Ahrégé, II, a
0. Chcîruel, D'ictionti. des institutions, mi mol «armes ». 7. Vie de L empereur Charles, a3.
ÈMt>T-OI DÈS « PEAUÏ » DA>'S L ITAniLLÈMENT 10
signe de la condilion sociale. La martre et l’hermine Inrenl réservées aux chevaliers. Aux nobles de rang inférieur appartenaient le voir et le yris, provenant d’un écureuil du Nord'. Les bourgeois devaient se contenter de l’écureuil commun et de l’agneau ; les moines et les paysans, du chat et du blaireau. C’est à cet usage honorifique des fourrures qu’est du leur emploi persistant dans le costume de cérémonie des magistrats.
Les fourrures, plus ou moins fines et de teintes laies, continuent d’être recherchées, comme moyen de protection contre le froid, dans les régions à hiver rigoureux et, comme parure, dans les autres, ün en fait des Aetements, des pelisses, des manteaux, des collets, des robes d hiver, des couAeituics, des tapis, des garnitures, des manchons, des boas, etc. La chasse des animaux à fourrure est la principale industrie des contrées hyperboréennes, dont cet article constitue. le plus [irecieux objet d’échange. La Chine, la Russie et l’ Allemagne font la jilus grande consommation de ces peaux. En France, elles ne figurent guère que dans la toilette des dames. On emploie surtout en vêtements l’agneau, le lapin, le lièvre, le chat, le castor, la martre, l’hermine, le putois, la loutre, le blaireau, etc. En 1867, la France produisait et utilisait comme fourrures environ 2000 peaux de martres, 36 000 de louines, 4 000 de loutres, 100000 de putois, 60000 de renards, 60 millions de lapins, 100000 d’agneaux, 3oooo de chats, etc., d’une valeur totale de 26 millions do francs-. En 1901, nos exportations de pelleteries préparées, ouvrées ou confectionnées dépassaient 21 millions de francs" (21 3o8 38o francs). En 1 887, la Compagnie de la baie d’Hudson et la Compagnie consignataire des foui’rures de l’Amériqiie du Nord ont mis en vente à Londres les dépouilles de : 14439 loutres, 7i92^pékans, 1967 renards argentés,
1. Le dos de cet écureuil, roux en été, gris en Iiivcr, élait dit petit gris ; • le ventre, blanc bordé de noir, conslituail le eair (eurius). Gcndrilton, dans les premières versions du conte, a des jiantoulles de \'(iir, et non de ecrre, comme nous disons maintenant par liomophonie.
2. Rapports du jury international sur l’exposition de 1867, t. \I,
3. Direction générale des douanes : Tableau général du commerce et de la navigation, année 1901.
phemikres matières de l’iiabillemeat
ü 785 renards croisés, 3 1 097 renards gris, 85o22 renards rouges, 10267 l’f'iiards blancs, 1 /|/|0 renards bleus, 1/1620 lynx, 682 79/1 pulois, 983/12 inarlres, 37Ü223 visons, 10/1279 castors, 2 /18^1 308 rais musqués, 7 16G loups, 1394/1 carcayons noirs, 3793 blaireaux, /|ir0 bermines, 11/182/1 lièvres, 13/178 phoques c\ crinière, 8617 zibelines, i3q43 ours, etc. 11 laudraiL y joindre le produit delà Sibérie, qui alimente la Russie et la Chine. En outre, l’Afrique exporte,' comme fourrures, 90000 peaux de singes noirs par an; on recherche également le singe d’Abyssinie, le singe vert, le singe gris, le singe rouge, le singe blanc. En 1892, la valeur des fourrures importées è Londres, principal centre de ce commerce, s’est élevée à 43 millions de francs; à la même date, il s’est fait pour 23 millions d’aflaires de fourrures è Nijni-iNovogorod et pour plus de G millions à Irbil '.
Malgré son importance, dont témoignent les chiffres que nous venons de citer, l’emploi des fourrures n’est plus qu’une application spéciale des peaux. On en lait, sous forme de cuir, un usage infiniment plus étendu. On exploite, à cette fin, les dépouilles des animaux, sauvages ou domestiques, dont la peau serait de peu de ressource comme fourrure, tandis que sa rigidité, qui ailleurs serait un défaut, est ici un avantage. Les peaux de bœuf et de buffle servent à [iréparer des cuirs forts; celles de vache, de veau, de cheval, de chèvre, des cuirs souples et mous; celles d’agneau, de chevreau, de castor, etc., des jiroduils fins et délicats. La cordonnerie, la ganterie, la chapellerie, la sellerie, la carrosserie, les équipements militaires, les relieurs, tapissiers, etc., emploient des quantités croissantes de peaux. En i8/|0, l’indusliie française mettait en œuvre pour 63 millions de francs de peaux brutes qui, tannées et corroyées, valaient au moins 100 millions, et, transformées en objets de consommation, environ 260 millions. Ces chiffres ont beaucoup
I. 11. ï'o\a.nû, [''itr-hearing Animais in nature and in commerce, 1898. Les trois régions productrices de fourrures sont la Sibérie, le Canada et l’Alaska. Dans les trois on peut dire que la chasse aux animaux porteurs de fourrures a été la cause de la conquête.
EMPLOI DES « PEAUX )) t)AXS l’iIABILLEMEXT
progressé depuis, car, en i88G, la France n’imiiorlaiL pas moins de 77 millions de kilogrammes de peaux brutes valant 178 millions de francsk En 1900, l’importation française des peaux et pelleteries brutes était estimécà 58o 12/1 quintaux métriques, représentant plus de 161 millions de francs’*. Les industries du cuir occupent directement, dans leur ensemble, en Allemagne, 577884 personnes, en France, 335 000, en Angleterre, 178602, soit au total 1091450, faisant vivre plus de 3 millions de personnes dans ces trois pays. Leur production niinima peut être évaluée pour la France, à 600 millions de francs; pour l’Allemagne, à 5oo millions; pour l’Angleterre, à 25o millions; soit, en totalité, i 35o millions de francs, qui peuvent être facilement quintuplés et portés à plus de 7 milliards dans ces trois pays seulement, si l’on tient compte des multiples échanges commerciaux auxquels donnent lieu ces industries *.
On peut rapprocher de la dépouille des mammifères, à raison de l’analogie de leuremploi dans l’habillement, celle des oiseaux, dont les plumes ont été recherchées comme ornement dès la période sauvage. Sénèque parle de peuples qui savaient se faire des vêtements en plumes d’oiseaux h Les Mexicains se tressaient des manteaux splendides avec des plumes d’un coloris éclatant, et, dans son Voyage autour du monde, l’amiral Dupetit-ïhouars rapporte qu’un vêtement de ce genre, en plumes d’ivi, offert par le roi des îles HaAvaï à l’empereur du Brésil, n’était pas évalué moins de 3o 000 francs. Chez nous, le cygne et l’oie sont utilisés comme fourrures. Les plumes remplissent surtout dans le costume une fonction décorative. La consommation des plumes d autruche s élevait en i8g3 à 35oooo kilogrammes valant 35 millions de francs. En 1900, cette industrie, dans le monde entier, représentait un chiffre d’affaires d’environ 100 millions