I. « Tunicam polymilam » (Genèse, .xxïvii
APPUC.VriON DES COULEUnS A l’habillement
avait dormcc à Joseph suscite la jalousie de ses frères et les détermine a comploter sa perte. Hérodote raconte de même fpi’iVmcstris, femme de Xer.vès, ayant fait cadeau à ce prince d un vêtement superbe, de diverses couleurs, rpi’elle avait tissé de ses [U’opres mains, Xerxès le céda à Artayntc, sur la demande pressante de celui-ci, ce dont la reine irritée tira xme vengeance terrible
Les égyptiens étaient parvenus, par l’emploi des mordants, a pouvoir teindre un même tissu de diverses couleurs, et les \elemenls des femmes égyptiennes, dans les représentations que nous en avons, offrent parfois une ornementation analogue à celle de nos toiles peintes. Mais un artilice aussi simple ne permettait pas d’aller bien loin dans cette recherche d’effets. L’industrie des tissus peints doit plutôt être regardée comme originaire de l’Inde, où elle était pratiquée dès les temps anciens, et qui a fourni à l’Europe moderne les modèles que celle-ci a imites puis bien vite dépassés. Hérodote dit que les peuples du Caucase (dans lesquels il ne faut sans doute voir que des intermédiaires commerciaux) savaient imprimer sur leurs vêlements des figures d’animaux à l’aide de couleurs si solides qu’elles duraient autant que l’étoffe-. Strabon parle aussi avec admiration de ces toiles de l’Inde, couvertes de ramages et de fleurs “ qu’étalait le luxe de son temps. L’expédition d’Alexandre les avait répandues dans le monde grec, et les hétaïres s’empressèrent de s’en parer. Peu après, le monde romain ne s’en montra pas moins avide, mais bien des siècles s’écoulèrent avant que l’Europe en eût de nouveau connaissance et fut en étal de les reproduire.
Les premiers tissus imprimés de l’Indc, introduits en France vers le milieu du xvii® siècle, y furent recherchés pour leur singularité. On en trouve la mention, à titre d’objets de grand luxe, dans les Inventaires de Mazarin (i653) et de Fouquet (i66i). Dans la comédie de Molière (1670), M. Jourdain, bourgeois gentilhomme, se fait faire un vêtement « en indienne »,