Eçclésiaste, i
IVLANCIIIMENT ET nLANCIUSSAGE DES TISSUS 1
de blanc. Jésus transfiguré a des vôlemenls « blancs comme la lumière » ou « comme la neige' «. V Apocalypse montre, dans 'la Jérusalem céleste, les fidèles habillés de blanc'. L’Evangile interdit meme allégoriquement de porter sur soi deux couleurs, du blanc et du noir, voulant exprimer par la que le chrétien doit être sans partage au Seigneur. En^ Egypte, les prêtres d’Isis, à Rome, ceux de Jupiter, devaient être vêtus de blanc, tradition que les papes ont conservée. Maintenant encore, les Italiens se plaisent à opposer le pape blanc, qui siege au
Vatican, et le pape noir, au Jésù.
Le blanc lut la couleur baliituellc des vetements dans les hautes classes chez les Grecs cl chez les Romains. Le peuple et la tourbe des esclaves s’habillaient de gris ou de brun. Les écrivains appellent pullalam lurbam les porteurs de cette sombre livrée de la misère. La toge romaine était blanche. Un costume d’une entière blancheur était imposé par l’usage à ceux qui biiguaicnl les fondions publiques et sollicitaient les suffi âges populaires. Ils témoignaient ainsi de la pureté de leuis moeurs et de l’excellence de leurs intentions. De la proAient notre terme de candidat qui, au sens propre et latin, signifie « babillé de blanc ». Les toges noires (topa alra), pourpres (topa purpureajon brodées de diverses couleurs (topapicta), ne se portaient que dans des conditions ou des circonstances particulières. \u moyen âge, les plus anciens ordres religieux, continuant la tradition romaine, adoptèrent le blanc pour costume, signe persistant d'aristocratie ; mais les ordres mineurs (franciscains, capucins,...), se conformant de préférence à l’humilité jiopulaire, s’habillèrent de roux ou de brun, couleurs de laines grossières et non teintes.
Les anciens ont su mettre en œuvre des procédés élémentaires pour décolorer les tissus, sans pouvoir, comme nous, les obtenir d’une blancheur éclatante. Par l’opération du blanchiment, on débarrasse les textiles de substances dont ils sont imprégnés à l’état brui, cl qui, à raison de leur teinte terne ou sale, nuisent
I. Sailli Maliliieu, xvii, 3 ; ibid., xxviii, 3. 3. Apocalypse, iv, t\ ; vu, g-i/t-
1*^2 APPLICATION UES GOULELUS A l'hABILLEMENT
à la beauté de l’aspect. Le Iraitenient dilTère selon la nature des éléments a éliminer, car les textiles de provenance animale, constituant des composés azotés, .sont dissous par les alcalis et lespectcs par les acides, tandis fjue les textiles d’origine végétale, ou domine la cellulose, sont allaf|ués par les acides, mais non par les alcalis.
La laine et la soie se blancliissent à la vapeur de soufre, pratique déjà connue des anciens*. Apulée fait, d’après une fable milesienne, le conte de la Icmme d’un blancbisseur qui, surprise dans un tctc a lele illicite par le retour imprévu de son mari, caclia 1 amant sous la cage où l’on soufrait les vêtements de laine; mais le galant, que les émanations d’acide sulfureux prenaient à la gorge, trahit sa présence par une insurmontable touxL On .soumet encore à ce traitement les textiles de nature animale (pi’on veut décolorer.
Jusqu’à la fin du dernier siècle, on ne sut blanchir les toiles qu’en les exposant à l’air libre, dans des prairies, à l’action du soleil et de la rosée, combinée avec des lessivages répétés. Oxydée par l’inlluence de la lumière et de riiumidité, la matière incrustante des fibres végétales jieut ainsi être rendue soluble et entraînée par des bains alcalins. ]\Iais cette méthode, lente et délectueuse, ne donnait du linge à peu près blanc que lorsqu’il était à moitié usé. Depuis la découverte du chlore, duc à Scheele (177/1), et l’étude de scs [iropriétés décolorantes par Bcrthollet (1786), surtout depuis la préparation industrielle du chlorure de chaux par Termaiit (1798), le blanchiment des toiles s’cfl'ectuc en quelques heures, sans les altérer autrement. Ce procédé, aussitôt appliqué en Angleterre et en b’ rance, procure aux textiles végétaux, à peu de frais et sans perte de temps, une blancheur parfaite, condition de beauté et garantie de propreté pour tous les usages.
11 semble que ce goût de propreté aurait dn commencer par celle du corps, et cependant elle est restée fort longtemps en retard, la plupart des êtres humains étant plus soigneux de