Ibid., t. VI, p. g
Cn.M'tCCTION DES VETEMENTS
ail corps. Au xm® siècle, les boulons étaient d'un usage vulgaire en l''rancc Le. Livre des métiers, d’Lticnne lioileau, mentionne une corjioration de « houtonniers », rpii se livraient à la fabrication des boulons tle métal, d’os, d’ivoire ou de verreL Ces petits ouvrages étaient souvent façonnés avec luxe, en forme de bijoux. Le Journal de la dépense du roi d’Angleterre (i3/ig) parle de « a5 boulons, chacun de quatre perles et ung diamant au milieu ». Toutefois, une aiiplicalion générale de boulons aux pièces du costume moderne date principalement du wii” siècle où ils remplacèrent les attaches de cannetille, aiguillettes, cordons et rubans, avec lesquels on fixait antérieurement les babils. En Angleterre, la mode des boulons était encore récente lorsque s’établit la secte austère des rpiakers, car Ceorge Eox, son fondateur, crut devoir interdire à ses adeptes le port de boulons sur leurs vêlements, comme une nouveauté scandaleuse, contraire aux bonnes mœurs. Les Chinois, au contraire, ont fait de boulons, dont la matière et la couleur sont spéciales, un insigne qui lient lieu de décoration pour les mandarins. Chez les peuples civilisés de nos jours, ce mode d’altaclic, adapté à toutes les pièces de vêlement qui doivent s’ajuster sur le corps, remplit un rôle indispensable, et quiconque a. inopportunément perdu un boulon nécessaire à la correction de son costume, est fixé sur le degré de leur utilité. On raconte que kanl, faisant à l’université de Kœnigsberg son cours accou- 'lunié, fut un jour fort troublé et réduit à interrompre sa leçon, parce qu’un auditeur malencontreux était venu s’asseoir en face de lui dans une tenue dont l’absence de quelque boulon essentiel dérangeait la symétrie. Une dérogation aussi choquante au principe de l’ordre universel et à la loi de l’impératif catégorique avait sulli à interloquer le philosophe.
L’industrie contenqioraine confectionne des boutons avec les substances les plus diverses, bois, métal, corne, nacre, jais, verre, porcelaine, coroso, élotVes, etc. Celle fabrication alimente un commerce important de mercerie. En France, 3oooo ouvriers
I. Quiclierat, [list. du costume en France, p. i83. a. làvre des métiers, i84.
MODES d’attache DES VÊTEME?(TS
claienl naguère occupes à ce travail cl, en rgoo, on cslimail que la production de cel article s’élevait a plus de 3o millions de francs. Le cliiffre des exportations, en 1878, dépassait 16 millions et demi. 11 a fléchi depuis et, en 1899, il ne s’élevait plus qu’à 8600000 francs environ’. Malgré l’extrême simplicité de sa forme, ce petit objet est susceptible de modifications infinies. Michel Chevalier relève ce fait que le nombre des types fabriqués en un demi-siècle dans le seul établissement de MM. Weldon et Wcil à Paris, ne se montait pas à moins de 600 000 ^ Les brevets pris en France pendant ces vingt dernières années, dans la seule spécialité des boulons de nacre, fourniraient la matière de plusieurs volumes’'.
1. Julien Hajem et A. Morlicr, liafiport du jury iulernalioual de l'exposilion universelle de 1900. « Industries diverses du vètenjenl ».