‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 140 sur 232 · COM-ECTIO.N’ DES VÊTEMENTS · texte numérisé non relu

COM-ECTIO.N’ DES VÊTEMENTS

vcHcmerits simplcmcnl drapes. Dans les Comptes de Geoffroi de Fleury, argcnlicr de IMiilippe le long(i3i6), on lit des articles comme ceux-ci : « Pour XII milliers de granz espingles pris pour Madame (la reine), XX sols... Item, pour X milliers d’aultres espingles, XX sols. » Aussi .lehan de Meung se plaintil, dans son Teslaincnl, de l’abus d’épingles que faisaient les dames, accusant celles-ci de piquer « jalusq’ortie ne chardon ». Sous Charles \ I , Eustaclie Deschamps parle d’ « épingles dorées » comme d’un luxe que toutes les femmes de la classe bourgeoise exigeaient de leurs maris.

Avant l’invention de la tréfderic, au xiv' siècle, il était difficile de faire a la main, sans beaucoup de peine et de frais, des epmgles façonnées une a une sous le marteau. Les plus communes devaient avoir plus d analogie avec des clous à tète qu avec nos produits actuels, et leur usage était forcément assez limité. On trouve mentionné, dans les Ktnhüssemenls de Saint- Louis (i2ÿo), une corporation (V épinphers qui, deu.x siècles plus tard, coni[)tait a Pans 200 maîtres et Goo compagnons. Mais ils fabriquaient aussi des agrafes, des chaînes, etc. Du temps de llabclais, les épingles étaient d’usage vulgaire, car il les lait chercher, avec les vieux clous, « parmy les ruisseaux des rues' ». Seulement, comme il les mentionne « rouillées », cela montre qu’elles étaient en fer. Nos épingles en laiton, fines et inoxydables, datent du milieu du xvi° siècle. L’.\ngleterrc, qui prétend les avoir inventées, avait organisé leur production en i5/|3. On doit à l’Américain Samuel \\'right la machine poulies fabriquer expéditivement. ,\vec un de ces appareils, on jicut achever cent milliers d’épingles par jour. En i885, on estimait la production de l’.Vngleterre à 5o millions d’épingles par jour (dont 35 pour la seule ville de Ijirmingliam), celle de la France a 20 et celle du reste de l’Europe à 10, soit, en tout 8o millions par jour, ou de 20 à 3o milliards par an. Ces [ictits engins, dont le nom sert de type [iroverhial aux objets de peu de valeur, se vendent dans les fabriques par (jrossesde lo à 12000, dont le prix de revient n’était guère que de 2 francs en i85o, ce qui

Page 1