I. Genèse, ni
ÉVOLUTION GÉNÉRALE DU COSTUME
la fois réloH’e et, la façon. Tel est encore le pallium élémentaire que les Australiens et les Hottentots jettent sur leurs épaulés nues pour se défendre du soleil ou d’une averse. Ce vêtement, (pii n’exige pas l’assistance du tailleur, les abrite le jour, leur tient lieu de couverture la nuit et leur sert de linceul après la mort. A l’approche de l’hiver, les Indiens de l’Amérique du Nord enlraicnt dans une peau d’ours ou de bison, en faisant à ce vêtement tout confectionné, quoique non coupé sur mesure, le moins de changement possible, et il semble que l’usage, chez un grand nombre de peuples, de se travestir sous des formes animales, soit la tradition de mœurs analogues lorsque, apres une chasse heureuse, ceux qui avaient besoin do renouveler leur garde-robe s’habillaient de la dépouille de leurs proies, et se montraient, à l’issue d'un copieux festin, sous un aspect imprévu, occasion de mille jeux et même de surnoms patronymiques. La coutume de se déguiser en bête, conservée dans les divertissements populaires, se retrouve, prise pour ainsi dire au point do départ, dans les danses guerrières où les Peau.x-Rouges des prairies s'allùblent de masques empruntés à des animaux redoutables. Los nègres do l’ile Maurice se déguisent en oiseaux. On pourrait rapprocher de ces usages les coilTures hiératiques des peuples de l’Orient rappelant des animaux sacrés, alors même que la symbolique n’en retient plus qu’un trait essentiel, comme les cornes de bœuf qui ornaient la tiare des monarques assyriens, et les cornes do bélier celle des rois d’Égypte. En Europe, les coitl'uros militaires ont longtemps alTecté des formes empruntées aux fauves. ^ irgile donne une tête de loup pour couvre-chef à Ornytus*. Los casques faits d’une peau de bête étaient communs chez les Oermains. Nos casques à figuration, nos bonnets à poil, nos casquettes on peau de loutre, etc., sont un legs de l’immémoriale tradition.
Les [)euplos chasseurs ne portent guère de vêtements ajustés, car leurs membres, qui doivent rester libres pour la poursuite ou pour la lutte, no s’accommoderaient pas d’entraves. Aussi ne sont-ils d’ordinaire qu’à demi-vêtus, sauf dans les contrées