‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 124 sur 232 · Arthur Rafl’alovich, L'Économiste français, 24 mai · texte numérisé non relu

Arthur Rafl’alovich, L'Économiste français, 24 mai

3. La découverte de l’alizarine a fait tomber dans le département de Vaucluse les terres à garance de 10000 francs l'hcctarc à 5oo francs.

APPMCATION OES COUt.Ei nS A l’iI ARILLEMENT

s’applique à les rendre stables. Une trentaine sont di\jà très fixes; on en compte un pareil nombre qui ont une fixité à peu près sullisante. La plupart des autres en sont trop dé[)ourvucs pour etre d une utilité reelle. ioutefois, de si brillants succès obtenus en quelques années autorisent à beaucoup attendre de l’avenir.

L’art savant de la teinture dispose maintenant de ressources d’une variété infinie, et il n’est aucune nuance qu’il ne jiuisse reproduire a volonté sur des tissus. Gomme confirmation de ce fait, disons que, aux Gobelins, on tient pour indispensables au travail des tapisseries les 1 4 420 couleurs classées par Cbevreul dans ses « cercles chromatiques » et qui résultent de la dégradation par séries des trois couleurs fondamentales du spectre, le bleu, le jaune et le rouge.

Mentionnons pour terminer les procédés employés pour donner de l’adhérence aux couleurs. Ces pratiques délicates, très perfectionnées de nos jours, consistent à purifier les textiles et à les rendre sensibles à l’action de la teinture. L’industrie fiiit surtout usage de mordants qui, doués d’une double allinité pour les fibres des tissus et pour l’agent tinctorial, fixent ainsi des couleurs qui, par elles-mêmes, seraient dépourvues de pouvoir adhérent. L’alun est le plus usité de ces auxiliaires, .lusqu’à la Renaissance, rEuro2)e dut le tirer de l'Orient. L’Italie apprit alors à l’extraire de son sol, mais en quantités insulTisantes. L’emploi de ce mordant s’est fort étendu dejniis la fin du dernier siècle où les recherches des chimistes enseignèrent à le retirer de minéraux communs et de l’alumine même, partout abondante. L’usage du chlorure d’étain, qui avive les couleurs et leur donne du brillant, est attribué à Cornélius Drebbel, dont le fils Kuster porta le procédé en Angleterre, vers i553. Citons encore l’acétate et le sulfate, soit d’alumine, soit de fer, les sels de cuivre, la noix de galle, le tanin, etc. L’acide oxalique est ju’écieux comme « rongeur », jjour neutraliser les mordants aux |)laces où l’on veut ménager des « réserves ».

Page 1