‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 100 sur 232 · Artis amatoriæ, lit · texte numérisé non relu

Artis amatoriæ, lit

APPI.lC.VnO> DES COUI.ErUS A I.’llAim.I.EMENT

peint. » Mais les prcd ica leurs y perdirent leurs foudres, car la coquetterie est plus forte que la crainte même de l’enfer. En France, la cour adopta l’usage du rouge, à l’exenqile de Catherine de Médicis. Lorsque Jeanne d’Albret vint à Paris négocier le mariage de son fds Henri de Navarre avec Marguerite de Valois, elle écrivait que la jeune princesse gâtait sa beauté à force d’aide; « mais en cette cour, ajoute-t-elle, le fard est aussi commun comme en Espagne' ». Les mignons de Henri 111 et le roi lui-mème se fardaient non moins que les femmes. D’.\ubigné nous dépeint ce prince:

Son visage de blanc et de rouge empâté,

Son chef tout empoudré^...

La contagion gagna jusqu’aux nonnes. L’Esloile parle de religieuses qui, en loqS, se promenaient dans Paris «fardées, musquées et poudrées ' ». Sous Henri IV, l’engouement pour les fards devint exce.ssif. « Ma tante, l’abbesse de Maubuisson, écrit la duchesse d’Orléans, m’a raconté que la reine Marie (de Médicis) avait auprès d’elle un homme que l’on appelait le raccommodeur du visafjc de la reine', la reine et toutes ses dames et demoiselles jusqu’aux plus vieilles étaient toutes fardées de rouge et de blanc b » Ln livre de philosophie morale du P. du Pose ÇL'Uounesle femme, iG.'la), dit: « 11 ne faut pas néanmoins enlièromcnl défendre l’ornement et l’étude pour les visages, puisqu’aussi bien de temps en temps on blanchit les murailles et que tous les malinson noircit scs souliers... » Dans la Contre mode de Eilelicn, ouvrage paru en iG/|2, il est dit cpi’unc boutique entière doit être mise à contribution pour larder une élégante: « Ce sont, entre autres drogues, la céruse, le sublimé, le rouge d’Espagne, l'alun zaccarin, la mie de pain, le vinaigre distillé, l’eau de Heurs, les fèves, la lienle de bœuf, les amandes, etc. D'autres semblables fatras embarrassent toute une chambre de mille boiièles; autant de fioles et de vases

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