I. V. Dezobry, Rome au siècle d Auguste
IIISTOIKE nu COSTUME
Au moyen âge, nos pères, loujours censés plus sages que nous, ont aussi donné l’exemple de la versatilité en fait de vêtements. Un auteur du xii** siecle dit . <c 11 faut a cette nation (la France), dont rimmeur varie sans cesse, des habits qui annoncent sa mobilité*. » Robert Gaguin, au xv siecle, reproche aux Fansicns « d etre toujours avides de nouveauté et de ne pas pouvoir conserver pendant di.x ans la meme forme de vêlement- ». Dix ans de constance, ç'eût été beaucoup; mais le siècle n’allait pas vile encore. Maintenant, il nous faut au moins une mode nouvelle à chaque saison. Henri Estienne fait le conic de ce peintre qui, ayant représenté un Italien habillé à rilalicnne, un Espagnol à l’espagnole, un Allemand à l’allemande, et ainsi des autres peuples, « venant aux Françoys, fisl aullremenl, car, prévoyanllecbangemenlde façon d’habits que le Françoys pourroil faire le lendemain, suivant sa coutume, lui fist cet honneur de le peindre aussi nud qu’il estoit sorti du ventre de sa mère, lui mellanl toutes fois une pièce de drap et des ciseaux entre les bras** ». Cependant les autres nations ne sont pas trop en droit de nous accuser de légèreté, car la promptitude avec laquelle notre exemple est partout suivi dit assez combien le mal est contagieux et la faiblesse générale. Que le peuple qui ne s’empresse pas d’imiter nos modes nous jette la première pierre ! Il faut en prendre son parti et se résigner à l'inconstance en lait de modes comme aux variations en fait d’art et dégoût. Dans son chimérique royaume d’Utopie, Thomas Morus a pu décider que les habitants porteraient une lorme immuable de vêtement, ^lais si un règlement de ce genre avait force de loi quelque part, les gens obligés de s’y conformer seraient plus à plaindre qu’à envier.