‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 127 sur 232 · SüvS'jva; eùavOsïç (^Géographie, XV · texte numérisé non relu

SüvS'jva; eùavOsïç (^Géographie, XV

IMPRESSION DES TISSUS

pour être liabillé à la mode des seigneurs*. Ces loiles étaient aussi appelées perses, parce que, comme du temps d’Hérodote, on les recevait de la Perse, et le nom leur en est resté.

Quand on voulut en produire de semblables, on débuta par imiter la pratique des Hindous, qui consiste à colorier les toiles au pinceau, genre de travail qui s’est continué dans la peinture en stores. Le nom de « loiles peintes » rappelle encore le procédé primitif du coloriage à la main. Les Hindous paraissent bien avoir eu très anciennement 1 idee d imprimer d une laçon expéditive les dessins à l’aide de planches ; mais celle melbode, dont l’industrie européenne devait tirer de si admirables résultats, est restée chez eux tout à fait rudimentaire. Maintenant même, ils se contentent d’indiquer ainsi le trait principal de rornemenlation, qu’ils complètent ensuite en se servant du pinceau pour les détails.

Lorsque l’Angleterre, en 1G7G, et peu après l’Allemagne, tentèrent la fabrication des loiles peintes, ces produits nouveaux jouirent d’une grande vogue, malgré leur imperfection cl leur prix élevé. Le Dictionnaire de Trévoux dit qu’ « une belle perse l’emporte sur une étoile de soie ». La mode s’en répandit vers la fin du règne do Louis XIY ; mais, pendant un demi-siècle, elle fut vivement combattue par des mesures administratives. En 1709, défense est faite, sous peine de confiscation et de 3 000 livres d’amende, d’introduire des « loiles peintes ou indiennes ». Plus draconien encore, un arrêt du conseil, rendu en 1720, sous l’impression de terreur causée par la peste de .Marseille, interdit, « à peine de la vie », l’importalion des loiles peintes des Indes, ces marchandises étant très capables « de conserver et de répandre le mauvais air ». Ces prohibitions, édictées principalement en vue de protéger les étoiles brochées, s’étendirent aux imitations européennes des loiles de l’Inde, cpioique, avec elles, on ci'it moins à redouter du mauvais air. « Les ordonnances sont si rigoureuses à cet égard, écrit Grimm dans sa Correspondance littéraire, qu’elles permettent aux gardes et aux commis des barrières d’arracher les robes de

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