éloigne de la description légendaire. 11 le tit brun et plus robuste que les autres figures, voulant peut-être indiquer ainsi son origine égyptienne ou son état de laboureur. 11 s’éloigna de la légende pour les vêtements. La légende couvre Barthélemy d’une tunique blanche sans man- , ches, et d’un manteau également blanc, orné depourpre et de pierres précieuses. Ixionard pensa qu’un pareil vêtement était trop peu apostolique.
11 lui donna une tunique bleue ou violet- clair, et un ample manteau vert, attaché par un nœud sur l’épaule droite à la manière des chlamydes agrafées avec des boucles. La manche de la tunique est riche. Serrée par un ruban jaune sous le deltoïde, elle descend, avec des plis très-minces.
el suit les conlours du bras jusqu’au poigiicl. La (unique, comme celle des autres ligures, est longue el tombe sur les talons, bien qu’on la distingue à peine dans sa partie inférieure masquée par la draperie du manteau el par le croisement des pieds.
La pose de cet apôtre se distingue clairement de toutes les autres. Elle est en rapport' avec la place qu’occupe la figure loin du Cbrist. L’apôtre voit, entre ses voisins, .îacipies interrogeant Pierre, André, acéablc el silencieux, Pierre interrogeant Jean. Il n’espère pas avoir d’eux la vérité. Doutant de ce qu’il vient d’entendre, il se lève en .s’appuyant des deux mains sur la table, pour se rapprocher du Christ el mieux .saisir ce qu’il va dire. Il était d'abord assis, les jambes croisées. I.K*onard, cherchant à accentuer, jiar le contraste, rinstanlanéité du mouvement, laisse la ligure dans la même position, lui fait plier les genoux, cl la .soutenant, en lui appuyant les mains sur la table, lui donne une expression si juste qu’il est im|iossible de mieux présenter un homme inquiet, ne sachant j>as s’il a bien ou mal entendu.
Jacques le .Majeur, qui va former le groupe de gauche, est assis à côté de Jésus. Il semble frappé d’effroi. Il se rejette en arrière et ouvre les bras; par
son iitliUicle et par l’expression de son visage, il indique celte commotion subite qn’on é|)iouve à la vue d’une infamie brusquement présentée. Sa tète est penchée en arrière comme celle d’un bomme vivement saisi d’horreur. Les sourcils sont baissés et conlraelcs; le regard est lixe et incertain, la bouche ouverte et la poitrine soulevée.
La légende catholique donne à cet apôtre un tempérament ardent, facilement excitable, porté à la colère, non à celle colère brutale qui inspire à Lierre des sentiments de vengeance, mais à cette colère que ressent riiom me contenu à la vue d’un crime, qui, sans le pousser à prendre une arme, trouble sa conscience. Guidé par cette donnée, Léonard a différencié cette figure de celles de Pierre et de Thomas qui l epréscnlenl l’emportement et la menace*.
■ Quelques écrivains, Gallarali, Coctiiii, la Lamie, ont prélenitu que celle ligure avail un double pclil doigl à la main gauche. Voici l’explication la plus rationnelle de cette main ’a six doigts.
L'apùtre, en ouvrant les lira.s, étend la main gauctic sur la lalile,-el couvre on partie la main d'un apôtre voisin Ces deux mains sont placées de telle façon que leurs doigts suivent la même direction. On voit cependant le dos de l’une et la paume de l’autre. Celte seconde main n'est pas bien visible. D'abord elle est recouverte, presque totalement, par l’autre ; puis elle se trouve comme isolée au milieu des draperies des personnages qui pressent et enveloppenl pre.squc la figure b laquelle elle app.articnt. Un ne voit rien du coude. Le niouvemcnl
Li U'Ie <le Jaccjucs le majeur ressemble à celle de Jacques le Mineur el du Christ *.
f>a ligure de Thomas se penche derrière celle de Jacques le Majeur. 11 lève le doigt de la main droite en signe de menace. La main gauche tient encore tà la table et semble saisir vivement un couteau. Son caractère est le même que celui de Pierre.
Ira tradition religieuse ne parle guère de Philipite, dont la ligure exprime la plus grande douceur, une amitié [)rofondc, une abnégation absolue. Elle rappelle le caractère de ^ean, mais avec plus d’expres-
csl il'iiccorit avec l'atlitudv de la Tigiirc, mais la main n'a ni bras ni draperie de rappel. Le leinps, l'ignorance du premier retoucheur de la Cène, ont fait, peu à peu, disparaître cette main peu ajiparente, et n'ont laissé subsister que le petit doigt.
