‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 107 sur 232 · Ibid., vu, p. i3a · texte numérisé non relu

Ibid., vu, p. i3a

COLORIAGES, TATOUAGES, FARDS, TEINTURES ll\']

sans poudre, avec l’intention de rappeler les lêles-rondes de la révolution anglaise, et son exemple, promptement suivi par les novateurs, a l’ait loi pour la génération suivante. L’emploi de la poudre, jadis privilège des maîtres, ne s’est au rebours maintenu que pour des livrées. Les gens du bel air ne se parent plus de cet ornement saugrenu ; ils en ont reconnu les inconvénients et le ridicule pour eux-mêmes : ils le font porter à leurs valets.

La préparation et le débit des divers cosméliques dont nous venons de parler ne sont pas sans importance industrielle et commerciale. Une petite donnée de statistique fixera sur ce point les idées. D’après l’enquête de 1860, la parfumerie faisait à Paris, en teintures, cosmétiques, fards, etc., un cbilfre d’affaires s’élevant à a3 millions de francs. En 1900, on estimait a 80 millions le chillred’alTaires total de la parfumerie française'. Combien d’artifices de coquetterie féminine se caclient sous ce total? On frémit d’y penser. Mais il ne faut pas trop approfondir ces mystères. Ce sont secrets de déesses.

Nous ne pouvons mieux terminer cette étude, d’apparence futde mais de fond sérieux, que par deux citations empruntées à des moralistes anciens. Xénoplion fait dire par Ischomaque à sa femme, qui a paru devant lui (ardee de blanc et de rouge, ces sages paroles : « Crois bien, ma femme, que des couleurs empruntées me sont moins agréables que les tiennes ; et comme les dieux ont voulu que la jument plût au cheval, la génisse au taureau, la brebis au belier, ils ont voulu de même que le corps de la femme plût à l’homme dans sa pureté native L » Le vieux comique latin Alranius dit non moins excellemment ; « Des grâces simples et naturelles, le rouge de la pudeur, l’enjouement et la complaisance, voilà le fard le plus séduisant de la jeunesse ; pour la vieillesse, il n’est point de fards qui la puissent embellir que l’esprit et les connaissances. »

1. L -T. Piver, Rapport du jury inter national de l selle de iqoo. « Parfumerie )>.

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