I. La Ruelle mal assortie
a. Mémoires, ch. xlix.
3. Montaigne, Essais, lit, 5 ; en 1Ü70, un personnage d’une comédie de de Visé, Le gentilhomme Cnespin, dit encore :
« ...Baisez donc Madame :
C’est toujours en baisant qu’on satue une femme. »
La même coutume est constatée par les comédies de Molière (Femmes savantes, 111, 3, v.'()/|G ; et Malade imaginaire, 11, 5).
APPLICATION niiS COIILLUUS A l’iiAUILLEMLNT
promellaienl leur salut en se nettoyant. Grégoire de Tours rapporte que Dieu fil connaître a Saint-Martin, qui priait au tombeau de &ainle-\ ilaline, que son eulrée dans le paradis avait etc difléréc en punition de ce qu’elle s’était lavé le visage un vendredi saint. Naguère, on a canonisé Saint-Labre, dont le grand mérité lut d avoir donne l’exemple d’une saleté idéale. Malgré la boutade de Louis Veuillot reprochant aux raflinés de nos jours de « se vautrer dans la propreté » et assurant que (d’avenir est aux peuples sales», le goût de la netteté du corps et des vêtements est un des plus incontestables gains de la civilisation moderne. 11 a pour base le .sentiment de la dignité personnelle, et il est moral de regarder, avec la sagesse britannique, la projirelé comme une demi-vertu.
L art de reblancbir et de purifier les tissus salis par l’u.sage est reste longtcrn[)s empirique. Dans le principe, on se contentait de les laver à grande eau, comme on lavait parfois le corps, et de là vient le nàle symbolique attribué à l’eau dans certaines cérémonies religieuses (baptêmes, ablutions, bains sacrés...) qui lui attribuent le pouvoir d’cidever les souillures morales de même que les souillures matérielles. Ces lavages constituaient une fonction domestique dont les femmes étaient cbarg-ées. Dans un des plus gracieux épisodes de l’Odyssée, Homère montre la princesse Nausicaa venant, avec ses suivantes, laver à la rivière le linge et les vêlements de la maison de son père'. Mais le faible pouvoir dissolvant de l’eau ne sullisait pas à lairc disparaître toutes les impuretés. Pour décomposer les lâches graisseuses, on dut recourir à des lessives alcalines préparées avec les sels de potasse extraits des cendres, résidu de la combustion du bois dans les foyers. Celte coutume immémoriale est encore suivie par les ménages rusticpies, bien que, depuis un siècle, il soit jilus économi(pie d’employer la soude, extraite du sel marin.
Les Créco-Uomains, qui ne faisaient guère usage de linge de corps cl ne portaient habiluelleinenl que des vêlements de laine, les envoyaient de temps à autre chez le foulon pour les nct-
j. Odyssée, Vf,