Sur cette main h six doigt.s, il n'eiislc aucun document. Les écrivains de l’époque de Léonard n'en disent rien. A la dernière retouche do la Cène, te sixième doigt a disparu. Dans les gravures modernes, ce doigt el cette main ne sont pas indiqués. On les retrouve dans les gravures de la Cène faites entre la première retouche et la dernière. Cependant, en regardant l'original de bien près, ou finit par découvrir, il travers l'cmpàlement des retoucheurs, une croûte légère, ajant la couleur de la chair, et indiquant que là il a dû y avoir une main. Il n'est donc pas question d'une main à six doigts, mais d'une main appartenant à une figure, et qui a été supprimée.
’ Dans .son livre, Bos,«i donne la gravure d’une belle tète du Christ traîne au Calvaire, d'après un dessin original du Vinci. Cette tète ressemble, par l'expression générale des traits, la forme du nei cl de b bouche, à celle de Jacques le Majeur.
sion. Ce sont les conlemplalifs. En enlcndanl les paroles du maître, Philippe reçoit une vive commotion, se l»:vc en appliipiant ses mains sur sa poitrine et, par tonte son attitude, proteste de sa foi et de son dévouement.
D’après la plupart des écrivains, la ligure tournée (le profil vers les deux derniers convives, avec si's mains vers le Christ, représente l’apôtre Mathieu. Cette altitude est double et bien trouvée. Elle établit un lien entre les différents éléments du groujie de gauebe, et n'c'mpèebe nullement la figure d’f-tre en rapport avec le personnage principal. Ees vc'temenls de l’évangéliste sont variés. La tunique est d’un bien-gris; le manteau est azur avec une doublure jaune un peu fanée. La manche de la luniipie, ample à la naissance du bras, est serrée an coude, et va en se rétrécissant, comme celle de Barthélemy. L’ensemble de la figure révèle un homme d’un esprit cultivé cl d’une condition plus fière que l’esprit apostolique.
Thaddéca une altitude qui indique la consternation, une incertitude douloureuse. Il est quelque peu tourné , vers son voisin. Par le mouvement de la main droite, par la manière de poser la main gauche sur la table, par la direction du regard en sens opposé à celui de
I, A CÈNE
la lôlc ol on lui faisant baisser les angles de la boucJio, Léonard a su donner à cette figure une attitude originale, en harmonie avec l’ensemble de la composition. II en est peu qui disent mieux que celle-ci ce qu’elle sent et ce qu’elle pense*.
L’apùtre Simon est assis gravement au bout de la able, en face de Barthélemy. Beau caractère à la Vinci. Philosophe grec imprégné du sentiment chrétien
Barthélemy, croyant avoir mal entendu, se penche en avant comme pour demander à être éclairé. Simon, (|ui a compris sur le sens des paroles du Christ, reste immobile, tout entier à sa douleur et à son incertitude sur le nom du traître. Cette douleur et cette incertitude sont clairement indiquées par l’attitude de la ligure; c’est la même onction, c’est la même Ame qui illumine le visage et adoucit l’expression. Un large pallium enveloppe la ligure et le siège sur lequel elle est assi.se. L’apôtre avec la main droite se couvre de la draperie, les bras et toute la partie inférieure du corps, et avec la main gauche
'Cette figure a été trés-altérco par le tenjps cl les rolourlies. Aiijmirirhiii il est iiiiposiiihlc il'en découvrir de vraies traces sur l origitial. Mais son expression a été si iielteinenl rendue et .avec tant de vigueur (|uc toutes les copies la présentent avec un grand relief.
Digilized by tjOOg:
DE [. É 0 N A D D DE VINCI n«l
il la ivjelle sur l’épaule, d’où elle relombo en gros [ilis. La couleur de l’éloffe est jaune dans les parties éclairées cl rouge brun, dans les parties ombrées. La tunique est blanche avec des mancbes riches, un peu moins étoffées que celles du Christ et de Jacques le Majeur.
