‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 120 sur 232 · Rabetais le mentionne sous ce nom · texte numérisé non relu

Rabetais le mentionne sous ce nom

TEINTURE DES TISSUS

rial auquel seuls pouvaient prétendre les princes, les chevaliers et les dames de haut parage. Un fahlian ‘ montre la cour allégorique de l’orgueil habillée de rouge, cl l’on croit qne le teime ro(jiie, qui en dérive, rappelle la fierté des -personnages parés de cette teinte enviée. Une ordonnance de Henri II (iS/iq) ne permet encore qu’aux princes et aux princesses de porter des vêtements teints en rouge cramoisi.

On sut très anciennement teindre en écarlate au moyen du kermès, petit insecte" qui vit sur le chene du meme nom. Cette brillante couleur était recherchée des Hébreux du temps de VExode^. L’Inde s’en servait aussi pour teindre le coton. Les Romains en faisaient usage, et, selon Pline, l’Espagne acquittait avec ce produit la moitié de son tribut annuel*. Très appréciée au moyen âge, où les seigneurs en imposaient des redevances à leurs serfs, la couleur extraite du coccm fournissait le vermillon (de vermiculus, petit ver, nom sous lequel l’insecte était désigné, avant que le terme arabe de kermès l’eût remplacé).

Les Phéniciens découvrirent une pourpre plus riche encore, qui a joui pendant vingt siècles d’une incomparable célébrité. Les rois de Perse s’en attribuèrent le monopole dans leurs Etats, et leur trésor en accumulait de tels approvisionnements que, lorsqu’Alexandre s’empara de Suse, il y trouva, selon Plutarque, 5ooo quintaux do pourpre d’Hcrmione, amassés depuis 190 ans, et dont la valeur, au prix de 5oo francs la livre, aurait représenté 2O0 millions de notre monnaie. Au i" siècle avant notre ère, la belle pourpre de Tyr coûtait 800 francs la livre

Cette royale couleur se préparait avec des coquillages appartenantauxdeux genres Rocher ( Murex triinculus, M. brandaris ) et pourpre (Purpura hæmastoma, P. lapillus), dont on relirait une pourpre et un violet. Leur prix élevé s’explique par ce motif que les coquillages n’étaient pas très abondants et que chacun d’enx ne donnait qu’une goutte de couleur. La préparation de celle

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