Satires, vi
COI.OIU.VGES, TATOUAGES, KAHOS, TElATUllES iSy
où cuirait du suin de brebis, et se nelloyaienl les dents avec de la poudre de pierre ponce délayée dans de 1 mine d’enfant. « La crasse de queue de mouton, affirme Pline, est un topique souverain pour les dents et les gencives . » Il recommande « la bouse de veau ou de taureau », et OAide « les excréments de crocodile », pour effacer les traces de hàle et rendre aux joues leur fraîcheur'*. Strabon dit que, « par un amour raffiné du bien-être, les Canlabres Ibères et les Celtes employaient, pour se laver et se nettoyer les dents, de Purine qu’ils laissaient croupir dans des réservoirs...*» On conçoit qu’Ovide donne aux belles le iirudent conseil de dérober avec soin à la vue de leurs amants les apprêts d’une toilette qui renfermait, dit-il, plus de mystères que les cérémonies de la lionne déesse**.
Pendant le moyen âge, la mode des fards, sans être aussi générale qu’à l’époque romaine, ne tomba pourtant pas en désuétude. On en trouve la mention dans plusieurs fabliaux du xjii" siècle, tels que VArl d’aimer, de Guiart, et la pièce du Mercier, qui annonce dans l’énumération de ses marchandises les plus propres à tenter la convoitise des dames :
J’ai qnelon dont eus (clics) sc rougissent,
J’ai blanchel dont eus se font blanches...
Mais, à partir de la Renaissance, la mode reprit avec une intensité nouvelle. L’Italie, restée fidèle aux traditions romaines, remit alors les fards en honneur. A Florence, le goût des cosmétiques sévit avec fureur. Le frère Bcrthold fulminait en chaire contre cet abus et, reprenant l'argument de saintCyprien, disait : « Puisque les femmes veulent cacher le visage que Dieu leur a donné, le bon Dieu, lui, se souviendra qu’on a eu honte de son œuvre et rejettera dans l’enfer toutes les femmes au visage