Mais c’est vainement que la plume tente d’indiquer cà larges traits cette composition biblique et épique à la fois. C’est le triomphe de la vérité et du sentiment. Comment exprimer aussi bien que le pinceau de Léonard celle grande action pacifique qui montre un Dieu déjà rayonnant de l’auréole du ciel, mais baissant les yeux avec tristesse devant la trahison de la terre.
Léonard place son action dans une. salle dont le < plafond est soutenu par des poutres ipii le coupent à angles droits et s’appuient sur une architrave à double rouleau. I/CS murs latéraux sont tendus de tapisseries appli(|uées sur des panneaux, — quatre de, chaque côté, — laissant entrevoir des ouvertures dont il est diflicile de déterminer la destination. Ces ouver-
LA C È N E
luressonl effacées dans l’original. Dans le fond, au milieu, une porte avec des pieds-droils et deux fenêtres sans ornements. On voit un ciel pur et des montagnes qui se perdent aux lointains horizons. Les tapisseries sont couvertes d’arabesques rouges sur fond vert. Le parquet est longé de bandes suivant la direction des poutres et dans le sens de la longueur de lasalle. Ces bandes, d’un jaune clair, se détachent sur le rouge ocre. Les murailles et le plafond ont une teinte cendré clair que les ombres et les reflets n’altèrenl point.
L’architecture est toute biblique. Elle n’a rien du triclinium grec ou romain. L’ornementation des tapisseries rappelle l’éclat oriental et la richesse du maître du lieu. Mais les tons sont étouffés à dessein. Le peintre ne voulait pas que le regard du spedateur quittât la table. Ici, comme pour toutes les ligures de la composition, Leonard a été d’une grande originalité.
Les auti es détails sont traités avec une extrême sobriété contrairement à ses préceptes de peinture. Li ciel, entre les picd.s-droitsde la porte, est large et sert de fond à la ligure principale qu’il rend ainsi plus nette. La table laisse un grand espace entre les personnages et la porte qui donne vue sur des lieux dé-
scris, sans arbres, sans lialiilalions, pleins de silence, ainsi que l’exigeait le sujet de la composition. Tout respire ce calme que Jc^siis clierchait à Sion pour la célébration de ses mystères *.
* A propos (ic ce cbeWœiivro qu'it va copier, Bossi présente de longues considéralions théoriques sur le beau, te vrai idéal, — notion de vérilé ayant pour point de diqtart un fait naturel, mais eiagérc, fausse par l'idée ou l'imagination, — I rai réel, on le fait naturel, tel quel. 11 déduit delà l'existence de deux séries de types, — notions de formes plastiques, — types naturels et types artificiels ou de tradition. Il fait ensuite un résumé rapide de l'évolution artistiipie en Italie pour montrer les dévcloppr-mcnts de ces deux séries de types.
Giuseppe Bossi commença la copie de la Cène pour le vice-roi d'Italie en 1807; il la termina en 1810. Trois années, comme pour l'original. Selon lui, ce n'est ni une copie ni une iinitatioq, mais tout simplement une tentative de leconstruclion de l'œuvre primitive, telle qu'elle devait être en sortant des nrains de Léonard.
Gossi commença par la figure de Barthélemy. Dans l'original, cet apôtre a di.si«iru. Aussi la gravure de Morgben reproduit sim(dement la tête de la copie de Castellazzo. Les draperies sont telles qu'on les voit dans toutes les copies ; seulement, Bossi a Indiqué plus vivement la teinte verte du manteau et l'azur de la tunique. La main gauche a Ica doigts serrés et non ouverts, comme dans la gravure et dans quelques copies. La main droite s'appuie et s’attache à la table, cpii est sans nappe, comme dans l'original. Les pieds de la figure sont quelque peu soulevés, ainsi que l'exigeait son attitude momentanée.
La figure qui suit, J,\r,qitES ii'Ai.vée, pour le ton général, est conforme à celui des copies cl de l'original. Elle a des draperies rouges, et ressemble à celles du Cl.rist. « Je suis d'accord ici avec toutes les copies. Pour les contours, j'ai suivi la copie de llianclii {copie Anilirosiana), accentuant là où l'artiste avait été faible. 1-a main gauche e,st dans l'attitude de désigner quelqu'un. la's pieds .sont sujipri-
Léonard n’a pas clé moins historique el moins fidèle avec la table de la Cène : il la peignit sur une
més, cnnime duiis b plupart des copies. La langue tunique rouge de la ligure tornhe sur le parquet.
