CHAPITRE IV
IMPRESSION} DES TISSUS
Plus ingénieuse et plus décorative que la teinture, qui se borne à colorer uniformément les tissus, l’impression ajoute l’agrément du dessin au charme du coloris, fond dans une harmonieuse alliance des tons différents et produit de la sorte des effets supérieurs.
Un avocat de Lille, plaidant un procès en contrefaçon, a pu soutenir que le premier qui, par mégarde, fit sur son vêtement une lâche de fruit ou de graisse, avait été l’inventeur des toiles peintes. C’était peut-être remonter un peu haut pour les besoins de quelque mauvaise cause. La découverte initiale devrait plutôt être attribuée au chercheur bien avisé qui entreprit de relever, en combinant diverses couleurs, les aspects monochromes obtenus par les opérations du blanchiment ou de la teinture. Mais 1 application simultanée de plusieurs couleurs sur un même tissu était entourée de difficultés si grandes qu’elles durent paraître longtemps insurmontables. On se contenta d’abord d’e.xécuter à l’aiguille, sur les pièces de vêtement, des broderies multicolores imitant la peinture et retraçant un dessin, ou de mêler, dans l’étoffe même, par un artifice de tissage, des fils de différentes couleurs. Dans l’un et l’autre cas, le travail, long et dispendieux, ajoutait beaucoup au prix du tissu. Ce tissu, qui ne pouvait devenir vulgaire, provoquait d’ardentes convoitises. Dans la Genèse, la robe « bariolée* » que Jacob