L'Ariç d’or, IX
liLANCHlMENT ET liLANCIllSSAGE DES TISSUS
leurs vêtements que de leur personne. La malpropreté des peuples les plus sauvages (Australiens, Esquimaux, Boschimans, etc.) est indescriptilde. Beaucoup sont comme cuirassés d’un couche épaisse de crasse qui s’accumule de la naissance à la mort, sans être jamais lavée autrement que par des averses accidentellement subies. La saleté de nombre de peuples barbares révolte non moins notre délicatesse. Mahomet, en faisant d’ablutions quotidiennes une obligation religieuse à ses sectateurs, atteste combien une prescription pareille était nécessaire et quelle résistance opposaient des habitudes invétérées. Parmi les civilisés eux-mêmes, le haut prix qu’on a si longtemps attaché aux parfums les plus violents témoigne d’une propreté des plus défectueuses, car on ne recherche les odeurs fortes que pour en dissimuler de mauvaises. Le grand usage des bains, durant l’époque romaine, semble indiquer des mœurs plus soucieuses de la propreté corporelle ; mais la fréquentation des thermes n’était possible que dans les villes, et la masse de la population ne profitait guère de leurs avantages. Ce goût, circonscrit et passager, n’a pas persisté, même en Italie. Au rebours des Boniains d’autrefois, qui passaient une partie de leur temps dans les thermes, ceux de nos jours se plongent rarement dans l’eau. « D’après une statisticpie récente, les Italiens prennent en moyenne un bain tous les deux ans. A Rome, il y a très pou d’établissements de bains : les ruines des thermes semblent leur suffire'. » Quoique le moyen âge ait eu scs étuves, elles n’étaient fréquentées que par un public très restreint. Aucun peuple d’Europe n’aurait, au xiii® siècle, jm rivaliser en matière de propreté avec celui de l’Inde dont Marco-Polo dit: « Tous, hommes et femmes, se lavent le corps dans l’eau deux fois par jour, une fois le matin et une fois le soir, et jamais ils ne mangeraient ni ne boiraient sans s’être lavés ; et ceux qui ne se lavent point ainsi, on les regarde comme chez nous des bérétiques^ » Le Journal de la santé de Louis XIV , parVallot, d’Aquin et Eagon, constate que, pendant tout le cours de sa longue vie,