Satire des femmes
3. A, Brébeuf, L^oésies diverses, éd. do i858, pages b~] à i86.
U’IM.ICATION DES C(JUI,EUUS A e’iI VItlEEEMENT
Un ouvrage d’André le Fournier, sur la parfumerie, qui date du xviF siècle, donne des recettes : « Pour faire les cheveulx blons. Pour avoir les cheveulx noirs. Pour multiplier les cheveulx. Pour foire tomber le poil. Pour foire la face belle et blanche. Pour oster les taches et macules du visage, et, d’aultre part, pour allustrer, purifier et faire triompher la face de la personne, quelle semblera n’avoir que 15 ans. Une manière de se farder le visage la nuit, et le frotter quand l’on va coucher*. »
Au milieu du xviip siècle, l’abus des artifices féminins prit de telles ])roportions en Angleterre que le parlement jugea nécessaire de le refrener par 1 arrêt suivant : — Toute femme, de tout rang, âge, profession ou condition, vierge, fille ou veuve, qui, à dater du jour de publication de cet acte, tentera, séduira ou entraînera au mariage quelqu’un des sujets de Sa Majesté à l’aide de parfums, faux cheveux, fards en crépon et autres cosmétiques, buses d’acier, paniers, souliers à talons ou fausses hanches, encourra les peines établies par les lois actuellement en vigueur contre la sorcellerie et autres manœuvres, et le mariage sera déclaré vain et de nul clTet^. »
Jusqu’à la fin du xviii® siècle, la mode du rouge persista. On en mettait même aux mortes. On lit dans le Journa/ de Barbier que, lorsque le cadavre de M'"® Henriette, fille de Louis XV, lut transporté de Versailles à Saint-Denis, « elle était en manteau de lit, coillce en négligé, avec du rouge ». Marie-Antoinette, dans la première fraîcheur de la jeunesse, mettait du rouge, ainsi que toute sa cour A La révolution, en changeant les conditions du costume, fit tomber à peu près en désuétude l’emploi du rouge dans le monde, et l’on n’en mit plus guère qu’à la scène.
Pourtant, sous Napoléon I®'', l’impératrice Joséphine se maquillait outrageusement de rouge. « En une seule année (i8o8) elle [>rend du rouge chez Martin pour 2 7^9 fr. 58, chez M"'“ Chaumeton pour 5p8 fr. 52, et il s’en trouve encore dans les
I. Cité par Franklin, La vie privée d'autrefois, Les nnagasins de nouveautés.
a. Cité par Octave Uzanne.