S|)artien, lia d rien, ly
COLORIAGES, TATOUAGES, FARDS, TEINTURES
elle n’était pas de la nuance à la mode', et les auteurs latins constatent que, dans ce pays de brunes, on voyait ^dus de blondes que la nature n’en faisait. Lucien mentionne les drogues en usage de son temps pour teindre les cheveux en noir ou en blond doré^. Les Gaulois, nos ancêtres, obtenaient une nuance fauve, particulièrement prisée par ces dandys demi-nus, en décolorant leurs cheveux à l’aide d’une lessive de chaux et de savon \ Ils n’avaient même, au rapport de Pline, inventé le savon que pour celaL Les Germains préparaient aussi, avec de la cendre de hêtre et du suif de chèvre, îles houles de savon recherchées à Rome, sous le nom de pila maltiaca^, comme un cosmétique propre à modifier la nuance des cheveux". La graisse d’ours, sans doute à cause du pelage fourré de la bête-, était dès lors en leputation pour pre\emr la calvitie. Pline en parle ', et sa mention a suffi pour perpétuer le crédit de celle fallacieuse recette.
Les teintures, en usage en Italie à la Renaissance, pour procurer aux belles les « crini d'oro » célébrés par les poètes et admirés par les peintres, sont encore le recours des coquettes soucieuses de donner jilus de piquant a leur physionomie, et des hommes qui tiennent à paraître jeunes en dépit de l’âge. Les plus sincères devraient donner pour excuse, comme le poète persan Kisaï : « Cela le fâche que je me farde et me teigne les cheveux? Je ne cherche point a me rajeunir j seulement, j’ai peur qu’on ne cherche en moi la sagesse et qu’on ne la trouve pas. )) Le libreUisle Saint-Georges, ayant fait teindre en noir ses cheveux blancs, disait aussi très bien à ses amis qui s’en ctonnaient . « Je n étais pas digne des autres. » •
L’étrange coutume de se poudrer la tête avec de l’amidon et de paraître blanc avant le temps, est d’origine moderne. On voit bien citer dans l’histoire l’exemple de quelques princes qui, par étalage de fastueuse prodigalité, se plaisaient à saupoudrer de
Tiljiillo, I, g, '|3.
/)en Amours.
Diodorode Sicile, liihliulh. hisior., V, a6.
« Galharu.nhocinvenlumrulilandiscapillis» Œisl. nal., XXVIII
De Mdttium, Marbourg. ’ ''
Martial, E]ug7’,^ xiv, 2^.
Uist. nat., XXVIII, 40.
Bourdeau. — Habillemenl.
APri.lCATION riKS COUtEtîRS A I.’ll AHIIJÆMEAT
limaille d’or leurs cheveux cl leur barbe. Vérus', Commode* elGallicn^ donnèrenlceltc marque d’exlravaganle magnificence. Mais un pareil usage n’avail guère chance d’èlre généralement suivi. La farine, moins dispendieuse, a pu seule devenir une mode. La première menlion de son emploi comme artifice de toilette SC lit dans un passage du Journal de l’Esloilc rclatil anx trois religieuses qui, en i5q3, se montraient « frisées et pouldrées y> dans les rues de Pans, llamilton raconte que, loisque le jeune chevalier de Grammont, d’abord destiné à l’Eglise, lut présenté, en costume d’abbe de cour, au cardinal de Richelieu, il était « poudré et frisé* ». Plus lard, il le fait paraître avec une perruque poudrée au bal de la cour d Angleterre, sous Charles IF’. M"” de Montpensier dit, dans ses Mémoires, que le prince de Conde étant un jour venu chez le roi « sans poudre », les dames en furent choquées et regardèrent celle négligence comme une affectation de mépris pour le bel usage. Néanmoins, la poudre ne prévalut que vers la fin du régné de Louis XIV. Ce prince, qui n’avait pas pu la souffrir tant qu il était jeune, l’adopta quand il prit de l’àge, parce qu’elle faisait paraître tout le monde aussi vieux que lui. L’usage de se poudrer devint bientôt général, dans la bonne société, et les portraits du xviiC siècle lui doivent un air caractéristique de pbysionomie. L’imitation française répandit celle mode chez tous les peuples d’Europe, hormis les Turcs qui, ayant l’habitude de se raser la tête cl de porter un turban, furent préservés de la contagion. Sous le règne de Louis X\T, on n’évaluait pas au-dessous de 20 millions de francs par année la valeur des farines de choix gaspillées à salir des perruques, tandis que des misérables mouraient de faim. Il n’a pas fallu moins qu une révolution sociale pour abolir celle coutume contre laquelle protestaient également une saine économie, le bon sens, le bon goût et la propreté. Brissot osa le premier se montrer dans Pans