« La figure d'AMUut est traitée toujours d'après la copie de Bianchi . Klle a les cheveux gris, le front ridé, les lèvres légèreiucnl arquées, cointne Léonard lui-mûinc l'indique sur une figure de vieillard écoutant quelqu'un. La couleur de lu tunique est ti peu près semblable .A celle 1I0.S copies. J'ai donné au manteau, sur la couleur duquel les copies varient, une teinte vert clair, froid, difTérenl des autres verts de la compo.silion. ün .seul pied de la ligure est en évidence.
« Le jaune vif ilu pallium et l'arur clair de la tunique de Piebui: sont les mêmes que dans la plupart des copies et dans l'original. Les pieds ne sont point do profil, mais ils sont poses de façon qu'ils indiquent que Pierre était d'abord assis, et qu'il s'est levé subitement. I
lam copies donnent liiffércntes interprétations pour b figure de Jnius. Marco d'Oggiouo ne l'a jamais faite de la même manière. La tète, d'après la copie de Bianchi, exprime non-seulement la lâcheté el les mauvaises passions, mais aussi le faux air de calme indiquant la |icur d'èire découvert. Elle exprime en outre la sécheresse de cu'ur, la perfidie, rentctemenl. Bossi a froncé les rides du front, fait b barbe rare, les cheveux crépus, d'un rouge fauve, et le visage bnin. La tunique de dessus est grise, celle do dessous jaune brun, avec une échancrure bordée, comme dans toutes les copies, d'un ruban azur. Il adopta le ton gris pour b tunique do dessus, parce que celle couleur signifie misère, haine, désespoir; cl le ton jaune fauve pour b tunique de dessous, parce <|ue celte couleur signifie trahison, fatigue, angoisse. Pour les mêmes raisons , le manteau est couleur perse foncé.
L'apèlre Jkax a le manteau rouge et b tunique verte. Bossi a reproduit la tète de b copie de Bianchi, où clic a un air do nnbles.se
Digili ! by Goo jl'
I» E L K 0 N A n 1) D l VINCI
copie de la labié même de la Gène qu’on {K)ssédail à Rome, dans l'église Sainl-Jean-dc-Lalran. Celle labié,
qu’on ne retrouve nulle pari ; soulenienl il donna plus de relief auv bosses du front, afin de la rendre plus virile. « Je inc suis servi d'une étude de Baltisla da $;daino, une tète de jeune lionune, retoueliée peut-être par Léouaril. Les bosses du front sont en relief, bien que la tète ait une for.nc délicate, presque féminine. Ces reliefs du front indiquent un esprit profond, de la mémoire et de riinagln.ition. Je me gardai bien di^ présenter les muscles trop rudes. Je suivis les précepte» de léonard, et je fis en soiie que les jours, très-doux, allassent se fondre dans tes ombres d’où naît la <jrâce et ta beauté. Dans celle figure, les pieds, les mains, les draperies, tout est noble, a un mouvement, une attitude tranquilles. Lue grosse perle sur l’agrafe de la tunique symbolise, d'après Lomarzo, la candeur de cet ami de prédilection do Jésus. »
Au groupe de droite, Bossi donna h 1a tête de Jacipies le Majeur quelque peu de la physionomie du Christ. Sa tunique a un ton plus clair que dans toutes les copies. Cette figure a été diversement interprétée. Tantôt elle a l’expression d'un homme qui regarde allenlivcmcnt un objet, tantôt c'est un homme en proie i une grande douleur et sur le point de crier. Léonard a voulu simplement représenter Jacques accablé par ce qu'il lient d’entendre, et indiquer en lui sa ressemblance avec la famille du Christ.
Bossi essaya de représenter dans f apôtre Tiiovus u 1e dévouement, et l’indignation menaçante. L’apôtre appuie la main gauche sur la table, et semble vouloir saisir un couteau. Il ne peut y avoir de discussion sur ralliludc de celte figure. Clle se trouve indiqui’ie de celle manière dans les fragments de l’original, dans les plus vieille.s copies, dans celle do san Vincenzo, et dans le bas-relief de Sarono. Sur le bras droit do Tapolrc est roulé le manteau (|ui tomlie sur le pied gauche, tomme pour bien démontrer que ce pied appartient à celle figure. Dans les copies, ce pied est si v.aguement indiqué, (pi'on le rap-