BLANCHIMENT ET BLANCHISSAGE DES TISSUS
loyer et les reblancliir. Pline décrit Tordre des manipulations :
« d’abord on lave Tétonc avec de la terre sarde ; puis on l’expose à une fumigation de soufre ; ensuite on nettoie à la terre cimoliée» (craie de Cimole*). On peut suivre le détail de ces opérations dans les peintures qui ornaient la fuUonica découverte a Pompéi. Mais c’étaient la des soins coûteux, et beaucoup, pour en éviter la dépense, gardaient tels quels leurs vêtements, jusqu’à usure complète. De là une malpropreté générale, source de sérieux dangers, par suite de l’irritation que cause à la peau le contact de la laine imprégnée des exhalaisons du corps. La lèpre, ce fléau que les peuples de l’antiquité léguèrent à ceux du moyen âge, sévit avec intensité parmi ces derniers. D’après Matthieu Paris, la France, au xiiF siècle, comptait 2000 léproseries et l’Europe 19000.
De tous les adjuvants employés pour faciliter le blanchissage, le savon, composé de sels alcalins (potasse ou soude) et de corps gras, est le plus utile. La vulgarisation de son usage n’est cependant pas ancienne, et la consommation de ce produit n’a pris d’importance que depuis une époque toute récente. La première mention historique du savon se lit dans un passage de Jérémie: « Quand lu te laverais avec du nilre, dit TEternel au pécheur, et que tu prendrais beaucoup de savon, ton iniquité ferait encore tache devant inoi '^ » Les Grecs d’avant notre ère ne paraissent pas avoir connu le savon. Pline parle d’un mélange de cendres et de suif dont il attribue la découverte aux Gaulois Le nom de sapo qu’il lui donne, se rattache, comme celui de ji-wv des écrivains grecs de la même époque, à un radical germanique ou celticpie dont proviennent également le bas allemand sepe, l’anglais soap, l’allemand seife, le danois sæbe et le français suif. Toutefois, si les anciens de cette période n’ont pas ignoré le savon, ils n’en faisaient qu’une application des plus restreintes. Les Gaulois et les Germains s’en servaient surtout en guise de cosmétique, pour décolorer les cheveux. Les Romains le recherchaient pour le même usage, et ils en essayèrent la fabrication.